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La fermeture de la DWC décidée

27 janvier 2007, 00:00

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C?est en présence de syndicalistes inquiets du sort de quelque 64 employés de plus de 50 ans, toujours en suspens, que le DWC (Repeal) Bill a été présenté par le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques et adopté hier. La fermeture de la Development Works Corporation (DWC) est inévitable, a déclaré, hier, au Parlement, le vice-Premier ministre, lors des débats parlementaires. Il a expliqué qu?elle intervient après une série de rapports défavorables sur la gestion financière de cetorganisme parapublic.

Que ce soit le Management Audit Bureau, le directeur de l?Audit, le rapport Raghoobur, tous sont arrivés à la conclusion qu?il fallait fermer car le déficit accumulé s?élevait à Rs 450 millions.

D?année en année, ces pertes ont fluctué entre Rs 50 millions et Rs 75 millions. En sus de la hausse continue des frais généraux, d?une mauvaise utilisation des ressources humaines et des équipements, la corporation dépendait du gouvernement pour sa survie «au lieu de se tenir sur ses propres jambes».

Aujourd?hui, le gouvernement, sous l?impulsion du Premier ministre, Navin Ramgoolam, n?a pas l?intention de faire de la «politique politicaille» sur un sujet si important, même si la DWC a été créée par le Parti travailliste (PTr). «Le Premier ministre n?agit pas en tant que leader d?un parti lorsqu?il s?agit de protéger l?intérêt du pays», déclare Rashid Beebeejaun.

Il dira qu?il n?y a pas de doute que la DWC a réalisé bon nombre d?infrastructures pour le gouvernement mais que le moment est venu de tourner la page.

Le gouvernement se félicite d?avoir reclassé 182 employés en dessous de 50 ans. Rashid Beebeejaun ajoute que le gouvernement a proposé un package beaucoup plus intéressant que celui obtenu par les ex-employés de la Central Housing Authority (CHA). Lui succédant, le leader de l?opposition, Nando Bodha tranche totalement dans ses propos : il parle de «chapitre noir dans l?histoire du PTr».

Rappelant que la DWC a réalisé pour le gouvernement des travaux valant Rs 921 millions entre 2000 et 2005, il se montre sceptique quant à la manière dont le gouvernement compte économiser avec l?achèvement de travaux non complétés qui seront alloués au secteur privé. Il cite le cas d?un collège se trouvant à Ebène.

Le leader de l?opposition affirme que la DWC s?est retrouvée dans cette phase terminale parce que les différents gouvernements ne l?ont pas remboursée pour des travaux qu?elle a réalisés.

Il souligne qu?à l?heure actuelle le syndicat de la DWC est dans le flou : il était d?abord question qu?il n?y avait que 33 travailleurs âgés de plus de 50 ans dont le sort était en suspens. Or, il vient d?apprendre auprès du High-Powered Committee (HPC) qu?en fait il y a 64 travailleurs concernés. Pour lui, la DWC aurait dû être restructurée et non supprimée.

<B>«Joueurs de carte»

Paul Bérenger, leader du MMM, renchérit avec force détails: le gouvernement aura à débourser la bagatelle de Rs 125 millions de plus pour réaliser environ dix projets non-complétés par la DWC. Le leader du MMM demande au gouvernement de consentir un effort spécial qu?il traduirait par un package additionnel offert pour les employés âgés plus de 50 ans.

Prenant l?exemple d?un travailleur qui gagnait Rs 10 665 par mois avec 40 ans de service, une compensation additionnelle de Rs 1 279 avec la formule que propose le gouvernement (1,5 mois de salaire par année pour le nombre d?années restant de sa carrière «est inhumain».

Paul Bérenger propose 1,5 mois de salaire par le nombre d?années de service accomplis. Mais le ministre des Administrations régionales, James Burty David, dira qu?on traite aujourd?hui d?«inhumaine» la fermeture de la DWC alors que dans le passé «800 travailleurs de la DWC avaient été licenciés sans compensation aucune».

Le ministre s?en prend alors aux « donneurs de leçons », qui ont licencié des travailleurs du Central Electricity Board, et au mouvement militant mauricien, qui avait traité les employés de la DWC de «joueurs de cartes».

Montant au créneau pour soutenir son collègue de la majorité, ministre de la Justice, Rama Valayden dira que 85 % des employés de la DWC ont déjà été reclassés.

Mais c?est avec Ashock Jugnauth que la température monte d?un cran. Dans son intervention, le leader de l?Union nationale invite le gouvernement à enquêter sur des informations qu?il possède sur les «contacteurs» inscrits au ministère des Infrastructures à Phoenix, et nouvellement promus au Grade 1.

Ceux-ci auraient décroché des contrats pour des montants de 50 à 60 % plus élevés que la somme réclamée par la DWC. Remarques auxquelles répondent des cris de protestation des rangs de la majorité. Ashock Jugnauth cible aussi les conséquences de la fermeture de la DWC sur les prix de construction. Pour lui, le gouvernement est loin d?avoir suivi son motto de «put the people first». Le leader de l?Union nationale a aussi évoqué l?avenir de l?industrie sucrière, provoquant ainsi un petit accrochage avec le ministre de l?Agro-industrie, Arvind Boolell.

Le ton est encore monté avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances Rama Sithanen qui s?en est pris à Ashok Jugnauth et à son discours «confus». Rendant hommage aux travailleurs de la DWC, il n?en est pas moins critique, reconnaissant même que la corporation avait fini par remplir le rôle de sous contracteur

La prochaine session parlementaire a été ajournée au 23 février.

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