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Le village qui veut respirer?
Il est aux alentours de onze heures, une petite fille âgée de dix ans, serre très fort la main de sa maman sur un arrêt d?autobus à quelques mètres du marché du village Comme sa petite fille, la maman a eu très peur lorsque l?autobus d?un opérateur individuel est venu freiner brusquement sur l?arrêt d?autobus pour prendre les passagers qui vont à Baie-du-Cap. Au même endroit, une foule de gens, se bousculent pour avoir une place dans ce véhicule fumigène. Chemin-Grenier, loin de la capitale, n?est pas protégée de la pollution et du bruit infernal de son trafic routier. Et malgré tout, les immeubles poussent encore.
N?est-il pas temps que les autorités proposent un plan d?aménagement pour l?ensemble de cette zone, qui est appelée à devenir un lieu touristique avec la construction d?hôtels dans la région côtière du sud-ouest ?
Nous nous sommes rendus sur place pour interroger ceux qui vivent dans ce village qui veut s?émanciper.
?Chemin-Grenier est déjà un village enclavé avec la construction de grand bâtiments. Aucun aménagement n?est possible. Il faut décentraliser certaines activités?, explique un habitant, Ravin Jugmohansingh. Il jette un regard sur les chiens errants qui traînent dans le couloir de la boucherie, à l?intérieur du marché de cette localité.
L?anarchie
Naraya Rajana, chauffeur de taxi et Khemraj Boodhun, maraîcher, ont des points de vue différents sur l?anarchie qui y règne. ?Faute d?espace, les véhicules sont contraints de se garer n?importe où causant de grands embouteillages les samedis et les dimanches, jours de foire?.
Khemraj suggère aux autorités de faire évacuer tous les marchands sans distinction qui viennent s?installer pour vendre leurs produits. ?Pas capav continié toléré, sinon vilaz la pou vinn plis pire qui dans Port-Louis?, avertit-il.
Philppe Eole n?est pas tendre envers les conducteurs qui roulent à tombeau ouvert dans ce village, surtout pendant et après les heures de classe. « Ils ne respectent rien. Les nombreux accidents de la route, ce n?est pas leur problème ».
Outre les problèmes d?embouteillage et de trafic en général, les habitants de Chemin-Grenier sont exaspérés p : trop de chiens errants ?Quand camion lichien vini, zot sauvé. Couma dire zot gagne news?, dit Khemraj. Au chapitre des loisirs, pas de quoi se réjouir non plus: les jeunes se plaignent d?être privés d?activités sportives faute d?initiatives de la part des conseillers qui, disent-ils, n?ont pas de nouvelles idées pour encourager les jeunes à sortir pour pratiquer leur sport favori. ?Bisin encourage dimoune faire sport, pas nek reste lacaz pou zoué carrom?, propose Henrico, un jeune étudiant, en balade à vélo.
Ramesh Basenoo, président du conseil des districts de Grand-Port- Savanne dit avoir déjà eu des discussions avec la Road Development Authority (RDA) pour décongestionner le village de Chemin-Grenier qui, il le reconnaît, est devenu au fil des jours un véritable casse-tête pour les élus. Il faut impérativement imposer une vision globale pour son réaménagement. ?Nous devons faire provision pour rénover complètement le marché de manière à ce que les marchands opèrent dans les meilleures conditions. Ayant réduit de moitié les coûts des opérations au marché, nous devrions pouvoir le faire?, promet-t-il.
Pour que les ordures ne soient pas jetées n?importe où, le président lance un appel aux propriétaires des magasins et à tous les commerçants pour qu?ils utilisent des boîtes en carton pour leurs ordures.
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