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« La naltrexone bloque toute envie de boire ou de se droguer »
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« La naltrexone bloque toute envie de boire ou de se droguer »
Six personnes ont été désignées pour recevoir l?implant naltrexone en Australie. En quoi consiste ce traitement ?
La naltrexone est un antagoniste qui agit sur le côté émotionnel du cerveau, celui-là même qui est à la recherche de l?opiacé. Elle annihile ce désir intense d?alcool et de drogue, elle vous empêche d?être en manque. Cela permet ainsi d?induire un sevrage total et rapide et de prévenir en partie et, par la suite, la survenue d?une rechute grâce au blocage total de ces récepteurs.
La naltrexone existe en forme de cachets depuis les années 1970. Mais elle bloque les récepteurs de l?opiacé pendant deux ou trois jours seulement, et parfois les patients font exprès d?oublier de prendre leurs cachets pour pouvoir se remettre à se droguer ou à boire. Quant à l?implant naltrexone, il a été mis sur pied il y a sept ans et devrait obtenir son brevet dans 12 à 18 mois. Le principe est le même que le cachet sauf que dans le cadre de l?implant, la naltrexone va se dissoudre progressivement dans le corps pendant six à dix semaines. Son effet sera donc prolongé.
Concrètement, comment se passe l?introduction de cet implant ?
Le médecin vous fait, sous anesthésie locale, une incision de 1,5 cm en dessous de l?abdomen et implante 3,5 grammes de naltrexone à 1 cm sous la peau. Petit à petit la substance se dissout à un rythme calculé. Cette intervention dure 15 à 20 minutes.
Le patient est gardé en observation pendant un moment et il peut rentrer chez lui après trois heures. Pendant sept mois, il ne devrait plus ressentir le yen, comme on dit. Il n?aura pas envie de boire ou de se droguer. Et s?il devait prendre une substance, cela n?aura aucun effet sur lui.
Quelles sont les chances de réussite de ce traitement ?
Il a été testé sur plus de 5 000 patients en Australie, en Suède, en Italie, en Amérique, en Angleterre, à Singapour, etc. et les résultats sont concluants. Il n?y a pas eu de problèmes majeurs qui ont surgi. Les résultats montrent que, dans 100 % des cas, les personnes arrêtent leur consommation de l?opiacé pendant les six premières semaines après l?implant. Elles arrivent à tenir pendant trois mois dans 79 % des cas. Le sevrage va même jusqu?à sept mois dans beaucoup de cas, tout dépend du degré de dépendance de la personne. Il faut aussi dire que la naltrexone est une partie du traitement, il faut encore qu?il y ait un suivi psychosocial, des thérapies familiales, etc. pendant le sevrage pour amener le patient à arrêter sa consommation de substances pour de bon, à ne pas rechuter et surtout à se réinsérer dans la vie sociale normale. Cette partie sera assurée par le Centre d?accueil de Terre-Rouge et APPEL.
Quels sont les risques et les effets secondaires de ce traitement ?
Pour tout traitement, il y a toujours un risque. Lorsqu?un corps étranger est introduit en vous, cela peut causer un désagrément comme des vomissements. Il y a eu des infections et des inflammations dans 1 % des cas, mais ce n?était pas dû à la naltrexone directement. Cela peut être traité par un médecin et n?est que temporaire.
Six personnes auront droit à ce traitement. Qu?en est-il des autres ?
Pour le moment, nous en sommes au stade de projet pilote. On travaille avec le gouvernement mauricien pour que l?on applique ce traitement ici afin qu?au-delà de ces six personnes, les autres alcooliques et toxicomanes puissent avoir recours à la naltrexone gratuitement. Selon les chiffres, il y aurait 75 000 alcooliques et 25 000 drogués à Maurice. Précisons que ces premiers patients sont des volontaires qui vont payer leurs frais de déplacement.
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