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Le syndrome DWC
L?affaire de la DWC n?est pas finie. Elle va nous coller à la peau comme une grattelle de méduse. Après on ne sait combien de kilos perdus en grèves de la faim, d?heures de débats, de comités « diboute », de colonnes de journaux, d?heures d?émissions radio et télé, on a pu croire que ce petit problème allait être réglé une fois pour toutes. Eh bien, non. La DWC n?est qu?un cas qui illustre la faiblesse des mentalités qui hypothèque la réforme économique ; c?est un défi durable au changement.
On passe sur l?inanité déjà dénoncée par d?autres qui consiste à fermer la DWC par économie tout en reclassant des employés inutiles dans d?autres services qui n?en ont pas besoin. Ce qui est grave et inquiétant, c?est la paralysie de toutes les parties concernées devant un impératif incontournable de l?économie, qu?elle soit libérale ou dirigée ? et peut-être de toutes les activités humaines ? la capacité d?adaptation.
Il existe une autre donne du changement tout aussi inévitable, c?est un pourcentage naturel de faillite dans les nouvelles orientations. Plus particulièrement dans une économie en mutation, où des innovations vers de nouveaux secteurs peu familiers comportent des risques proportionnés. Une opinion publique qui n?est pas préparée à ce risque d?échecs inévitables peut déchanter. Ce n?est pas bon pour le moral. Quand on dit opinion publique, on exclut évidemment les entêtements de syndicalistes et de démagogues qui persistent dans leurs fantasmes. En revanche, on craint pour la vaste majorité d?une population à qui on rebat les oreilles avec une éruption soudaine de projets à coups de milliards, plus particulièrement ceux à qui on est en train d?inoculer la fièvre de l?entrepreneuriat et qui croient que ce n?est pas plus difficile que ça. De toutes ces PME motivées, sollicitées, confortées par des facilités sans précédent en dons, prêts et infrastructures, inscrites par milliers, un certain nombre va se casser la figure. Faudra-t-il leur appliquer des remèdes à la DWC ? Les situations ne sont pas identiques, sans doute, mais l?état d?esprit l?est. Un syndrome national peut se déclencher devant des difficultés rencontrées.
Personne finalement (ou presque personne) n?est contre la réforme, les nouvelles lignes, les femmes entrepreneuses et l?« empowerment ». On fait confiance aux instances qui devraient filtrer les demandes d?enregistrement de « bizness » d?achards et de tabagies. Le nombre des candidats est une bien mauvaise mesure du succès escompté. Chacun souhaite que, précautions prises, le taux d?échecs ne dépasse pas les normes. Même alors, il ne faudrait pas s?attendre que l?exemple de la DWC fasse recette. Les économistes, repris avec bonheur par les politiciens, utilisent régulièrement le concept de « filet de protection ». Il y a hélas déjà trop de vrais vulnérables dans toute société. Ceux-là ont droit aux égards appropriés de toute mesure économique. Mais il ne faudrait pas leur accoler, par opportunisme politique, les mal inspirés, les maladroits et les petits malins. C?est dans ce sens que le syndrome de la DWC pose de graves risques. Il y a deux options à considérer dans la quête humaniste qui vise à relever le statut des faibles jusqu?à un seuil acceptable. Le filet de protection est un concept négatif. L?amélioration des compétences est bien plus positive. Il faut multiplier les échelles qui permettent de grimper toujours plus haut. La mobilité sociale et économique durable dépend plus que tout de l?acquisition des savoir-faire. La formation promet de meilleurs lendemains. À cet égard, un des signes les plus prometteurs de la réforme est la soif d?apprendre. Il faut satisfaire cette soif. Le gouvernement a bien compris que là se trouve la priorité et les possibilités offertes pour satisfaire cette soif semblent avoir bien démarré. Il y a les formations ponctuelles dans l?hôtellerie, les IRS et l?informatique. Et il y a la formation de base, plus académique, qui doit quand même tenir compte des besoins de l?économie. Sur les deux plans, on peut encore mieux faire, mais un départ a été pris par l?État et le secteur privé. Il y a même un secteur profitable de formation en passe de devenir une industrie. La réforme des esprits se porte ainsi sur la multiplication des échelles qui permettent de monter et d?améliorer son sort. Ça, c?est la véritable démocratisation. Si nous réussissons dans cette voie, les filets de protection pourront être réduits à un minimum. Cette voie est juste le contraire des surenchères démagogiques du type DWC.
Périscope
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