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?La valeur de chacun se définit par sa contribution au pays?

1 février 2007, 00:00

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Pour aller vite et obtenir des résultats rapides, Marc Ravalomanana ne veut s?entourer que de gens en qui il a confiance. Il a beau appelé les hommes politiques de l?opposition à collaborer, il ne jure que par trois mots : ?résultats, résultats, résultats?. Et peu importent les susceptibilités ethniques ou confessionnelles des uns et des autres.

Dès la nomination du général Charles Rabemananjara, samedi dernier, les questions sur la sincérité de l?ouverture promise par le chef de l?État, se sont posées. ?Désigner un gendarme, d?ethnie merina et de confession protestante comme le Premier ministre, n?est pas ce que j?appelle s?ouvrir aux autres?, a immédiatement réagi Laurent Rafanomezantsoa, enseignant de 50 ans.

Les hommes politiques ont préféré attendre la formation du gouvernement pour donner leur opinion, pour éviter de faire un ?procès d?intention?, comme l?a précisé un candidat à la présidentielle. Ils se sont surtout attendus à ce que la désignation du général Charles Rabemananjara soit ?corrigée et atténuée?.

Jusqu?à ce que la nouvelle formation soit présentée, des rumeurs sur sa structure ont beaucoup circulé. Les fervents défenseurs de ?l?équilibre régional? sont allés jusqu?à supputer sur la désignation de six vice-premiers ministres, un par province, sinon d?un ministre par région.

L?appartenance politique,son dernier souci

Il n?en sera pourtant rien. Comme le président de la République et le chef du gouvernement, deux tiers des ministres sont tous originaires des Hautes terres centrales. Sur les 22 membres du gouvernement, seuls sept sont issus des cinq provinces autres qu?Antananarivo.

L?appartenance politique semble, d?ailleurs être le dernier souci de Marc Ravalomanana. Ni les formations d?opposition, ni les partis regroupés au sein de la plate-forme ?Isika miasa miaraka amindRavalomanana? (IMMR) ne sont présents au sein de l?exécutif. Le parti présidentiel Tiako i Madagasikara (Tim), lui-même, y est représenté, parce que Patrick Ramiaramanana, Haja Nirina Razafinjatovo, Jean Louis Robinson sont des hommes de confiance du chef de l?État. Ce dernier a affirmé ?avoir donné toute latitude au chef du gouvernement dans le choix de ses collaborateurs?. Son pouvoir de nomination lui attribue, pourtant, le dernier mot dans la formation du gouvernement. Selon la Constitution, le président de la République nomme les membres du gouvernement sur proposition du Premier ministre.

Marc Ravalomanana n?expliquera que son choix, qui s?est porté sur le général Charles Rabemananjara. Il renvoie à ce dernier le soin de livrer les interprétations officielles à donner sur la désignation des ministres. Cependant, ses explications sont tout aussi valables pour les autres nominations. ?Le chef de l?État a déjà prévenu qu?il ne s?attarderait pas sur des considérations n?ayant rien à voir avec le développement?, lance un conseiller auprès de la présidence, rappelant les discours présidentiels depuis le début de l?année.

?La valeur de chacun de vous ne se définit ni par ses origines, sa richesse ou sa religion, ni par son âge. La valeur de chacun de vous se définit par sa contribution au développement du pays. Chacun selon ses capacités?, a souligné le président dans son discours d?investiture. ?Ne vous focalisez pas sur sa région d?origine?, a-t-il encore insisté, lundi, à l?inauguration du boulevard de Tokyo.

Interrogé sur la signification de l?ouverture, le Premier ministre Rabemananjara argumente ?que l?appartenance politique n?est pas importante, l?essentiel est d?ouvrir le développement sur les 22 régions?.

Les traditions politiques régionales rompues

En axant le Plan d?action pour Madagascar (Map) sur le développement rural, la décentralisation et la déconcentration, le pouvoir compte équilibrer la croissance sur l?ensemble du territoire et ne pas la limiter à quelques régions. L?ouverture annoncée n?a donc pas été politique, ainsi que s?y sont attendus les hommes politiques, opposants ou alliés du pouvoir.

Elle n?a pas non plus été régionale, comme l?ont espéré la plupart des élus Tim. Enfin, elle ne s?est pas faite au profit des femmes que Marc Ravalomanana a pourtant appelées à une participation plus active dans la vie nationale.

Toutefois, le verrouillage ne semble pas encore définitif, à moins que l?expérience de la rupture avec les traditions politiques de l?équilibre régional ne soit réellement une réussite. L?éventualité d?un changement de gouvernement après le référendum constitutionnel, qui devrait avoir lieu dans les prochains mois, n?est pas exclue.

Le président de la République a, du reste, annoncé la prochaine désignation d?au moins un vice-ministre. Celui-ci sera affecté au ministère de la Santé et du planning familial. Et si l?on en croit le chef de l?État, ce sera peut-être une femme.

L?Hedbo de Madagascar

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