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?Il faut encourager la participation des salariés aux bénéfices?
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?Il faut encourager la participation des salariés aux bénéfices?
● Le cadre des relations patronat-syndicats est à la veille de grands changements avec l?introduction des nouvelles lois sur le travail. Qu?attendez-vous de ces développements ?
L?Industrial Relations Act (IRA) sera remplacé par une nouvelle loi dans le cadre de cette réforme. L?IRA a été à l?origine de plusieurs controverses depuis sa création en 1973. Nous espérons que la nouvelle loi tienne compte des conventions fondamentales du Bureau international du travail (BIT).
Le BIT a attiré l?attention à plusieurs reprises sur le fait que cette loi ne respecte pas certains de ses principes fondamentaux.
Nous souhaitons aussi que le gouvernement profite de la nouvelle loi pour consolider les institutions de règlement des litiges tels l?Industrial Relations Commission et le Tribunal d?arbitrage permanent. Il faut que ces institutions puissent trancher dans les litiges de manière efficace, indépendante et dans un délai raisonnable. La question de grève ne se posera pas si l?on peut trouver des solutions rapides et transparentes aux conflits entre patronat et syndicats.
Nous espérons aussi que les entorses commises par les employeurs aux lois du travail seront punies plus sévèrement, de manière à décourager les abus.
Il faut également que la nouvelle loi fasse provision pour le droit de grève. Les procédures sous l?IRA rendent pratiquement impossible le recours à la grève qui est une arme de dernier recours pour régler les litiges.
Nous souhaitons avoir suffisamment de temps pour étudier le texte de loi avant que le gouvernement ne le présente à l?Assemblée nationale.
● L?objectif principal des changements est de favoriser l?investissement. Avez-vous des appréhensions à ce sujet ?
Labour Watch est tout à fait conscient des enjeux de la mondialisation et de la nécessité d?attirer les investisseurs. Le gouvernement doit pouvoir réconcilier les impératifs du développement et les intérêts des travailleurs. La création d?emplois est certes très importante, mais il ne faudra pas que cela se fasse au détriment des travailleurs. La nouvelle loi doit surtout viser la paix industrielle.
Les syndicats devront s?éveiller aux nouvelles réalités et s?adapter au nouveau cadre légal. Il y aura dorénavant un plus grand accent sur les négociations sectorielles. Il faut que les cadres syndicaux soient équipés et formés pour répondre à ces besoins.
● Le mouvement syndical mauricien est-il suffisamment fort pour faire face à ces nouvelles réalités ?
Le mouvement syndical à Maurice est marqué par la désunion. Le monde du travail compte une douzaine de fédérations syndicales et plus de 300 syndicats, dont 150 regroupent moins de 50 membres. Le secteur de l?éducation compte à lui seul plus d?une cinquantaine de syndicats.
Les ressources sont dispersées. Cela ne permet pas aux organisations d?investir adéquatement dans la formation et dans l?emploi des cadres comme des avocats et des économistes pour mener à bien leur tâche.
● Partagez-vous l?idée qu?il faut tenir compte du facteur productivité et d?autres indicateurs de rendement dans la détermination de la compensation salariale ?
Le gouvernement a l?intention de créer un National Wages Council pour traiter les questions liées à la compensation salariale et à la révision des salaires. Mais il ne faudrait pas que la compensation salariale tienne compte de la productivité.
La productivité est certes un critère important dans la révision des salaires. Mais la compensation salariale doit avant tout viser à rattraper la perte du pouvoir d?achat des salariés à cause de l?inflation. Les entreprises doivent faire provision pour le paiement de la compensation dans leur budget.
Cela dit, les employés devront faire des efforts supplémentaires en termes de productivité s?ils veulent bénéficier des augmentations de salaires. C?est aussi le rôle des syndicats de promouvoir de nouvelles approches pour encourager leurs adhérents à être plus productifs au travail.
Il faut encourager la participation des salariés aux bénéfices. Cela renforce leur sens d?appartenance. Ils sont plus motivés et sont disposés à donner le meilleur d?eux-mêmes s?ils ont droit à une part des profits réalisés par la société. Ils feront preuve d?une meilleure attitude au travail et deviendront plus productifs.
● Les réformes aux relations patronat-syndicat toucheront également les remuneration orders, que les patrons jugent trop rigides?
Dans le cas des salaires, il faut que le gouvernement assure un minimum selon le concept du travail décent. Au niveau des conditions d?emploi, tout changement dans la description des activités de l?employé devra être fait dans la transparence et dans la consultation.
Mais il ne faut pas donner l?impression que les salariés doivent faire tous les sacrifices. L?économie montre des signes de reprise. Il est important que l?employé profite lui aussi de la croissance.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
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