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2007 : la croissance se remet en forme
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2007 : la croissance se remet en forme
L?activité se revigore. Le Bureau central des statistiques (BCS) chiffre à 5,5 % ses premières prévisions de croissance pour la nouvelle année. 2007 devrait marquer, selon un scénario optimiste, le début d?une reprise forte et durable. Les nouvelles industries tels le seafood, le business process outsourcing (BPO) et l?integrated resort schemes (IRS) sont mises à l?épreuve.
Plusieurs industries vont bénéficier d?une activité revigorée grâce aux nouveaux investissements et à un retour de confiance dans les affaires. La hausse de l?investissement en 2006 devrait se traduire par une croissance améliorée. Les investissements privés ont enregistré une progression de 10,8 % l?année dernière contre un déclin de 1 % en 2005. Les IRS, l?hôtellerie et la production énergétique sont les principaux bénéficiaires des ressources mobilisées.
Le taux d?investissement (c?est-à-dire le montant investi par les entreprises et par le secteur public par rapport au produit intérieur brut) est de 23,9 % en 2006 contre 21,3 % l?année précédente.
Le taux d?investissement est encore faible pour générer une croissance robuste et durable et qui soit susceptible de résorber le chômage en grand nombre. Avec la pression sur les finances de l?Etat, il incombe essentiellement au privé de financer la croissance. Un des défis majeurs de la transition économique est justement de créer les conditions propices pour stimuler l?investissement.
L?économie s?est engagée depuis quelques années dans une restructuration visant à réorienter les secteurs en difficulté, à savoir le sucre et le textile-habillement, à consolider ceux qui se portent bien comme le tourisme et les services financiers, et à développer de nouveaux pôles d?activité comme le BPO, le seafood hub et les IRS.
Le sucre et le textile-habillement ont subi de plein fouet l la libéralisation du commerce international. Le déclin du business dans ces deux secteurs avec la fin des protections commerciales a eu des répercussions néfastes sur l?emploi, la croissance et la balance extérieure.
L?industrie sucrière est amenée à revoir sa vocation de fond en comble pour pouvoir s?ajuster à la baisse des prix décrétée par l?Union européenne (5 % en 2007, 17 % en 2008 et 36 % en 2009). La feuille de route des réformes est prescrite dans un plan, la Multi Annual Adaptation Strategy, plan conçu par l?État. Ce plan porte sur la centralisation des usines, la retraite volontaire, la production énergétique, le développement de produits de la canne à haute valeur ajoutée, le regroupement des planteurs, et la production d?éthanol.
Les commandes sont là
?Il faut que ce plan soit appliqué dans son intégralité et non de manière discontinue surtout que le temps fait défaut. Il faut aussi une refonte de la législation du travail dans le secteur sucrier afin qu?il soit sur un pied d?égalité avec d?autres secteurs de l?économie?, affirme Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers? Association.
Si le sucre continue toujours à chercher ses marques en 2007, le textile-habillement retrouve graduellement ses nouveaux repères toutefois. La zone franche poursuit sa remise en forme avec une progression prévue de 2,5 % à la faveur de la réhabilitation et de la réorientation de l?habillement.
Les fabricants s?orientent vers le moyen et haut de gamme pour éviter une confrontation avec les producteurs à bas coûts de la Chine, du sous-continent indien et de l?Asie du Sud-Est notamment. ?Notre force c?est la qualité de nos produits et nos délais de livraison. Nous opérons aujourd?hui dans l?industrie de la mode. Les délais de livraison se rapetissent?, souligne Ali Parkar, patron du Star Knitwear Group.
La confiance est de mise. ?Les carnets de commande de la plupart des entreprises sont remplis. Il n?y a plus de saison basse dans l?industrie?, dit-il.
Le seafood prend de son côté graduellement sa place dans la zone franche manufacturière. Des investissements de l?ordre de Rs 3,5 milliards sont prévus dans ce secteur d?ici 2009. Les exportations de poissons et de produits à base de poisson vont rapporter autour de Rs 10 milliards en 2008, selon les prévisions.
Mais de nombreux défis se profilent à l?horizon. ?Le coût élevé de la production reste le problème principal. Si nous voulons jouer dans la cour des grands, il nous faudra pouvoir opérer à des coûts compétitifs et fabriquer des produits à haute valeur ajoutée. Nous devons démontrer à nos partenaires étrangers que nous pouvons intégrer la chaîne de valeurs à l?échelle globale?, explique Joël Bruneau, directeur de Thon des Mascareignes, un des plus gros opérateurs sur la place.
Un coût compétitif dans le service maritime vers l?Europe et une bonne gestion des stocks de thon dans nos eaux sont des conditions essentielles au développement de l?industrie. Mais le secteur fait face à une pénurie de main-d??uvre. ?Il y a un manque d?intérêt de la part des Mauriciens pour cette activité. Nous ne trouvons pas suffisamment de gens pour travailler?, se plaint Joël Bruneau.
Le tourisme sera un des principaux contributeurs à la création de la richesse. Selon le BCS, l?hôtellerie et la restauration vont générer une croissance de 7,3 % sur l?année sur la base des arrivées prévues.
L?augmentation de la capacité aérienne vers la destination sera un élément déterminant dans la performance de l?industrie. Corsairfly, Eurofly, British Airways Comair et bientôt Virgin, les nouveaux vols se multiplient. Mais les chambres d?hôtel ne suivent plus le train. Une situation qui pourrait freiner la croissance.
?Les facteurs limitatifs à la croissance du secteur touristique sont le manque de sièges à certaines périodes et le manque de chambres à d?autres périodes?, constate Patrice Legris, directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim). Opérateurs touristiques et gouvernement devront donc conjuguer leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés c?est-à-dire une croissance à deux chiffres des arrivées sur l?année et surtout 2 millions de visiteurs d?ici 2015.
Recrutements agressifs
Selon l?Ahrim, il faudra continuer à positionner Maurice comme une destination de qualité. Pour Patrice Legris, le secteur touristique reste cependant ?fragile?. Il faut donc donner un ?coup de neuf? au secteur afin de contrer les nouvelles tendances du marché. Mais le tourisme reste aussi vulnérable aux problèmes liés à la sécurité, la santé publique, les infrastructures? La construction profitera des chantiers de nouveaux hôtels et des projets de IRS pour continuer sur sa lancée. Après une progression de 5 % en 2005, le secteur du bâtiment s?attend à une hausse de 6 % dans les affaires cette année-ci.
Les services auront une belle carte à jouer dans le nouveau modèle de croissance. Les services financiers se maintiennent donc sur une trajectoire ascendante. Selon les prévisions, le secteur financier enregistra une croissance de 7 %. Le principal pôle d?animation de ce secteur sera les activités bancaires offshore auxquelles le BCS impute une croissance de 10 %. Mais des incertitudes pourraient ralentir le business. ?Les incertitudes autour du traité de non double imposition avec l?Inde qui est le principal attrait de l?industrie demeurent une très grosse menace?, s?inquiète Couldip Lala, directeur d?International Financial Services.
Les recrutements agressifs des sociétés de BPO reflètent la bonne lancée de cette activité. Les effectifs des centres d?appels et d?autres services de sous-traitance vont se chiffrer à 6 000 d?ici juin. ?Les indicateurs de croissance sont au beau fixe. Toutefois, les entreprises de BPO continuent à faire face au manque de main-d??uvre non formée et les coûts élevés des télécommunications. Les tarifs ont certes commencé à baisser. La tendance devrait continuer en 2007?, indique Jean Suzanne, le président d?Infinity BPO. L?accès au réseau Eastern Africa Submarine System va ouvrir de nouvelles opportunités dans les technologies de l?information et des communications.
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