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Bush, l?Irak et le syndrome Vietnamien
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Bush, l?Irak et le syndrome Vietnamien
Il y a des comparaisons évidentes qui ne sont pas pour autant pertinentes. Il en va ainsi de l?actuelle guerre en Irak et de la guerre du Vietnam qui a dominé la politique américaine pendant une décennie, à cheval sur les années 1960-1970. Pourtant certaines analogies sont frappantes.
Voilà plus de trente ans, comme aujourd?hui, les commentateurs parlaient d?enlisement, de bourbier duquel les Etats-Unis n?arrivaient pas à sortir.
Le dilemme des présidents, le démocrate Lyndon Johnson, qui héritait d?un engagement commencé sous son prédécesseur John Kennedy, puis le républicain Richard Nixon, était le même : ils ne pouvaient rester dans la péninsule indochinoise sans risquer d?augmenter l?impopularité d?une guerre de plus en plus coûteuse en vies humaines, et ils ne pouvaient retirer les troupes sans concéder une défaite humiliante pour les Etats-Unis.
Et sans abandonner à la vengeance des vainqueurs les Vietnamiens qui leur avaient fait confiance. Ce n?était peut-être pas le premier de leurs soucis, mais le même genre de considération est évoqué à Washington à propos du sort des Irakiens qui ont cru aux promesses de George W. Bush.
Crise de conscience
Il n?est pas jusqu?à l?augmentation ? ?temporaire? ? du contingent américain en Irak, que le président pourrait annoncer cette semaine, qui ne rappelle de fâcheux souvenirs. Pendant des années, la Maison-Blanche a envoyé des troupes supplémentaires au Vietnam (au total plus d?un demi-million de soldats), puis est intervenue dans les pays limitrophes, pour donner le coup de pouce nécessaire à la victoire. C?était toujours le ?dernier effort?, celui dont on pensait qu?il allait être décisif avant de s?apercevoir qu?il n?avait rien changé.
L?argumentation qui sous-tend l?engagement ?jusqu?à la victoire? est identique. Dans le Herald Tribune du 4 janvier, Brent Scowcroft, pourtant un ?réaliste? de l?école Kissinger-Baker, écrit : ?Ce qui est en jeu n?est pas seulement l?Irak et la stabilité du Moyen-Orient, mais la réputation globale des Etats-Unis comme partenaires dans un monde profondément troublé. Nous ne pouvons nous permettre de rater ce test.? Remplacez Irak par Vietnam, Moyen-Orient par Asie et monde troublé par affrontement avec le communisme, et vous avez un discours des années 1970.
Toutefois ? et c?est là la différence fondamentale ?, le climat intérieur aux Etats-Unis n?est en rien comparable avec l?opposition globale à la guerre qui embrasait à l?époque les villes américaines. Les Américains sont en majorité contre l?engagement en Irak, mais ils ne descendent pas dans les rues pour le manifester. Le fait qu?après le Vietnam la conscription ait été supprimée au profit d?une armée de métier n?y est pas étranger.
Au Congrès, les Américains viennent de donner le pouvoir aux démocrates, qui ont pris, tardivement pour certains, position contre la guerre. Mais une majorité, y compris chez les démocrates, croit toujours à la ?destinée manifeste? des Etats-Unis, qui consiste aussi à promouvoir la démocratie dans le monde. L?Irak n?a pas provoqué une crise de conscience comme celle qui caractérisait la génération Vietnam.
Les opposants à l?aventure irakienne ne remettent en question ni les valeurs dont les Etats-Unis se veulent porteurs ni la prétention des Etats-Unis à les défendre.
Peut-être est-ce aussi parce que les vétérans du Vietnam livrent leur dernière bataille, qu?ils aient fait la guerre comme John McCain, qu?ils se soient planqués comme George Bush, ou qu?ils s?y soient opposés comme Hillary Clinton - après avoir commencé en politique comme groupie du très conservateur Barry Goldwater ! La génération suivante, celle des Barack Obama, n?est d?aucune façon marquée par le syndrome vietnamien et peut regarder le monde sans le poids de la défaite.
L?OKLAHOMA EFFECTUE LA PREMIERE EXECUTION DE 2007 AUX USA
■ L?Oklahoma a exécuté mardi par injection létale un homme de 38 ans condamné à mort pour le meurtre en 1992 de quatre employés d?un restaurant, la première exécution menée aux Etats-Unis en 2007.
En tout, 30 exécutions sont programmées aux Etats-Unis cette année, selon le Centre d?information sur la peine de mort de Washington. Hamilton était également la première personne exécutée dans ce pays depuis que la Californie et la Floride ont décrété le mois dernier des moratoires sur les injections létales, après plusieurs exécutions où les condamnés ont paru souffrir et ont mis du temps à mourir. "C?est perturbant que l?Oklahoma ait décidé de réaliser cette exécution sans revoir son protocole. Je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas faire comme la Floride et la Californie", a déclaré Sarah Tofte, chercheuse chez Human Rights Watch. Des experts estiment que le soutien de plus en plus faible de l?opinion publique à la peine de mort aux Etats-Unis explique en partie pourquoi le nombre de condamnations à mort est tombé à un plus bas de 30 ans l?an dernier, et pourquoi le nombre d?exécutions a atteint la même année son niveau le plus bas depuis dix ans. Le Centre d?information sur la peine de mort, qui est opposé à la peine capitale, a fait état de 53 exécutions en 2006, soit le chiffre le plus bas depuis 1996, où on en a comptabilisé 45. En tout, 114 condamnations à mort ont été prononcées en 2006, un plus bas depuis 30 ans, à comparer à quelque 300 par an dans les années 1990.
2006, L?ANNEE LA PLUS CHAUDE AUX ETATS-UNIS DEPUIS 112 ANS
■ L?année 2006 a été l?année la plus chaude aux Etats-Unis depuis le début des relevés de température, en 1895, annonce l?agence météorologique américaine (NOAA). La moyenne des températures aux Etats-Unis est supérieure de 2,2 degrés à la moyenne des températures enregistrées entre 1901 et 2000. Cette chaleur exceptionnelle en 2006 s?explique à la fois par le manque de pénétration des masses d?air froid polaire sur le territoire américain, et par l?effet d?El Nino. El Nino est un phénomène météorologique lié à un affaiblissement de l?anticyclone présent au milieu du Pacifique et qui se caractérise par un reflux important d?eaux chaudes sur le littoral ouest de l?Amérique latine, et notamment du Pérou. Il entraîne d?importants bouleversements des régimes climatiques en Amérique, et même au-delà. Mais les météorologues attribuent également cette exceptionnelle chaleur à la tendance mondiale de réchauffement climatique, conséquence du rejet de gaz à effet de serre par les activités humaines.
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