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Le lien entre cyclones et le réchauffement climatique au coeur d’une étude

2 février 2007, 00:00

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Le nombre de cyclones “majeurs” a-t-il réellement augmenté depuis les années 1970 ? C’est “probable”. Cette tendance est-elle liée aux gaz à effet de serre ? C’est “vraisemblable”. A la question de la responsabilité de l’homme dans la survenue récente de phénomènes cycloniques particulièrement destructeurs, la version de travail du document actuellement discuté à Paris par les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), fait une réponse prudente. Dans la terminologie du GIEC, “probable” (“likely” dans le texte) et “vraisemblable” (“more likely than not”) signifient respectivement “avec une probabilité supérieure à 66 %” et “avec une probabilité supérieure à 50 %”.

Le “Résumé pour les décideurs” sera amendé avant son adoption, mais en matière de cyclogenèse, il y a peu de certitudes. Cette question est parmi les rares qui, s’agissant de l’impact de l’homme sur le climat, font encore débat dans la communauté scientifique.

Plusieurs publications récentes ont suggéré que le nombre de cyclones tropicaux annuels est globalement stable, mais que, parmi eux, la proportion d’ouragans et de typhons dits “majeurs” augmente depuis une trentaine d'années. D’autres travaux indiquent que cette tendance pourrait être liée à l’augmentation des températures de surface des océans, elle-même conséquence du réchauffement... mais ces conclusions demeurent discutées.

Hasard du calendrier, la réunion du GIEC à Paris succède à une saison cyclonique en Atlantique dont l’activité a été légèrement inférieure à la moyenne. Et ce, à l’encontre des prévisions. Cela interrompt une séquence de trois années très virulentes, elles-mêmes inscrites dans une décennie d’activité supérieure à la moyenne. Ainsi, entre mai et novembre 2006, seules neuf tempêtes tropicales ont été baptisées dans l’Atlantique, dont cinq sont devenues des ouragans. Parmi ces ouragans, seuls deux ont été “majeurs”. Par comparaison, la saison 2005, la plus active jamais mesurée dans l’Atlantique, s’était illustrée par la formation de 27 tempêtes tropicales, dont 15 ouragans (sept “majeurs”) – parmi lesquels Katrina, qui a ravagé La Nouvelle-Orléans.

Principale cause de la faible activité en 2006, le retour, dès le mois de septembre, du phénomène El Niño. Or celui-ci réchauffe les eaux de surface du Pacifique oriental et tend à refroidir celles de l’Atlantique. Dans ce bassin, El Niño entrave donc la formation de cyclones.

“Le transport de poussières sahariennes, dont on commence à réaliser l'impact sur la cyclogenèse, a pu aussi jouer un rôle, explique Jean-François Royer, chercheur au Centre national de recherche météorologique (CNRM). Lorsque ces poussières sont transportées au-dessus de l’Atlantique, elles absorbent une part du rayonnement solaire, ce qui contribue à moins réchauffer les eaux de surface. De plus, elles font monter les températures dans les hautes couches de l’atmosphère, ce qui accroît la stabilité des masses d’air.”

Une saison ne fait pas une tendance. Mais, à n’en pas douter, l’année 2006 pèsera en faveur de ceux qui doutent que le réchauffement climatique soit le principal responsable du regain récent d’activité cyclonique. “Le lien entre effet de serre et nombre de cyclones n’est pas avéré par nos simulations, dit pour sa part M. Royer. Quant à un lien entre effet de serre et intensité des phénomènes, il n’est pour l’instant guère probant.”

CONSÉQUENCES

<B>Le réchauffement synonyme de famine pour 200 à 600 millions d’habitants </B>

Entre 200 et 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de famine et entre 1,1 et 3,2 milliards d’habitants manqueront d’eau d’ici 2080 en raison du réchauffement climatique, indique une étude du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Sept millions d’habitations pourraient être inondées et la Grande Barrière de corail, plus grand organisme vivant au monde, pourrait complètement disparaître d’ici quelques décennies, écrivent les experts, selon des extraits du rapport publiés récemment dans le quotidien The Age.

L’étude doit être publiée dans les mois à venir, venant complèter le quatrième rapport du Giec qu’il rendra public aujourd’hui lors de sa réunion à Paris. Le Groupe concentre l’expertise optimale sur le réchauffement climatique sous l’égide des Nations unies.

La température du globe s’est déjà accrue de 0,7 à 0,8 degré depuis 1900. Si l’augmentation atteint deux à trois degrés, toujours par rapport à leur niveau de 1900, c’est jusqu’au système forestier de l’ensemble de l’Amazone qui est menacé.

Les “Alpes australiennes” (sud-est), un système fragile en raison du manque d’eau chronique dont souffre le pays-continent, seraient quant à elle “complètement perdues”. Pour la planète, il s’agit d’une “perte de biodiversité énorme”, souligne le rapport.

Le coût humain et économique est lui aussi très lourd, en particulier dans les pays les plus pauvres, comme en Afrique, et dans les régions situées à fleur d'eau, comme le Bangladesh et les îles du Pacifique, avertit l’étude.

Pour la Grande Barrière de corail, site classé au patrimoine mondial, cela signifie une disparition pure et simple. Le blanchiment du corail, qui touche déjà la Grande Barrière à certains endroits, se répétera tous les ans à partir de 2030, estime l’étude.

La Grande Barrière, site classé au patrimoine mondial, s’étend sur plus de 345 000 km2 au large de la côte nord-est de l’Australie.

Le blanchiment corallien se produit lorsque les organismes vivants qui donnent aux coraux leurs couleurs meurent, ne laissant subsister que le squelette calcaire du corail. Il est provoqué par une hausse des températures de l’eau ainsi que des pluies acides.

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