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Rien n?est acquis

6 février 2007, 00:00

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La réforme se heurte à un nouveau défi. Les ajustements proposés par le PRB dans le contexte de la modernisation de la fonction publique sont d?ores et déjà rejetés par les syndicats des fonctionnaires. Ceux-ci invoquent le principe des droits acquis. Le litige tourne autour de la demande faite par le PRB aux fonctionnaires de contribuer pour leurs pensions. Ils contestent également la décision de repousser l?âge de la retraite. Leurs syndicats se mobilisent pour maintenir un système de protection sociale pourtant mathématiquement condamné à mourir s?il ne s?adapte pas aux conditions nouvelles.

L?intention de l?Etat est d?aligner le régime des retraites de la fonction publique sur celui du secteur privé. Les salariés du privé contribuent 3 % de leurs salaires à un fonds de pension, le National Pensions Fund, créé depuis 1976. Avec la réforme projetée, il n?y aura pas de catégories d?employés mieux protégées que d?autres, ce qui est un pas vers une plus grande justice.

En outre, le système généreux de pension mis en place dans le secteur public ne pouvait pas survivre longtemps encore. Il devenait intenable pour l?Etat. Une réforme l?aidera à repartir sur de nouvelles bases et à garantir aux fonctionnaires, actuels et futurs, leurs droits à la pension.

D?autre part, avec l?augmentation de l?espérance de vie, il est difficile de comprendre pourquoi les syndicats contestent le report de l?âge de la retraite. Pour l?Etat, la logique est implacable : plus il y a d?actifs dans la population, mieux se porte le financement des retraites. Mais pour les travailleurs, la posture d?une opposition systématique les amène à dire non au changement même s?ils obtiendront des avantages financiers considérables en travaillant plus longtemps.

Cela a demandé du courage politique au gouvernement de réformer le système de pension des fonctionnaires. En revanche, le PTr avait commis, dans la foulée de l?euphorie de sa victoire aux législatives de juillet 2005, une faute inexcusable en rétablissant le principe universel de la pension de vieillesse. Cette pension qui est régie par un système qui n?est pas soumis à contribution a un poids important. Il représente 37 % de l?enveloppe des prestations sociales contre 27 % pour la pension des fonctionnaires. Sa réforme est urgente.

L?approche sélective prônée par l?ancien gouvernement était un choix intelligent mais le PTr, pris à son propre piège, s?en est détourné. Il a dû abolir le principe de ciblage de la pension de vieillesse parce que, dans l?opposition, il avait pratiqué une démagogie tous azimuts. Il avait alors promis de faire avorter la réforme de Sam Lauthan et il l?a fait aussitôt installé au pouvoir.

Le bon sens revenu, nos dirigeants peuvent instaurer à nouveau le principe du ciblage pour le paiement de la Basic Retirement Pension. Dans son mode actuel, ce système de pension n?est pas viable. Tous les spécialistes prédisent son implosion à moyen terme. La charge financière du paiement de la pension universelle, pour l?État, représente aujourd?hui 2 % du produit intérieur brut (PIB) mais elle s?élèvera à 11 % en 2040 si le système reste inchangé. La nation fera faillite.

Les ardents défenseurs des droits acquis se dressent contre la réforme des systèmes de pension. Mais ils devraient savoir que dans ce monde en évolution, il faut continuellement s?adapter au nouvel environnement. Aucun avantage n?est permanent. Le textile et le sucre viennent de l?apprendre à leurs dépens.

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