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Dimitri, 6 ans : Renaître de ses brûlures
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Dimitri, 6 ans : Renaître de ses brûlures
Normal ? Quelque part, rien ne sera plus jamais pareil pour cet enfant. Dimitri a eu six ans samedi dernier, il a eu droit à un gâteau et des bougies, des petits fours et des cadeaux, une fête avec ses amis et ses cousins. Un anniversaire comme tant d?autres sauf que le héros de la fête est mal dans sa peau, qu?il porte des vêtements compressifs qui attirent tous les regards sur lui et qu?il a peur qu?on le voit comme « un monstre ».
« Kine arive ça zenfan la ? » C?est la question qu?on pose souvent à sa mère quand elle est dans la rue en compagnie de Dimitri. C?est la question qui rend Dimitri mal à l?aise et qui lui fait dire « Allons, maman ». Que s?est-il passé ? Il y a le silence, une souffrance qui serre le ventre. Mais il y a aussi les faits, cette chape de plomb qui s?est abattue sur Dimitri et sa famille, un 24 octobre 2005.
De nombreuses séquelles
Il y a un an de cela, il était sur une table d?opération, pour la septième fois, luttant contre ce sort que lui ont infligé des flammes. Un jeu entre gosses a basculé dans l?horreur, une expérience que tentait son voisin de 14 ans lui a explosé en plein visage. « Les enfants ont profité qu?ils soient seuls dans la maison pour tenter une expérience. Ils auraient préparé un produit dans une bouteille de yop dans laquelle ils ont jeté une allumette allumée. Vous voyez comment la curiosité peut virer au drame », explique Joyce, la mère de Dimitri. Ce dernier s?est donc retrouvé à l?hôpital pour brûlure thermique grave.
Joyce qui était alors en Angleterre, en stage de nursing, dit-elle, prend l?avion et atterrit à la Burns Unit. « La première chose qu?il m?a dite quand il m?a vue c?est "maman, mone brilé mais c?est pas moi seulement". » Des mots qui restent gravés dans la mémoire de Joyce. Elle est restée avec lui à l?hôpital pendant trois mois.
Dimitri n?est pas pour autant sorti de l?auberge. Les séquelles sont nombreuses, la liste des lésions qu?a dressée son médecin en clinique fait froid dans le dos. Entre autres, il souffre d?une rétraction et d?une hypertrophie au niveau des bras, il y a la perte de flexion des doigts des deux mains? on passe sur les détails des cicatrices au niveau du visage.
Pourtant, pas de mélodrame, ni chez le petit, ni chez sa mère. L?heure est au présent et à l?avenir et cet avenir, il faut le construire jour après jour en ravaudant toutes ces blessures. Dimitri ne crache plus sur l?image que lui reflète le miroir.
« Avec l?aide d?une psychologue, il a appris à accepter ce qui lui est arrivé », explique sa mère. C?est donc avec courage qu?il porte 24 heures sur 24 un masque et un vêtement compressif (une matière élastique) qui sert à régénérer sa peau. Après chaque douche, son père le masse avec une crème médicale.
Il souffre aussi là où les greffes ont été prises. Il supporte mal la chaleur, on a même dû installer un climatiseur chez lui. « Il a mal, mais il est fort et parfois il tente de me consoler en me disant que son médecin va le guérir », raconte Joyce.
Dimitri est déterminé, engagé comme jamais dans ce combat contre le destin. Il n?a pas le choix, s?il veut limiter les dégâts. Il va encore devoir affronter les bistouris. Son certificat médical fait état de « plusieurs interventions complémentaires qui devront être réalisées dans les années à venir. » Avant la fin de l?année, Dimitri devrait subir une opération du nez, de la bouche et du menton? Il faudrait aussi s?occuper de la rétraction au niveau des doigts de sa main droite pour qu?il puisse se mettre à écrire et continuer l?école dans de meilleures conditions.
Dimitri est prêt, il attend même cela avec impatience, c?est sa seule issue. Il arrive à faire face au cynisme parce que son médecin lui a dit que cela ira mieux. Ses parents remuent ciel et terre pour trouver le million de roupies nécessaire. Sans aide, Dimitri restera meurtri dans son corps à jamais.
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