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Djuneid Dulloo, l?art symbole de responsabilité sociale
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Djuneid Dulloo, l?art symbole de responsabilité sociale
Il n?en sera pas autrement. On ne le changera aucunement. Le regard ailleurs, un brin rêveur, Djuneid Dulloo n?est pourtant pas de ceux qui rêvent sans réaliser ce qu?il a en tête. Pour lui, rien n?est impossible, tout peut être fait. Dans son monde, volonté rime avec responsabilité. Et tout le monde est concerné.
Professionnel de la communication visuelle, Djuneid transmet des messages à travers les mots, les images, les concepts et les graphismes. Il évolue dans des sphères où l?image revêt une importance capitale. Spécialiste du design, du marketing, de la communication et du branding, ses logos et ses graphismes permettent aux entreprises ainsi qu?aux individuels de se forger une identité.
Mais la communication visuelle est, pour lui, un support qui devrait être plus utilisé pour éveiller la conscience sociale. Posters, illustrations sont des outils essentiels dans la diffusion de l?information. « La communication visuelle est très importante. Il ne faut ni sous-estimer la communication ni le graphisme. Il faudrait faire appel à des spécialistes pour revoir les visuels et s?assurer ainsi que les messages passent mieux concernant, par exemple, la prévention du sida ou encore de l?alcool au volant ! Il faudra plus de responsabilité sociale de la part du gouvernement », avance-t-il.
À 23 ans, ce jeune homme qui vient tout juste de finir ses études universitaires, affirme que la communication visuelle n?est qu?une des choses qu?il peut faire. Bachelor of Fine Arts, cet ancien étudiant de la School of the Museum of Fine Arts de Boston avoue que toute sa profession est liée à l?art.
Rencontré sur le tard, l?art l?a pourtant conquis totalement. Il regrette d?ailleurs aujourd?hui qu?il ait dû déménager à 16 ans à l?étranger pour découvrir ce qu?est l?art en poursuivant ses études secondaires au Kenya. « Je ne faisais pas d?art au cycle primaire, c?est un des plus grands manques que j?ai ressenti dans ma vie. Les premières années sont les plus importantes chez l?enfant.
À Maurice, les enfants évoluent en étant emprisonnés par le système éducatif qui les pousse plus à apprendre par la mémorisation. Ici, l?art n?est que l?habileté à reproduire des images réalistes sur un quelconque support, alors que l?art va bien au-delà », déclare-t-il.
Ce jeune artiste à l?imagination fertile est pourtant bien en phase avec la réalité. Il ne conçoit pas la création sans la responsabilité sociale. Il est d?ailleurs employé chez Bioversity International, un organisme qui travaille pour la conservation et la recherche de la biodiversité dans le monde. « Chacun devrait être concerné par l?environnement ainsi que par le sort des autres », dit-il.
Ancien étudiant du collège du St-Esprit, Djuneid a d?ailleurs toujours eu un penchant pour l?altruisme. Il a été membre de SOS St-Esprit et a participé à plusieurs activités caritatives au sein du groupe. Puis, en tant qu?assistant à la maison d?entraide à Sodnac, il s?est occupé des personnes âgées handicapées pendant deux ans en les aidant dans leurs tâches quotidiennes. Au Homeless Shelter à Quatre-Bornes, c?est avec les sans-abri qu?il a passé du temps. Mais le jeune homme n?en est pas resté là. Même à l?étranger sur l?initiative du collège d?art de Massachusetts, il a contribué à restaurer un jardin avec des mosaïques, des peintures murales et des sculptures.
L?art peut aider à mieux enseigner
Mais l??uvre dont il est le plus fier c?est Unmasking Shadows. Une organisation dont il est le directeur et qu?il a lui-même fondée en 2004 à la suite d?un programme qui avait pour but d?utiliser l?art pour réhabiliter des enfants abandonnés à Nairobi, au Kenya. Avec l?aide de la communauté locale, il a ainsi pu ramener des enfants, pour la plupart des orphelins du sida qui vivaient dans la pauvreté, à des conditions de vie meilleures en leur redonnant leur dignité.
Parti pour trois mois, il a initié une trentaine d?enfants aux arts visuels. Les ?uvres de ces enfants ont été exposées à l?étranger. L?une des meilleures expositions de l?école de Boston selon les échos reçus par Djuneid. L?année dernière, il y est retourné avec neuf autres artistes pour continuer l?aventure. Les enfants ont ainsi pu partager leur vécu avec des artistes venus de pays comme l?Italie, Maurice, la République tchèque et acquérir des connaissances dans la photographie, la peinture et le dessin.
Djuneid ne pense pas s?arrêter en si bon chemin, d?autant plus qu?il se dit enrichi de ces expériences. « Fréquenter ces enfants défavorisés m?a permis de méditer sur la vie moderne que j?ai menée à Boston. J?y ai connu des gens qui avaient beaucoup moins de joie de vivre et beaucoup moins d?énergie que ces enfants », affirme-t-il. Après avoir créé un site Internet avec l?organisation ? http://www.unmaskingshadows.org, pour faire connaître la vie de ces enfants qui s?en sont sortis grâce à l?art et surtout parce qu?on leur a donné l?opportunité, il prévoit en collaboration avec son équipe, de sortir un film-documentaire pour transmettre leur histoire au monde entier.
Depuis son retour à Maurice, Djuneid collabore à un projet ressemblant aux Unmasking Shadows avec Émilie Carosin, psychologue à Rivière-Noire. Leur but : montrer comment l?art peut aider les enfants à construire des valeurs civiques.
Il ne perd pas de vue un autre projet qui lui tient à c?ur : Réussir à montrer que l?art peut aider à mieux enseigner aux enfants en collaborant avec les autorités concernées. Il a récemment postulé pour une place à l?université d?Harvard pour un master en Arts in Education pour aider les enfants à apprendre autrement, car comme l?affirme Antoine de St-Exupery : « Chacun est seul responsable de tous. »
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