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Les nostalgiques de la dernière sirène

25 janvier 2007, 00:00

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?Pa ti kapav retenir mo larm sa zour-la. Mo ti plore?, déclare Michel Barry, ex-employé de l?établissement sucrier de Mon-Désert-Mon-Trésor lorsqu?il évoque les derniers coups de sirène qui avaient retenti le 2 décembre pour mettre fin aux activités de cette usine sucrière après 40 ans d?existence.

Pierre Babet, 67 ans, anciennement affecté à la section d?irrigation et aujourd?hui à la retraite, avait débuté sa carrière au sein de cette propriété sucrière à l?âge de 21 ans. Il garde encore de bons et de mauvais souvenirs comme celui de sa longue lutte pour que les enfants des artisans et des laboureurs aient accès au moyen de transport pour aller à l?école comme les enfants du personnel. ? J?ai réagi lorsque j?ai écouté un jeune étudiant, témoigner en larmes les humiliations qu?il avait subies avec un autre jeune qui fréquentait la même institution scolaire que lui. Je trouvais cela comme une grave injustice?, rappelle Pierre Babet.

Autre fait qui a marqué la vie de ce sexagénaire, c?était la mort d?un adolescent derrière l?usine lorsqu?un wagon bascula. Cet enfant avait eu la tête écrabouillée. ?C?est encore dans ma mémoire.Je frissonne à chaque fois que j?y pense?, raconte Pierre sous le regard ébahi de sa fille Nicole.

Et le lendemain de ce drame ? C?était la surprise. Une fourgonnette remplie de policiers débarqua chez lui pour l?arrêter. ?Je n?ai toujours pas compris cette démarche. N?était-ce l?intervention d?un de mes employeurs, j?aurai été déjà condamné pour un accident alors que j?étais nullement responsable?, se rappelle Pierre.

À cette époque, les conditions de travail sur les établissements sucriers, dit-il, étaient très difficiles. Les relations entre employés et employeurs étaient conflictuelles. Il fallait se battre pour faire entendre leurs revendications et le recours à la grève était souvent utilisé comme moyen.

?Les aînés ont enlevé les gros obstacles?

Malgré les conflits, Pierre a été toujours respecté par ses employeurs. La preuve, c?était lors d?un voyage à l?étranger où son patron faisait partie d?une délégation pour représenter Maurice en tant que syndicaliste. ?Je l?ai croisé à l?aéroport. Il rentrait à Maurice.On discutait de tout et de rien. C?était la joie lorsqu?on se retrouvait. Il croyait que nous allions retourner dans le même avion. Malheureusement j?avais pris l?avion pour visiter un autre pays.?

Michel opérateur, âgé de 44 ans, a fait son entrée à Mon-Trésor-Mon-Désert comme apprenti mécanicien. Contrairement à l?époque à laquelle Pierre avait à surmonter les difficultés quotidiennes, la tâche de Michel était beaucoup plus aisée. ?Nos aînés ont enlevé tous les gros obstacles, c?est peut-être l?une des raisons principales qui a fait la communication a été plus facile après les années difficiles et peut-être aussi grâce à une nouvelle méthode de gestion?, constate l?ancien opérateur.

Ayant vécu à Mon-Désert-Mon-Trésor pendant des années, ce n?est pas de gaîté de c?ur que les employés font leur valise pour tout laisser afin d?aller habiter à Desplaces, lieu choisi par l?établissement sucrier dans le cadre du Volontary Retirement Scheme. ?Nous n?avons pas d?autres choix. Nous avons des enfants. Il faut penser à préparer leur avenir?, dit Michel. Mais s?il y une chose que Pierre regrette, c?est le nombre des arbres fruitiers qu?il a vu grandir devant lui. ?J?aurais aimé si la direction fasse quelque chose pour les protéger. Ce sera comme un cadeau à tous ceux ou celles qui ont contribué à faire de cet établissement sucrier ce qu?il a été pendant des années?.

BRIN D?HISTOIRE

D?aventures en aventures

Le milieu du 19e siècle fut sans aucun doute la période la plus faste de Maurice en termes de production sucrière.

En 1858, l?île comprend 259 sucreries en activité. De fermetures en centralisations, de fusions en négociations diverses, ce chiffre a diminué au fil des ans.

1783 : La sucrerie Mon Désert appartient à Allanic de St Ongal.

1868 : Les propriétés de Madgala et Mon Trésor sont achetées et ajoutées au domaine de Mon Désert par Georges Thomy Thiery.

1926 : Création de la compagnie Mon Trésor& Mon Désert (MTMD). La propriété possède alors 2 888 acres.

1933 : Achat de Plaisance.

1936 : Les domaines de Sauveterre & Virginia s?ajoutent à MTMD.

1944 : MTMD fait l?acquisition d?Union Vale.

1945 : MTMD fait l?acquisition de Deux Bras.

MTMD possède également des actions dans les hôtels Merville Beach et Grand-Gaube. La compagnie MTMD Ltd est une compagnie publique dont la majorité des parts appartenait à Lonrho Sugar Corporation depuis mai 1997 :

En juin 1997, Illovo Sugar Ltd, une compagnie sud-africaine, a racheté les parts de Lonrho.

L?actionnaire principal est à présent BBHM LTD qui a acheté les capitaux d?Illovo en juin 2001.

Appartenant à l?établissement sucrier : 1 725 ha.

Appartenant à d?autres planteurs : 2 326 ha.

Nombre de planteurs : 3 299.

Production d?énergie : 17gwh /an.

Production sucrière 2003 : 22 534 tonnes.

Tonnes de cannes traitées : heure 110 tonnes.

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