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La jalousie fatale de Philippe Duval
Sa jalousie maladive l?aura conduit à sa propre mort. Philippe Duval, âgé de 33 ans, ne supportait plus les visites incessantes de deux de ses « amis » chez lui. Il soupçonnait l?un d?eux d?entretenir une relation amoureuse avec sa femme, Sheila. Des soupçons alimentés par des rumeurs relatant l?existence d?une liaison extra-conjugale entre son épouse et l?une de ses connaissances. En voulant mettre fin à cette éventuelle relation, il s?en serait pris à celui qu?il soupçonnait d?avoir une liaison avec sa femme. Mais ce dernier l?aurait tué en voulant se défendre.
Philippe Duval pensait que son épouse entretenait une relation extra-conjugale avec l?un des deux suspects, alors qu?il purgeait une peine de cinq mois de prison l?année dernière. Tous deux avaient pour habitude de se rendre régulièrement au domicile du couple alors qu?il était encore en prison. Ces « visites » auraient fortement déplu à Philippe qui en aurait parlé, à plusieurs reprises, à son épouse.
Celle-ci a, plus tard, expliqué à la police que son époux lui aurait demandé de dire aux deux frères de ne plus lui rendre visite pendant son absence. « Li ti dir mwa dir zot aret vinn lakaz », a-t-elle expliqué aux enquêteurs de la police. Toujours selon ses dires, elle aurait transmis le message, mais les « visites » ne se sont jamais arrêtées tout au long de ces cinq mois. Son épouse a pourtant tenté de lui assurer qu?elle n?entretenait aucune liaison avec eux, mais Philippe n?aurait rien voulu entendre. « Mo finn dir li plizir fwa ki na peina narnien me li pa ti pe rod krwar mem », a expliqué Sheila aux policiers chargés de l?enquête.
Une violente dispute
Les visites des deux frères se sont succédé longtemps après la libération de Philippe qui voyait d?un mauvais ?il la venue de ces individus chez lui. Les enquêteurs de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), chargés de l?enquête, soupçonnent que la victime et les deux suspects étaient impliqués dans un trafic de drogue.
Outre ses propres soupçons sur l?infidélité de sa femme, Philippe aurait entendu des rumeurs lui « confirmant » ce qu?il craignait. Il aurait ainsi voulu en découdre, mercredi, avec celui qu?il croyait être l?amant de sa femme. Une violente dispute aurait alors éclaté et les deux suspects, armés de barres de fer et de couteau, s?en seraient pris à Philippe avant de prendre la fuite.
Au même moment, Sheila apprend par son fils, qui revient de la boutique, que son époux a été blessé dans une bagarre. Elle se rue aussitôt sur le lieu de l?agression et voit Philippe, gisant dans une mare de sang. La victime est immédiatement transportée à l?hôpital à bord d?un taxi où elle est admise au service des soins intensifs. Sheila apprendra quelques instants plus tard que son époux a été agressé par les deux suspects. Elle leur téléphone afin d?obtenir des explications qui justifieraient un tel acte.
Les suspects lui disent que la dispute aurait éclaté parce qu?ils voulaient récupérer la bicyclette que Philippe leur aurait volée. Une version que conteste Sheila, qui a expliqué aux policiers n?avoir jamais vu son époux avec cette bicyclette. « Depuis sa sortie de prison, il était devenu plus responsable et passait beaucoup de temps chez lui. Il accumulait les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts », explique un proche de la famille.
« Une personne très possessive »
Fiché auprès des services de police, Philippe avait effectué plusieurs séjours en prison pour des délits mineurs. Et d?ajouter : « Philippe était une personne très possessive qui ne supportait pas que quelqu?un s?approche de sa femme. Il était jaloux et ils se disputaient souvent à cause de cela. »
Grièvement blessé, Philippe succombe à ses blessures quelques heures plus tard. L?autopsie, pratiquée par le docteur Satish Boolell, médecin légiste, a attribué la cause du décès à de multiples blessures à l?abdomen et au cou.
Jeudi, proches et amis de la victime se sont succédé à son domicile, à Bois-Marchand, pour témoigner de leur soutien auprès de ses proches. « C?est inacceptable que des gens puissent être tués dans la rue en plein jour. Il faut que les coupables soient arrêtés et paient pour leur crime », laisse entendre une proche de la victime.
Les deux suspects présumés, Haris et Sivajee Nobin, se sont constitués prisonniers dans la journée de vendredi. Accompagnés de leurs hommes de loi, ils se sont rendus aux Casernes Centrales. Interrogés, tous deux ont plaidé la légitime défense, expliquant qu?ils avaient été pris à partie par la victime qui leur reprochait d?être « trop proches » de son épouse. Une violente bagarre aurait alors éclaté entre les trois protagonistes et la victime aurait été blessée avant de rendre l?âme quelques heures plus tard.
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