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Questions à Indira Seebun, ministre de la Femme

9 janvier 2007, 00:00

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● Y a-t-il eu abus sexuels entre internes à l?abri d?Albion ?

Il n?y a pas eu d?abus sexuels mais des attouchements en janvier. Dès que la responsable a été avertie, elle m?en a informée. J?ai immédiatement référé l?affaire à la police. Les auteurs présumés sont une étrangère de 26 ans, mariée à un Mauricien et mère de deux enfants, et une jeune fille de 15 ans.

● Que fait cette étrangère dans un abri pour enfants ?

Nous avons accepté de l?héberger car elle serait victime de violence conjugale. L?hébergement pour ce type de cas à l?abri d?Albion est temporaire. Nous tolérons cette étrangère depuis plus d?un an à cause de son enfant. Elle nous créait des problèmes depuis longtemps. Depuis qu?il y a eu une déposition, elle a été arrêtée et son enfant est resté à l?abri. L?adolescente a, elle, été envoyée au Rehabilitation Youth Centre. Elle y a emmené son bébé de cinq mois.

● Cette affaire remet en question la gestion de l?abri d?Albion et la sécurité des internes...

C?est la première fois que nous avons un tel problème à l?abri d?Albion. Depuis que le contrat de gestion de l?abri par l?organisation non-gouvernementale Shalom a expiré, nous avons voulu avoir d?autres repreneurs. Après un deuxième exercice d?appel d?offres, les propositions des soumissionnaires sont actuellement étudiées par le Central Tender Board. En attendant, le contrat avec Shalom est renouvelé mensuellement.

Nos internes étant à l?étroit à l?abri d?Albion, nous avons décidé de transférer nos opérations dans un bâtiment neuf à Pointe-aux-Sables. Nous y renforçons la sécurité et une fois l?exercice complété, nous déménagerons.

● N?est-ce pas ouvrir la porte à des dérapages que de mélanger des victimes de violence conjugale à des enfants maltraités ?

Ce n?est pas une pratique courante. Nous avons accepté d?héberger ces femmes, qui sont au nombre de cinq à six, car nous ne voulions pas les séparer de leurs enfants. Cette affaire d?attouchements est un cas isolé. Nous avons pris toutes les dispositions qu?il faut pour qu?il n?y ait pas de récidive.

● Quel soutien accordez-vous aux victimes d?attouchements ?

La psychologue du ministère se rend à l?abri deux fois par semaine. Elle s?y rendra plus souvent et accordera une attention plus soutenue aux victimes.

● Entre janvier et octobre 2006, la Child Development Unit a enregistré 3 342 plaintes d?enfants victimes de violence. Un plan structuré ne devrait-il pas être appliqué au lieu d?une gestion au cas par cas ?

Pas du tout. La violence explose partout dans le monde. Maurice n?y fait pas exception. Il s?agit d?un manque de responsabilité parentale, d?égoïsme forcené des adultes et de querelles familiales. A l?issue d?une réunion avec l?Ombudsperson hier, nous avons décidé d?élargir notre action pour y inclure la responsabilité parentale. Le 16 janvier, j?animerai une réunion avec toutes les ONG ?uvrant avec les enfants pour leur demander de mettre l?accent sur la responsabilité parentale et de faire du service communautaire.

Le programme de mentors est au parquet. Une fois approuvé, il sera appliqué afin de mieux identifier les enfants à risque. Le problème d?effectifs de la CDU sera résolu avec le recrutement de 42 Family Welfare and Protection Officers. Nous travaillons avec la Mauritius Family Planning Association pour réduire les grossesses chez les adolescentes. Nous sensibilisons les hommes à notre programme Men as Partners. J?ai aussi l?intention de demander au ministère des Finances d?augmenter notre budget, tout comme j?ai proposé à l?Attorney General de rendre plus sévère la loi sur la négligence parentale.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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