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« Je souhaite que nos clients deviennent nos partenaires »
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« Je souhaite que nos clients deviennent nos partenaires »
● Vous êtes le nouvel homme fort de la station nationale de diffusion des ondes. Quels sont les projets que vous avez en chantier ?
L?objectif principal est d?améliorer la qualité de nos services. Aujourd?hui, le paysage radiophonique du pays a été ouvert à trois radios privées. La couverture FM dans toute l?île n?est assurée qu?à 80 %. Ce qui veut dire que des auditeurs dans certaines régions, ne captent pas ou captent très mal, les différentes chaînes radios du pays. Ce qui pour moi est anormal, surtout si l?on veut que notre île soit une référence en matière de technologie.
Pour pallier à ce problème, il faudrait utiliser deux stations supplémentaires pour assurer une couverture optimale, tournant autour de 95 %. Je voudrais que les radios, qui nous payent des droits de diffusion, ne soient pas que nos clients, mais également nos partenaires. Ce n?est qu?avec leur concours que nous pourrons ouvrir d?autres opportunités pour le développement de l?audiovisuel mauricien.
● Avec l?arrivée de la fréquence unique de RFI, peut-on s?attendre à une fréquence unique pour chacune des radios du pays ?
Absolument ! Ce qu?il faut savoir c?est que la synchronisation au niveau technique passe par quatre ou cinq stations. Il y a donc un délai dans la diffusion. Pour corriger ce délai, nous avons recours à différentes stations. Pour accéder à une seule fréquence, nous avons déjà procédé à des tests qui se sont avérés concluants. Il suffit pour cela de passer par le système de Global Positioning System (GPS), ce qui permettrait à deux antennes d?émettre le même signal au millième de seconde près, rendant ainsi la diffusion synchronisée.
Grâce à ce système, la fréquence unique pourra être une réalité dans quatre ou cinq mois. Cette fréquence unique sera bénéfique aux auditeurs, mais aussi et surtout aux radios. Elles n?auront plus qu?à payer les rédevances pour une seule fréquence au lieu des trois actuellement en service. Ce qui devrait réduire considérablement leurs frais.
● Les fréquences AM (Amplitude Modulation) sur lesquelles les auditeurs captent Radio Maurice ne sont-elles pas obsolètes alors que l?on émet principalement aujourd?hui en modulation de fréquence (FM) ?
Les fréquences AM ne demandent qu?un seul émetteur pour couvrir toute l?île. Pendant un cyclone, alors que les fréquences FM sont brouillées par la pluie et les vents, les fréquences AM en revanche, résistent à l?assaut. Certes les fréquences AM ont fait leur temps, mais elles sont notre seule porte de salut pendant les périodes cycloniques. Pour le moment, nous ne voyons pas comment nous pourrions les bannir.
● Depuis la création de MCML en 2001, hormis l?arrivée des radios privées, sa plus grosse réussite a été la Télévision Numérique Terrestre (TNT). Pourtant, la réception dans l?île n?est pas optimale ?
La TNT a constitué un gros pas en avant, mais la qualité de réception n?est pas irréprochable. À des moments, l?image arrive avant le son ou vice-versa. C?est ce qu?on appelle un limp sink, c?est à dire que la synchronisation n?est pas garantie. Pour remédier à ce problème, il y a des ajustements à faire pour s?assurer que la synchronisation se fasse partout et à chaque fois avec la même intensité. Il faut ainsi investir dans des équipements appropriés. Malheureusement, avec nos revenus limités, cela risque de prendre du temps.
● Quels nouveaux défis guettent le paysage audiovisuel local ?
Internet et le satellite ont révolutionné le paysage audiovisuel mondial. Chez nous, après l?arrivée de la libéralisation des ondes radio et de la TNT, nous allons vers la télévision interactive, dont la première étape sera la pénétration des décodeurs intelligents dans les foyers mauriciens. Aujourd?hui, information et communication abondent dans le même sens. Nous allons vers de nouvelles convergences entre l?informatique, la technologie et l?audiovisuel. La télévision peut être utilisée comme moyen pour faire de l?information. Le public peut bénéficier de divers services à condition qu?il veuille bien suivre les tendances. Introduire la radio numérique requiert l?achat de radio numérique. Il faut investir intelligemment et dans le long-terme.
● Les équipements de MCML sont-ils adéquats pour assurer une diffusion sans parasite sur tout le pays ?
Les équipements ont besoin d?être constamment upgradé. On peut bannir les problèmes de transmission, mais il faut investir dans l?achat de nouveux émetteurs. Sachant qu?un émetteur coûte entre 7 à 10 millions de roupies, vu nos revenus, ce n?est pas gagné d?avance. Cela dit, je mise sur la qualité de nos services et la formation en continu du personnel. C?est la raison pour laquelle je souhaite que nos clients deviennent nos partenaires, puisque nous ne percevons pas de revenus du gouvernement.
● Quelle est la marge de man?uvre de MCML dans la prise de décision ?
Nous sommes régi par un board constitué d?un président, des représentants du ministère des finances, du Prime minister?s office, de l?Information technology, de la Mauritius Audit Bureau (MAB), entre autres. Le board est l?instance suprême dans la prise de décision.
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