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Hommage à ceux qui travaillent le soir du réveillon
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Hommage à ceux qui travaillent le soir du réveillon
HÔTELLERIE
<B>Les employés d?hôtel sur la brèche
Dans les chambres de l?hôtel La Plantation, à Pointe-aux-Piments, un document ne peut échapper à l?attention du touriste ou du Mauricien qui a décidé d?y passer les fêtes de fin d?année. ça ressemble à un calendrier, mais ce n?en est pas un. Il s?agit, au fait, du programme de fin d?année. Un programme étoffé, étalé sur toute la période du 20 décembre au 3 janvier, et ce, de 10 h 30 à 23 h 30.
C?est à peu près le même scénario dans les hôtels de l?île. Une préparation minutieuse tant au niveau de la gastronomie que du côté des divertissements et une bonne dose de créativité et d?imagination est nécessaire pour plaire à la clientèle en cette période festive.
Les employés des hôtels sont sur la brèche. Les congés sont annulés ou plutôt, il ne faut même pas y penser. La pression est énorme. Ceux qui sont affectés à la cuisine et au service de restauration ont très peu d?heures de sommeil.
Et cette nuit de ce 31 décembre empiétera sur l?emploi du temps du 1er janvier des employés de beaucoup d?établissements hôteliers. Et pour cause. À La Plantation, par exemple, le spectacle sur le thème du feu et de l?eau prévu à 22 h 30 sera suivi des feux d?artifice à minuit et les clients pourront se déhancher grâce à une discothèque en plein air. Et après toutes ces festivités, il sera déjà 2 heures du matin. Les employés auront un maximum de trois heures de repos. Puis, il va falloir se mettre à l?ouvrage pour préparer le petit-déjeuner des clients. Et ce n?est qu?au départ des touristes vers le 7 janvier que les employés d?hôtels pourront respirer.
Pour les David Benoît, animateur, et Raja Chinassamy, décorateur, l?adaptation aux exigences de la vie d?hôtel est acquise depuis de nombreuses années. « En acceptant de passer leurs vacances dans notre établissement, les clients savent que nous avons pris un engagement envers eux. Ils ont payé pour le séjour de décembre qui coûte généralement plus cher que celui des autres périodes de l?année. Parallèlement, la qualité des produits est rehaussée. Pour assurer ce service spécial, toutes les ressources ont été mobilisées », explique Chundradeo Gunness, directeur de restauration.
Derrière cette industrie du tourisme qui constitue l?un des piliers économiques d?avenir, il y a des hommes et des femmes qui suent pour qu?à son départ, le touriste ait une seule idée en tête : revenir?
TRANSPORT
<B>Chauffeur d?autobus :amener les fêtards à bon port</B>
Les yeux rivés sur la route, l?oreille attentive à chaque coup de sonnette, Anil Soobron, 53 ans, empruntera la route Port-Louis-St-Patrick une dizaine de fois la nuit du 31 décembre, pendant que la plupart des habitants de Maurice seront affairés à préparer le réveillon.
Ce chauffeur d?autobus de Rose-Hill Transport ne passera peut-être pas le cap du nouvel an avec sa famille, mais sera aux commandes de son véhicule sur la route. « Tout dépend de la circulation et du nombre de passagers ce jour-là », dit-il.
Car à 23 heures, Anil Soobron rentrera au garage du Rose-Hill Transport, avant d?enfourcher sa mobylette pour rentrer chez lui à Quatre-Bornes, accompagné des pétarades isolées précédant le passage à 2007. Même si le planning de la compagnie de transport l?a décidé ainsi, Anil accueille néanmoins bien le fait de devoir travailler le jour où d?autres ont la tête dans les festivités.
Comptant environ 25 ans de service à Rose-Hill Transport, Anil est marié depuis plus de 30 ans. Père de deux filles, l?une travaillant comme médecin à l?hôpital Candos et l?autre dans le département des finances à Caltex, il avoue que sa famille est habituée au fait qu?il rentre tard. « J?ai déjà travaillé pour le nouvel an auparavant. Je ne sais même plus combien de fois. Mais ce travail m?apporte aussi une satisfaction personnelle », ajoute-t-il.
Même si le métier de chauffeur paraît assez tranquille, il comporte aussi des risques, surtout sur les lignes de nuit. Car à ces heures, les personnes qui voyagent per le bus ont souvent la mine patibulaire. Mais Anil affirme être habitué à ce genre de situation. « Je n?ai pas de mauvais souvenirs, mais il y a des fois où les passagers se comportent de façon incorrecte. Surtout le soir, vers les 22 heures, quand certains passagers montent dans le bus dans un état d?ébriété », concède-t-il.
Toutefois, il avoue que les insultes et les accrochages font partie de son quotidien. « Je m?y suis habitué. Il faut savoir s?adapter. Face à des reproches ou des commentaires du genre ?roule vite?etc., il faut savoir survivre. » Mais selon l?expérience d?Anil, la nuit du 31 décembre est plus calme que celle du 24.
« Quand on travaille le 31 décembre, la présence auprès de sa famille se fait certainement ressentir. Mais je travaille aussi pour gagner un petit bonus de fin d?année. Cela m?aidera certainement », dit-il. Toutefois, il a bien l?intention de rattraper le coup, car « le 1er janvier, je remplacerai sûrement le moment perdu ! »
TRANSPORT
<B>Contrôleurs aériens : la sécurité des passagers avant tout</B>
Lorsque Shermamodekhan Nooranee est au micro, même son directeur, Anand Gungah, n?a pas le droit d?élever la voix. Il est concentré. Le monde autour de lui n?existe pas. Ses yeux sont rivés en direction du nord-nord-d?est. Sa main droite se lève comme pour dire que la période de silence qu?il vient tout juste de réclamer, soit prolongée aussi longtemps qu?il le juge nécessaire. Ses échanges sont effectués au moyen de phrases courtes et codifiées.
Lorsque les pneus de l?avion de ligne touchent enfin la piste d?atterrissage, Shermamodekhan Nooranee pousse un ouf de soulagement et libère la salle où ses consignes ont imposé un silence absolu.
C?est cela le métier de contrôleur ou aiguilleur du ciel, comme on les appelle si souvent. Ils sont l?oreille, l??il et la voix du pilote. Ils le dirigent à bon aéroport par beau ou par mauvais temps. Leur mission est comparable à celle du gynécologue qui gère l?arrivée d?un enfant. Mais ici, il ne s?agit pas d?un seul enfant, mais de centaines, voire de millions, de vies humaines concentrées dans le ventre d?un engin.
« La moindre erreur de la part d?un aiguilleur et ce sont des centaines de vie que le contrôleur aérien met en péril. Il doit anticiper les événements. Ce qui nécessite une capacité de concentration élevée », souligne Bushan Servansingh, Division Head of Air Traffic Management.
« Si on a le moindre doute sur la capacité physique et mentale d?un contrôleur aérien, on ne prend pas de risque. La responsabilité qui pèse sur ses épaules est si grande que si jamais nous estimons que le contrôleur n?est pas en pleine possession de tous ses moyens, nous n?hésiterons pas à le remplacer, quitte à lui accorder quelques jours de repos pour récupérer », explique James Sanspeur, Airtraffic Control Supervisor. Par ailleurs, « toutes les instructions sont consignées dans un manuel et elles sont respectées à la lettre », soutient Anand Gungah, directeur de l?Aviation civile.
On distingue trois types de contrôleurs aériens. D?abord, les contrôleurs « en route » ou contrôleurs océaniques. Ils entrent en scène dès qu?un avion pénètre dans l?espace aérien de Maurice qui est d?une superficie de quelque neuf millions de kilomètres carrés et couvre de vastes étendues d?espace maritime. Ces personnes interviennent dès que l?appareil en partance de Maurice franchit le rayon de 150 milles nautiques.
Ensuite, il y a les contrôleurs d?approche. Leur intervention se situe dans un rayon de 150 milles nautiques de l?aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam. La responsabilité qui pèse sur leurs épaules est immense. Leur principale fonction consiste à s?assurer que la montée et la descente du trafic aérien se font en toute sécurité et en toute fluidité. Ce qui implique, entre autres, le choix du moment propice pour l?atterrissage d?un appareil en fonction du trafic au sol, la mise à la disposition des pilotes de tous les paramètres et les informations indispensables à un atterrissage en toute sécurité, l?altitude et la vitesse à respecter, et bien sûr, l?allocation d?une aire de stationnement. Les aiguilleurs sont en quelque sorte, le véritable ?il du pilote. La moindre erreur de leur part et c?est le drame. Leurs instructions doivent être précises, concises et sans ambiguïté.
Enfin, pour le roulage au sol et le départ, aussi bien que pour la dernière phase des arrivées à proximité de l?aéroport, l?appareil est pris en charge par une autre catégorie de contrôleurs, le contrôleur d?aérodrome.
Perchés dans leur tour, les contrôleurs sont soutenus par tout un arsenal de moyens technologiques à la tour même et à l?Air Traffic Centre situé à trois minutes en voiture du bureau de l?Aviation civile. Là-bas des agents travaillent d?arrache-pied pour leur fournir tous les renseignements dont ils ont besoin.
Au cours de l?année 2006, les contrôleurs du ciel ont géré quelque 20 000 vols qui ont permis à quelque 2,2 millions de passagers d?utiliser l?aéroport Sir Seewoosagur Ramgoolam. Ils ont également prêté leurs compétences aux pilotes de quelque 3 700 appareils qui ont survolé l?espace aérien mauricien sans atterrir à Plaisance. Pour eux, il n?y a pas de réveillon. Ce n?est plus un métier, c?est une vocation.
SÉCURITÉ
<B>Policiers : toujours fidèles au poste</B>
«Qui n?aurait pas aimé être présent à la maison pour marquer, avec sa famille, le passage d?une année à une autre. Je me suis librement joint à la force policière depuis une quinzaine d?années. Les contraintes du métier font partie de la profession. C?est avec joie que je me prépare à assumer mes responsabilités dans la soirée du 31 décembre au 1er janvier. »
Stoïque. Le caporal Kressoonduth Sentohul l?est. Depuis qu?il a quitté les casernes de la Special Mobile Force, il y a quinze ans, il a été affecté au sein de la Road Safety Unit, dirigée par l?infatigable chef inspecteur (CI), Ben Buntipilly.
Pour les membres de la force policière, la période des fêtes de fin d?année est, sans doute, la plus difficile. Tout le monde est mobilisé. Depuis le 15 décembre jusqu?au 4 janvier, aucun policier n?est autorisé à prendre ses congés annuels. Seuls les congés pour cause de maladie certifiés par un médecin sont permis et les congés de récupération. Et si une situation d?urgence se produit, il est possible que le policier en congé de récupération soit appelé à rejoindre le service.
C?est la période de festivité avec tout ce que cela entraîne comme possibilité de relâchement des comportements. Pendant que les Mauriciens vont célébrer le réveillon, les policiers seront en train d?assurer la sécurité du public. Et ce n?est pas pour autant que ce dernier lui est reconnaissant. « On a été entraîné à faire face à toutes les situations. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, mais il sera difficile de changer la mentalité des gens. Il faut faire avec. Il faut faire respecter la loi. »
Pour les agents chargés de la sécurité routière, la vigilance est de mise. La police ne veut prendre aucun risque. Elle ne veut tolérer aucun écart de comportement. Le chef inspecteur, Ben Buntipilly est catégorique : « Le plus gros danger sur nos routes, c?est l?irresponsabilité. »
Avis aux conducteurs trouvés coupables de conduite en état d?ébriété, en flagrant délit de violation de la limitation de la vitesse ou d?utilisation du téléphone au volant. Les agents de la sécurité routière disposent des moyens techniques pour traquer les contrevenants tels que les radars pour épingler ceux qui ne respectent pas la limitation de la vitesse, et les équipements pour effectuer les tests d?alcoolémie. « La sécurité de la nation est une charge importante. À l?arrivée, elle repose sur les épaules d?un seul homme, le commissaire de police, en l?occurrence, Ramanooj Gopalsingh. », déclare le chef inspecteur, Ben Buntipilly.
Une chose est sûre, la période des festivités ne sera pas de tout repos pour les agents de la force policière.
TÉLÉVISION
<B>Techniciens de la MBC : les travailleurs de l?ombre</B>
Quand on est devant le petit écran à apprécier des émissions préenregistrées ou à regarder un film, il n?est pas toujours possible d?imaginer toutes les activités qui se déroulent à l?intérieur de la régie qui est la dernière étape avant leur retransmission à la télévision.
Nous sommes le jeudi 28 décembre. La nuit commence tout juste à tomber. Une lumière sombre baigne la régie de la chaîne Une. Dev Ramkoomar, Senior Broadcast Operator, est tellement concentré sur son travail qu?il ne daigne même pas tourner la tête pour vérifier l?identité des personnes qui pénètrent dans son lieu de travail.
Devant lui, trois feuilles de papier reliées au moyen d?un trombone. Elles contiennent l?identité de tous les programmes et les messages publicitaires qui devront être diffusés sur la chaîne Une. Le technicien devra vérifier si les bandes magnétiques qui lui ont été confiées, correspondent à celles qui sont mentionnées sur le programme du jour. Il doit veiller à la qualité de l?image et du son pour le confort du téléspectateur.
<B>Le travail passe avant tout</B>
Avec les moyens techniques dont dispose la régie, il est possible de détecter les moindres petites failles de son et d?images que les vérifications initiales n?ont pu repérer.
Dev consulte un réveil électronique accroché au mur qui établit, à la seconde près, le temps. Les ondes électroniques rouges qui défilent dans un mouvement ininterrompu sur le cadran créent l?impression qu?il s?agit plus d?un radar que d?un réveil. Et ce n?est pas sans
raison. Une télévision, ça vit de la publicité. Le coût des messages publicitaires est calculé en termes de seconde ou de fraction de seconde dépendant de l?heure à laquelle ils sont diffusés. Il faut respecter la période de leur diffusion. « C?est le compte à rebours de Question pour un Champion. Je me prépare à balancer le prochain programme sur le petit écran. Même si toutes les vérifications techniques quant au contenu et à l?aspect technique de ces programmes ont déjà été effectuées, nous procédons à une dernière vérification pour nous assurer que le produit arrive dans le salon du téléspectateur dans les meilleures conditions et que les messages publicitaires sont diffusés selon les exigences du client. »
Le travail à la régie, c?est un travail d?équipe composé d?un Senior Broadcast Operator, de son assistant et d?un ingénieur. Ashok Kariman, d?un calme olympien, accorde une liberté totale à ses techniciens. Il assure une supervision assortie d?une souplesse remarquable. Avec une édition spéciale à l?occasion de la nouvelle année, la nuit sera longue dans les studios de la MBC. Mais là-bas, lorsqu?on est à son poste, le travail passe avant tout.
SANTÉ
<B>Infirmière de garde : égayer le nouvel an des malades</B>
Fêtes de fin d?année sont aussi, malheureusement, synonymes d?incidents. Blessures superficielles dues à un manque de précaution lors de maniement de feux d?artifice ou d?autres plus graves, avec pour cause l?alcool, alors que Maurice accueille le nouvel an, certaines personnes sont conduites aux services d?urgence. Et là, il y a un personnel qui accueille ces personnes, prêt à prendre en charge tout cas, malgré le fait que le pays tout entier oublie le train-train habituel lors du passage à la nouvelle année.
Marie-Anne Zialor, infirmière à la Clinique du Nord, sera parmi l?un des nombreux corps médicaux à travers l?île qui seront de garde ce soir. Comptant environ 18 ans de métier dans la clinique depuis l?ouverture de celle-ci, Marie-Anne sera en compagnie de quelque huit autres collègues à se tenir prêts à toute éventualité, tout en fêtant modestement l?arrivée de 2007.
Célibataire, Marie-Anne se dit « très fière » de son métier et heureuse d?être toujours présente pour les patients, surtout en cette période des fêtes. Et les fêtes au travail, elle avoue les avoir passées plus d?une dizaine de fois au cours de sa carrière. Car si la plupart des Mauriciens s?amuseront en famille le 31 décembre, il y a ceux qui sont dans les hôpitaux et cliniques. Et c?est au personnel médical que revient le rôle d?égayer leur soirée.
« Travailler à la clinique pour le nouvel an, c?est comme passer les fêtes avec une deuxième famille. Nous nous retrouvons entre nous, autour de quelque chose à manger », explique-t-elle. Mais point de boissons alcoolisées, on est dans un environnement professionnel, dont la nature est particulièrement sensible. « Même si ce n?est pas vraiment le tam-tam, on met une petite musique douce pour accompagner le tout. Et il ne faut pas oublier les malades à qui nous sommes attachés, surtout en cette période spéciale. »
Malgré la convivialité qu?essaie de créer le personnel, il y a tout de même ce regret de ne pas pouvoir passer du temps avec sa famille. Et le fait de travailler la nuit laisse peu de chances de rattraper les festivités dans un cadre familial.
« Je rentrerai vers 9 h 30 le 1er janvier, et malgré la fatigue, j?essaierai de m?amuser en famille. Mais ce n?est pas évident », confie-t-elle.
« Nous vivons comme une grande famille ici, et ce n?est pas grave de ne pas être présent à la maison », dit Mari-Anne. Passer la nuit du 31 décembre ou même Noël à la clinique est quelque chose de très commun pour les infirmiers. Ces derniers s?organisent toujours entre eux et se partagent les heures de garde, et ainsi décident qui seront de garde la nuit de Noël et du nouvel an.
Devant le choix de rester à la maison et de passer les fêtes en famille, Marie-Anne dit simplement qu?elle « est très fière et heureuse d?être à la clinique pour aider les patients. Nous sommes une grande famille ici, et j?aime bien faire ce métier. »
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