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Inauguration du Centre d?Albion et de l?Aquarium
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Inauguration du Centre d?Albion et de l?Aquarium
Fin janvier 1982, Ringadoo inaugure le Centre de recherches de ressources marines à Albion. Il comprend un aquarium, trois laboratoires, une écloserie, une salle de conférences et un laboratoire écologique. Le Japon contribue à son financement à hauteur de Rs 17 millions. L?ambassadeur K. Furasawa rappelle, à bon escient, que Maurice possède une zone économique exclusive de 1,6 million de kilomètres carrés, rappel qui conserve toute son acuité en 2007. Il s?étonne que nos pêcheurs ne représentent, en 1982, que 3 000 des 17 000 tonnes de poissons consommés annuellement à Maurice. Building and Engineering de Clément Dalais se charge des travaux de construction, sous le contrôle de Shimizu Constructions Co Ltd.
Sir Veerasamy Ringadoo, Premier ministre suppléant, en profite pour souligner les risques de famine dans le monde et la nécessité pour les Mauriciens de modifier leurs habitudes alimentaires. Ils doivent se préparer à remplacer leur riz curry par des fish and chips, lui fait dire la presse boolelliste. Il est important de maintenir notre consommation de poisson à 18 kilos par habitant et par an.
Iswardeo Seetaram, ministre de la Pêche et des Barachois, inaugure, le 4 février 1982, la Maison des pêcheurs de Tamarin, don du gouvernement français. Se trouve à Maurice, à cette occasion, l?expert Rojat. Il compte se rendre à Rodrigues pour une évaluation des dégâts du cyclone Damia, dans le secteur de la pêche.
Une controverse fait alors rage au sujet de ces dommages. Selon les sources gouvernementales, les estimations varient de deux à douze millions de roupies, chacune accusant les autres de surestimer ou de sous-estimer le montant du préjudice subi. M. Rojat examine aussi à Rodrigues le projet de construction d?une Maison des pêcheurs. Il est assisté, à cet effet, du conseiller français Gauché et de Benjamin Moutou.
En dépit de ces inaugurations de Centre de recherches et de Maisons de pêcheurs, on ne peut pas dire que l?optimisme prévaut dans ce secteur. Un pêcheur de Bambous, comptant 30 ans d?activité dans ce métier, confie à la presse : ?La pèce : ène métier kipé alle dans teigne !? Le travail est pénible. Parfois li donné ! Parfois li pas donné ! Il faut connaître l?importance des marées et des quartiers lunaires sur le comportement des poissons. Pour la pêche à l?épervier, sa spécialité, il faut connaître les moments où le poisson vient se nourrir dans deux ou trois pieds d?eau. Il fait l?éloge d?Emilien L?Enflé, grand zettère l?épervier devant l?Eternel. Jadis, les mois d?été (décembre à février) étaient pour le pêcheur ce que sont les mois de coupe pour le sucre. On avait à faire à des bandes de poissons. Le lagon était un porte-monnaie qu?on croyait, à tort, inépuisable. En 1982, cette corne d?abondance est vide.
Si la presse de la fin de janvier 1982 rapporte qu?un pêcheur de 26 ans met fin à ses jours en se faisant sauter à la dynamite à Grand-Gaube, elle rapporte aussi que Gervais Sophie capture, au casier et au large de l?île Ronde, une vieille babonne de 250 livres. A 65 ans d?âge et comptant 45 ans de métier, il est considéré comme un des meilleurs pêcheurs du Nord. Sa vieille babonne sera naturalisée et exposée à la Maison des pêcheurs de Tamarin. Elle doit s?y trouver encore si le mot conservation a encore un sens à Maurice.
Nous devons aussi espérer que le présent successeur d?Iswardeo Seetaram et autres Ramsoondar Modun, Mathieu Laclé, Sylvio Michel, à la tête du ministère de la Pêche, profitera de ce 25e anniversaire du Centre de Recherches marines d?Albion pour faire un bilan du quart de siècle écoulé et du rôle joué par lui dans le développement, à Maurice, de l?aquaculture et du Seafood Hub. L?opinion publique appréciera également être informée du présent état de santé de nos coopératives de pêcheurs et de leurs Maisons à Tamarin, Cap-Malheureux, Rodrigues et Mahébourg.
Le poisson peut revêtir aussi un potentiel touristique. C?est du moins ce que pensent, en janvier 1982, MM. Arnold Bouquet et Gérard Manuel en ouvrant, au public et aux visiteurs, leur Aquarium à Trou aux Biches. Cette pré-ouverture ne se fait pas sans peine, tant nombreux et délicats sont les problèmes et épreuves rencontrés par les promoteurs pendant toute la gestation de leur projet. Au départ, il y a l?étonnement d?un visiteur scandinave, ne comprenant pas qu?une île à vocation touristique, comme Maurice, ne dispose pas d?un aquarium digne de ce nom. Arnold Bouquet en prend bonne note. Alain Cornic propose ses services pour la partie technique et l?aménagement. Un amoureux belge des coquillages, André Maltot, se joint à eux. Il fait fonction de conservateur de l?aquarium. M. Philippe Lebreton s?intéresse aussi au projet. La compagnie Aquarium Centre Ltd est créée grâce au soutien financier que lui accorde généreusement la Mauritius Commercial Bank Ltd.
L?aquarium de Trou aux Biches comprend 35 bassins dont un de six mètres de long qu?occupent cinq tortues de mer. Un autre, trois fois plus long, abrite trois mérous, une murène et un petit requin. Il est un des rares au monde à fonctionner avec un circuit ouvert continu, directement relié à la mer. Il veut simplement être pour le poisson ce que Casela est pour les oiseaux. Mais Casela est toujours à Casela tandis que l?Aquarium se trouve, depuis la mi-2003, à la Pointe aux Piments, après avoir eu à fermer ses portes, en 1997, à Trou-aux-Biches.
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