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« Ce n?est pas l?heure des récriminations »

21 janvier 2007, 00:00

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Le « Borrower Protection Bill » sera présenté cette semaine au Parlement. Vous devez être satisfait ?

En effet, cet important projet va dans le sens de notre combat visant à « libérer » des hommes et des femmes qui, aujourd?hui, n?ont plus la joie de vivre. Certains connaissaient les affres de la misère et de la pauvreté. Hier par exemple, nous avons réuni des victimes de la vente à la barre. Ces personnes ont enduré ce calvaire pendant des années. Il y avait aussi des religieux et des syndicalistes. Le 24 janvier devrait donc être une étape importante pour la libération de ce pays et essuyer les larmes de ces victimes.

Qu?attendez-vous de nos députés ?

Il n?est question pour les uns ou les autres que de « marque point ». Tous les membres de l?Assemblée devraient faire leur devoir devant la nation. Je leur demande donc d?unir leurs efforts afin de mettre fin, une fois pour toutes, au tourment de ces nombreuses familles. Il ne s?agit pas de montrer du doigt qui que ce soit. Si on peut reprocher au précédent gouvernement de n?avoir pas été jusqu?au bout pour faire passer un tel projet de loi, on pourrait aussi se poser la question de savoir pourquoi l?actuel gouvernement a pris du temps, depuis septembre 2005, pour présenter cette législation. Ce n?est pas l?heure des récriminations. Il faut que tous les députés, de quelque parti qu?ils soient, soutiennent ce projet de loi, certes avec les amendements là où c?est nécessaire, et mettent tout en ?uvre pour qu?il soit adopté pour le bien de ce pays. Je souhaite que l?opposition fasse également son travail et que ses juristes se penchent sur la pertinence de ce projet. Je fais un appel au Premier ministre et je suis convaincu qu?il ne restera pas insensible aux attentes des victimes.

Comment voyez-vous la fonction de commissaire comme suggérée par le gouvernement ?

Je souhaite tout d?abord que le commissaire soit nommé par le Premier ministre, et ce, après consultation avec l?opposition. Il devra être soutenu par une équipe compétente, comprenant des experts-comptables, des économistes, ou encore des juristes.

À mon avis, il faut que le commissaire soit épaulé par cinq assesseurs. Ce bureau devrait bénéficier de tout le soutien du gouvernement et garantir son indépendance, comme les autres institutions qui sont autonomes, tels le DPP, le judiciaire, le commissaire de police et l?Icac. C?est alors qu?un climat de confiance sera instauré et qu?on pourra mettre un terme aux abus qui ont prévalu jusqu?ici dans ce secteur.

Vous n?êtes donc pas encore tout à fait satisfait?

Je serai satisfait quand tout sera achevé et que cette commission commencera son travail. Je l?ai redit hier : je remercie le Premier ministre, mais je ne l?ai pas encore félicité. J?attends de voir comment vont évoluer les choses. Je m?empresse de vous dire qu?une fois mon action terminée sur ce chapitre, je compte m?attaquer à un autre dossier, qui à aussi causé beaucoup de soucis à nombre de familles : celui de la prescription, plus particulièrement sur les terres appartenant aux pauvres. Chaque chose en son temps.

■ Propos recueillis par E.C.

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