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Les finances de l?université de Maurice dans le rouge
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Les finances de l?université de Maurice dans le rouge
La situation est critique, dit-on, à l?université de Maurice. Certes, tout à l?air d?aller très bien sur le campus qui est presque surpeuplé, mais le compte en banque de l?institution d?enseignement supérieur de Réduit est moins étoffé.
Financièrement, elle va mal. À tel point que des membres de son conseil d?administration et de sa direction craignent que, si la situation perdure, l?institution ne puisse plus honorer ses engagements. Si aucune solution n?est trouvée, l?université de Maurice ne pourra plus payer les salaires de ses employés à partir de fin avril puisqu?il lui manque Rs 50 millions pour terminer l?année financière en cours.
?Nous avons un manque qui équivaut à trois mois de salaires du personnel. Cela fait plusieurs années que nous attirons l?attention du gouvernement sur nos problèmes, mais personne ne nous a jamais écoutés. Maintenant, la situation est critique, mais nous restons optimistes?, déclare-t-on à la direction de l?université.
Si cette institution en est arrivée là, c?est parce qu?elle n?aurait pas eu assez de fonds de la part du gouvernement pour pouvoir boucler ses années financières successives. C?est du moins ce qu?on avance à la direction. ?Nous avions des réserves dans lesquelles nous puisions année après année. Mais maintenant il ne reste plus rien. Le compte en banque est à sec?, confie encore cette même source.
La réduction du budget alloué par l?État n?a certainement pas arrangé les choses. Alors que l?université recevait Rs 255 millions pour l?année financière 2005-2006, cette somme a été réduite à Rs 241 millions pour l?année en cours.
Frais de scolarité à tous les niveaux
?Nous sommes dans une situation assez critique. Dans l?immédiat cela va encore, mais si rien n?est fait, nous risquons de ne même plus pouvoir payer les salaires de nos employés. Nous avons lancé un appel au gouvernement pour nous aider?, confirme, pour sa part, un membre influent du conseil d?administration de l?université.
Certains montrent du doigt les autorités qui ne partageraient pas adéquatement le budget alloué au secteur. L?exemple souvent cité est celui du Mahatma Gandhi Institute qui bénéficie d?un budget annuel de Rs 230 millions, soit presque autant que l?université de Maurice.
La principale revendication concerne les frais de scolarité (tuition fees). Ces cours ne sont pas payants aujourd?hui jusqu?à la licence (Bachelor degree), mais ils le sont pour les formations postgraduate telles que la maîtrise ou le doctorat. Pour renflouer ses caisses, l?université propose d?étendre les frais de scolarité à tous les niveaux, indépendamment du diplôme universitaire offert.
Un point sensible puisque les différents régimes au pouvoir jusqu?ici ont toujours prôné la gratuité de l?éducation, même à l?université. Si l?University of Techno- logy (Mauritius) (UTM) est autorisée à réclamer des frais de scolarité, tel n?est pas le cas pour l?université de Maurice qui ne peut réclamer ces frais jusqu?au niveau de la licence. À titre indicatif, un étudiant qui suit un cours à l?université de Maurice menant à une licence, ne paie que les frais d?inscription qui s?élèvent à environ Rs 10 000 par an. À l?UTM, la somme réclamée, incluant les frais de scolarité est d?un peu moins de Rs 50 000 annuellement.
Rallonge du budget
?Je ne vois vraiment pas pourquoi Maurice ne pourrait pas franchir ce pas. Partout dans le monde, hormis quelques exceptions comme la France, l?Allemagne et un ou deux pays scandinaves, des pays le font. Même un pays aussi conservateur que la Grande-Bretagne réclame des frais de scolarité. Cela permettrait à l?université d?amasser suffisamment d?argent pour pouvoir vraiment se développer?, affirme un spécialiste du dossier de l?enseignement supérieur.
Mais là également, ce serait une option sur le moyen et le long termes. Le problème étant immédiat, l?institution a besoin d?argent urgemment. Offrir une ral- longe du budget est à l?étude au niveau du ministère de l?Education et de la Tertiary Education Commission. Des calculs sont même en train d?être faits pour voir comment aider l?université.
L?autre piste exploitable a trait à la recherche. D?ailleurs l?université est en train de donner une nouvelle impulsion à ce domaine, mais là également, les dividendes ne se récolteront que dans quelques années. ?Elle fait déjà du conseil dans plusieurs domaines, mais ça ne rapporte pas beaucoup. Que 25 % du montant de la prestation après déduction des dépenses?, explique Surendra Bissoondoyal, ancien chancelier de l?université de Maurice.
COÛT
En quelques chiffres?
■ Le principal pourvoyeur de formation supérieure du pays est sans conteste l?université de Maurice. Début 2006, elle comptait 6 602 étudiants dont 5 505 suivaient des cours menant à une licence, un diplôme universitaire ou un certificat. Ceux-ci ne paient que les frais d?inscription, incluant les frais d?examens, de bibliothèque et autres. Les autres étudiants étaient inscrits dans des ?postgraduate courses?. Ceux-ci paient cependant les ?tuition fees?. Une année en ?postgraduate? coûte aux alentours de Rs 60 000 par an.
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