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Débats sur le ?BORROWERS PROTECTION BILL?

24 janvier 2007, 20:00

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■ Ashock Jugnauth : le bon sens

Le leader de l?Union nationale, dans un discours très écouté (une des rares fois où le silence a régné alors qu?un député de l?opposition intervenait), a tiré la sonnette d?alarme. En précisant qu?il était d?avis que le Borrowers Protection Bill ? qu?il qualifie de ?réaction à la pression des victimes? - était une bonne chose, il a fait appel au gouvernement pour qu?on ne donne pas de faux espoirs aux victimes de la vente à la barre. ?Le gouvernement est en train de donner l?impression aux victimes qu?une fois cette loi votée, ils pourront se laver les mains de leurs responsabilités.? Il a demandé au gouvernement de dire ?la vérité? à ces gens, c?est-à-dire que ce sont les futurs emprunteurs qui bénéficieront vraiment de cette nouvelle loi.

Il s?est élevé contre le fait qu?on donne l?impression que le commissaire ?sera un super chef juge alors que c?est faux?.?Il ne pourra qu?agir selon le cadre légal et ce dernier ne lui donne pas tous ces pouvoirs.?

Ashock Jugnauth, soulignant que le projet de loi ne précise pas à quel stade une personne peut faire appel au commissaire, a aussi attiré l?attention sur les problèmes soulevés lors des demandes de crédit, dont la vulnérabilité du demandeur lors des négociations, faute de pouvoir imposer ses conditions. ?Le contrat peut être exorbitant dés le début mais si l?emprunteur est un bon payeur, le commissaire ne saura jamais qu?un contrat a été extortionate.?

Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, très attentif, a ensuite consulté Ashock Jugnauth pour ses notes.

■ James Burty David : l?auto-congratulation

Le ministre des Administrations régionales s?est auto-congratulé tout au long de son discours. Il a salué l?initiative du gouvernement en disant que l?adoption de la nouvelle loi était une preuve que le gouvernement de l?Alliance sociale avait un parti pris pour les gens les plus défavorisés. ?Alors que l?ancien gouvernement n?a fait que mettre sur pied comités sur comités, nous passons à l?action.? Il en a profité pour critiquer les interventions de l?opposition qui ?trouvera toujours à redire sur ce que nous faisons?.

■ Fazila Jeewa-Daureeawoo : la sagesse

La député du Mouvement socialiste militant a regretté qu?il n?y ait pas eu plus de débats et de consultations avant la présentation du projet de loi, qu?elle trouve ?très bon?. Elle estime cependant que le commissaire devrait être un homme de loi, de par les fonctions qu?il sera appelé à occuper.

Elle a déploré que deux catégories de citoyens sont en train d?être créées avec le seuil de Rs 2 millions qu?impose le Borrowers Protection Bill alors que ?tout le monde devrait avoir les mêmes droits?. Elle a aussi regretté que la question de compound interest n?ait pas été discutée ?surtout si l?objectif est de protéger les membres les plus vulnérables de la société?.

Fazila Jeewa-Daureeawoo a terminé son intervention sur un brin de sagesse, en citant un adage qu?elle dit avoir appris dès son plus jeune âge : ?Neither a borrower nor a lender be.?

■ Suren Dayal : le pragmatique

Le député du Parti travailliste, d?habitude très percutant, a choisi de centrer son intervention sur le cas d?un de ses mandants, exemple type d?un cas flagrant ?d?extorsion?. Cela dans le but d?illustrer l?importance du projet de loi.

■ Alan Ganoo : le défenseur des petites gens

L?intervention d?Alan Ganoo, du MMM, s?est étirée en longueur. Se positionnant en défenseur des ?petites gens?, il a argué que le projet de loi, quoique bon, était peut-être un peu trop dure avec les? ?petites gens.? Il n?a pu s?empêcher de citer ad nauseam les conclusions du rapport de l?ancien chef-juge Glover à la suite de la commission d?enquête sur la vente à la barre, instituée par l?ancien gouvernement. Il a dit regretter que le système de la vente à la barre n?ait pas été complètement rayé de nos lois.

■ Abu Kasenally : ne pas bloquer le processus de réforme

Abu Kasenally, ministre des Infrastructures publiques, a surtout estimé, dans son intervention, qu?il ne fallait pas prendre le risque de bloquer le processus de réforme de la vente à la barre. Il a soutenu que certaines clauses du projet de loi ont été amplement discutées et ne devraient pas être modifiées. Si le précédent gouvernement avait agi, il n?y aurait pas eu, a-t-il dit, 700 personnes qui ont perdu leurs biens.

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