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Peut-on se fier aux bulletins météo ?

3 février 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Pouspam RAMSAMY

Au moment de la formation du cyclone Dora, deux sites de météorologie prévoyaient des trajectoires différentes. Alors que le site américain, http://www.nasa.gov, parlait d?une trajectoire sud-sud-ouest, Météo France prévoyait plutôt une direction sud. Or, si Dora a maintenu une direction sud, le cyclone a finalement suivi une direction sud-sud-est. Dès lors, une question se pose : devrait-on se fier aux bulletins météo ? Une incursion dans les coulisses de la station météorologique s?impose.

Notre guide : le directeur, Subiraj Sok Appadu. Ce dernier explique que les météorologues de la station reçoivent constamment des informations et des photos satellite. Ils font le tri, classent les données et vérifient leur cohérence. A partir de leurs analyses, ils peuvent identifier les masses nuageuses, les cyclones, les lignes d?instabilité ou toute autre occurrence importante.

«Nous ne nous contentons pas de recevoir des informations. Le plus important, ce sont nos propres observations sur le terrain. Les nuages, la pluie, les changements de température ou de pression. C?est ce qui compte le plus», explique Subiraj Sok Appadu.

Ainsi, lorsque les avis des centres étrangers divergent, les météorologues mauriciens tranchent la question grâce aux observations locales. Les bulletins étrangers sont donc utiles à titre indicatif.

«Nous faisons du bon travail»

«Il peut arriver que ces centres étrangers se trompent et nous induisent en erreur. On croit souvent qu?ils sont les meilleurs et nous avons tort parfois. Cela arrive rarement mais nous préférons nous fier à nos propres observations. En revanche, nous ne pouvons nous passer des centres américains ou européens. Leurs informations sont importantes», ajoute Subiraj Sok Appadu.

Comment se fait-il donc que deux grands centres météorologiques soient en désaccord alors qu?ils ont en principe les mêmes observations ? Binaye Pathack, ancien directeur adjoint de la station de Vacoas, a sa petite explication : «Nous devrions effectivement avoir les mêmes prévisions. Mais la météorologie n?est pas une science exacte. Il y a énormément de variables quand nous faisons nos calculs. Ces variables peuvent être la distribution de l?humidité ou la direction et la vitesse du vent. Dans le cas du cyclone Dora, la divergence est minime et donc parfaitement compréhensible.»

Quand nous questionnons Subiraj Sok Appadu sur la fiabilité des bulletins météo émis par la Station de Vacoas, il affirme que son équipe se trompe rarement. « Je pense sincèrement que nous faisons du bon travail et que nos bulletins sont appréciés. Certes, il y a quelques années, nous n?étions pas encore très efficaces mais avec les nouvelles techniques nous nous en sortons plutôt bien.»

Binaye Pathack confirme : «Je ne pourrai pas mieux faire que l?équipe de la station. Je pense qu?ils font du très bon travail et que nous pouvons nous fier à leurs bulletins.»

La météorologie demeure néanmoins souvent abstraite et peu intéressante pour les Mauriciens. «C?est difficile d?expliquer en termes simples tant de choses techniques. Mais nous essayons quand même de le faire», concède Sok Appadu.

Pour Binaye Pathack, le devoir du météorologue est de s?assurer que le public comprend ce qu?il dit. «C?est un travail de communication et il s?agit de faire attention à ce que nous disons afin de ne pas induire la population en erreur.»

Afin de vulgariser la météo, un site Internet a aussi été mis en place par la Station météorologique. Un site qui demande à être amélioré, précise Subiraj Sok Appadu. «Nous savons effectivement que le site est loin d?être complet mais pour cela nous avons besoin de moyens. Pour améliorer, il faut investir. Pour le moment, ce sont nos propres employés qui gèrent le site et ils ne sont pas des professionnels de l?informatique.»

Le bilan : Subiraj Sok Appadu se dit satisfait de l?efficacité du service et pense que la population est réceptive. «Nos prévisions de 24 h sont fiables à 90% et nous nous sommes trompés très rarement ces dernières années sur la trajectoire d?un cyclone par exemple.»

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