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La diaspora indienne : Entre racines et argent
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La diaspora indienne : Entre racines et argent
La rencontre entre l?Inde et sa diaspora s?est clôturée sur le concept de ?New India?. A Maurice, ceux qui s?y rendent témoignent de cette fascination pour un pays qui offre des opportunités multiples.
La dernière édition de la Pravasi Bharatiya Divas a définitivement consacré le principe de l?Inde nouvelle. La Grande péninsule est effectivement en pleine métamorphose. La dernière conférence et ses multiples ateliers de travail ont permis aux autorités indiennes de rappeler le nouveau rôle que l?Inde entend jouer dans le monde globalisé. Une Inde qui veut aujourd?hui raffermir son réseau d?appartenance avant de proposer des plate-formes intéressantes à sa diaspora pour qu?elle puisse investir dans le pays d?origine.
Pays aux grandeurs insoupçonnées qui ne cesse de se moderniser, l?Inde est devenue, au fil des décennies, un voyage à la fois touristique et initiatique. Cette époque où les mendiants, dont des enfants, s?agrippaient aux touristes est presque révolue. Cette époque où l?Inde donnait avant tout à voir sa pauvreté extrême commence graduellement à s?effacer. De Mumbai à Delhi, en passant par d?autres villes, le processus de modernisation est en cours. Le béton grimpe vers le ciel. Les artères principales s?agrandissent avec une disparition graduelle des ?rickshaw? et du phénomène de mendicité. L?Inde veut désormais jouer dans la cour des grands. Et elle s?en donne les moyens.
Pour les Mauriciens qui s?y rendent régulièrement, l?Inde n?est plus, confirment-ils, une destination où on pouvait se sentir comme des privilégiés. Si, au départ, il s?agissait de retrouver ses racines, d?effectuer des pèlerinages et de visiter des sites et monuments historiques, aujourd?hui, et cela depuis quelque temps déjà, l?Inde est une possibilité pour faire de petites et grandes affaires, notamment dans le commerce de revente des vêtements, des bijoux et autres accessoires.
?Une fois qu?on s?y rend, l?envie d?y retourner ne vous quitte plus?, raconte Premila Bastobchan, 57 ans et femme au foyer habitant St-Pierre. Depuis son premier voyage en Inde en 1997, elle en a fait une obsession. De cette date à ce jour, elle a effectué une moyenne de deux à trois voyages par an dans la Grande péninsule. ?Je me sens chez moi là-bas. On se sent irrésistiblement attiré par quelque chose?, confie-t-elle. Comme Premila Bastobchan, ils sont nombreux les Mauriciens qui ont adopté l?Inde comme une seconde alma mater.
Retour aux sources
C?est le cas notamment de Yogeshwar Bachasingh. Celui-ci a toujours été attiré par cette Inde où ont vécu ses ancêtres. Son grand-père arrive à Maurice en 1901. En 1925, ce dernier fait un ultime voyage en Inde avant de mourir en 1943. De 1925 à 2000, la famille Bachasingh rompt tout lien avec l?Inde. ?Il nous fallait nous concentrer sur notre situation à Maurice, sur nos difficultés financières et les études?, explique Yogeshwar Bachasingh, 49 ans, senior field officer au Sugar Insurance Fund Board et habitant Camp-Thorel.
Une fois que la situation financière de la famille s?est stabilisée, Yogeshwar Bachasingh trouve enfin le temps de s?intéresser à nouveau à l?Inde. Le besoin de retrouver ses racines se fait distinctement sentir. Il entreprend des recherches au Mahatma Gandhi Institute. Il retrouve des noms et surtout la région d?où ses grands-parents sont originaires, le village de Gorakhpur en Uttar Pradesh. Fort de ces renseignements, il fait la tournée des usines où travaillent des ouvriers indiens dans l?espoir de rencontrer quelqu?un qui pourrait lui fournir de nouveaux éléments. On le conseille ainsi d?entrer en contact avec un travailleur social de Gorakhpur.
Ce dernier va se révéler d?un soutien inestimable. Après avoir reçu les informations dont dispose Yogeshwar Bachasingh, il arrive à se mettre en contact avec des membres de la famille du Mauricien vivant à Gorakhpur. Dès lors, l?aventure peut commencer pour notre compatriote. En 2000, accompagné de sa femme et de ses deux enfants, Yogeshwar Bachasingh se rend en Inde. Il rendra visite à quasiment tous ses parents de Gorakhpur. En 2003, nouvelle visite dans le village indien. Les contacts deviennent réguliers. Et graduellement, la relation se développera différemment.
Janesha, 30 ans et employée d?une entreprise de la capitale, avait pris l?habitude de se procurer en vêtements et autres objets décoratifs indiens auprès d?une femme qu?elle connaissait. Cela durait depuis quelque temps jusqu?au jour où elle se dit qu?elle pourrait se livrer au même commerce.
L?impératif commercial
C?est ainsi qu?elle décide à la fin de l?année dernière de se rendre en Inde. Mieux, elle se dit qu?elle pourrait aussi se livrer au même business que son ami. Avec Rs 50 000 en poche, elle atterrit à Mumbai. Elle fait ses achats et remplit ses valises avec d?autres accessoires qu?elle compte revendre à Maurice.
Une fois rentrée, elle prend deux semaines pour écouler ses ?marchandises?. Finalement, elle se retrouve avec un surplus de Rs 20 000, incluant les dépenses qu?elle a encourues pour le billet d?avion et autres à Mumbai. ?Même si les prix ont grimpé à Mumbai, on peut toujours rentrer dans ses frais et faire un petit profit. Je compte d?ailleurs prochainement me rendre à Delhi où on me dit que les prix sont plus abordables?, raconte Janesha.
Parce qu?elle était tombée amoureuse de l?Inde, Premila Bastobchan s?est demandé après sa première visite comment s?y prendre pour pouvoir s?y rendre souvent. La réponse, elle l?a eue auprès de ses nièces. Depuis, chaque année, elle attend les périodes de fête à Maurice et effectue sa rituelle visite. Pour ne pas être déficitaire, elle achète de nombreux articles qu?elle va écouler rapidement à Maurice. ?Faire du business n?est qu?un prétexte pour pouvoir se rendre en Inde et accomplir des pèlerinages, visiter des endroits et rencontrer des gens?, assure Premila Bastobchan.
Pour Yogeshwar Bachasingh, l?histoire avait commencé par une quête des origines. Aujourd?hui sa passion pour l?Inde se conjugue également avec l?impératif commercial. A la recherche de ses parents indiens, il a fini par rencontrer un cousin qui opère dans l?import-export à Mumbai. Celui-ci l?a entraîné dans un petit commerce. Désormais, il a lancé un ?petit magasin?. ?C?est un travail à temps partiel. L?important pour moi a été de pouvoir aider d?autres Mauriciens à se mettre en contact avec des parents en Inde. Pour ma part, je suis heureux d?avoir obtenu ma carte PIO (Personnes d?origine indienne). Cela va me permettre de renforcer ma relation avec l?Inde?, explique Yogeshwar Bachasingh.
Ce sont des histoires d?hommes et de femmes qui, pour diverses raisons, se sont rendus en Inde. Ils ont tous fini par tomber amoureux de ce pays. La dernière édition de la Pravasi Bharatiya Divas est une autre étape dans cette passion qui lie la diapora indienne à la mère-patrie. Une histoire sans fin. Une histoire qui ne fait que commencer. Car l?Inde, la nouvelle, elle, n?a fait que commencer son aventure?
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