Publicité
Banque de Maurice : en attendant le nouveau gouverneur
Par
Partager cet article
Banque de Maurice : en attendant le nouveau gouverneur
De l?hôtel du gouvernement, on confirme que le nouveau gouverneur de la Banque de Maurice, qui succédera à Ramesh Basant Roi, devrait être nommé « incessamment ». Partis d?une liste de cinq candidats probables, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et ses plus proches collaborateurs, ont fini par choisir le nom du futur gouverneur il y a à peine quelques jours.
Impossible toutefois d?obtenir un nom. En effet, aucune langue ne se délie, même pas celle du favori dans la course, qui ne pipe mot aux questions sur sa probable nomination.
En attendant l?annonce officielle, certains banquiers émettent quelques protestations sur le timing du départ de l?ancien, et de la nomination du nouveau patron de la Banque de Maurice. « Une banque centrale ne peut demeurer sans gouverneur, c?est un mauvais signal que nous envoyons. Ceci est en contradiction avec notre ambition de devenir un centre financier international. Ailleurs, le marché de la Bourse aurait réagi à ce vide en plongeant », explique un banquier.
<B>« La Banque de Maurice est un temple »
Les professionnels du milieu bancaire se prennent toutefois à dresser le profil idéal du nouveau gouverneur. Ainsi, Éric Ng Ping Cheun, le président du conseil d?administration de la First City Bank, pense qu?il devra avoir « une grande autorité morale et intellectuelle ». L?économiste explique que « la Banque de Maurice est un temple. Celui qui en est à la tête doit non seulement pouvoir se faire respecter du milieu bancaire, mais aussi connaître, de manière approfondie, l?économie pour que ses décisions soient acceptées et suivies ».
C?est un peu à travers cette grille d?évaluation que le milieu bancaire juge la performance de Ramesh Basant Roi depuis qu?il a été nommé gouverneur en décembre 1998. Tout d?abord, on loue son sens de la discipline. « Il faut admettre qu?il a mis au pas quelques ?canassons? du milieu bancaire. Il a d?ailleurs pu gérer la crise majeure MCB-NPF sans ébranler le système bancaire local », estime un analyste financier.
Éric Ng Ping Cheun pense aussi qu?un des points forts de Basant Roi a été son aptitude à bien superviser les banques. « Il a aidé le système à se professionnaliser et les banques à assainir leur situation, en contenant, notamment, la forte expansion du crédit bancaire au début de son mandat », confie Éric Ng Ping Cheun.
Un haut cadre d?une importante banque apprécie également la pondération dont Basant Roi a fait preuve au moment du scandale MCB-NPF en 2003. « Certains voulaient qu?il suspende la licence de la MCB ! Ce qu?il n?a pas fait car il avait une bonne lecture des enjeux. En cela, il a assumé pleinement son rôle de régulateur et a été un acteur valable dans la supervision et l?amélioration du marché financier. »
D?autres encore apprécient l?accessibilité de l?homme, comme Kamal Taposeea, Regional Managing Director de la Standard Bank et ancien directeur de la Barclays à Maurice. On reconnaît également « sa capacité à accepter les critiques sur sa politique », comme le souligne le président du conseil d?administration de la FCB, qui rappelle que malgré ses critiques sur la politique monétaire de Basant Roi, ils entretiennent de très bonnes relations.
Au départ de Basant Roi, c?est précisément sa politique monétaire qui paraît être le point faible de son mandat. Certes, des analystes admettent volontiers que le gouverneur de la Banque de Maurice ne peut contrô-ler tous les facteurs qui affectent la valeur de la roupie ; notamment les déficits de la balance de paiement et la dette publique.
<B>Doubler les réserves en devises</B>
Mais on lui reproche quand même d?avoir laissé piquer du nez la monnaie nationale. « En 1999 et 2000, la roupie ne s?est dépréciée que de 4 % vis-à-vis du dollar. Mais après, Basant Roi a cru bon d?aligner la politique de la Banque centrale sur la Réserve fédérale américaine », explique Éric Ng Ping Cheun. Ce dernier estime que cela a mené à un excès de liquidité dans le pays et permis l?achat massif de devises.
Mais c?est à peu près le seul vrai reproche qu?on lui fait. Car après tout, Basant Roi part en ayant contenu l?inflation à des taux très acceptables, pendant la quasi-totalité de son mandat.
Il a également fait plus que doubler les réserves en devises de la banque, passant de l?équivalent d?environ une vingtaine de semaines d?importation fin 98, à 49 semaines actuellement. De quoi faire dire à Basant Roi, lors de sa conférence de presse de départ vendredi dernier, qu?il s?en va « avec le sentiment du devoir accompli ».
Il reste à souhaiter que son successeur puisse continuer sur la même voie, tout en relevant les nouveaux défis qui le guettent : renforcer le taux de change de la roupie. Et ralentir la montée de l?inflation qui rôde désormais autour des 10 %
Publicité
Publicité
Les plus récents