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Elle revient à Maurice pour reprendre ses enfants

11 novembre 2006, 00:00

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par Nicolas ATCHIANE

Elle avait obtenu la garde provisoire de ses trois enfants en juin 2005. Mais depuis jeudi, un jugement défavorable, rendu le 28 novembre 2005, par le tribunal de grande instance de St -Denis, entrait en application : les deux plus jeunes enfants de Marie-Pascale Séry, une Réunionnaise, ont alors été confiés à leur père, Mohammud Mamode. Pour elle, un nouveau combat s?annonçait. Alors que son ex-mari, qui n?a pas voulu faire de commentaires à l?express, se cantonnant à parler d?un «jugement divin rendu par le tribunal de l?homme», Marie-Pascale, arrivée à Maurice jeudi soir en compagnie de son homme de loi, Me Said Larifou, se montrait déterminée à repartir avec ses enfants. La jeune femme s?est confiée à l?express hier matin. Puis, dans la soirée, coup de théâtre : le couple est tombé d?accord pour que Zaafir, 4 ans, revienne à sa mère.

Pourtant les chances d?une entente semblaient minces. Dès son arrivée à Maurice, Marie-Pascale avait tenté d?entrer en contact téléphonique avec ses enfants à travers son ex-époux. Sans succès.

«Il m?a tout simplement dit qu?il était fatigué, puis a raccroché», nous confiait la jeune femme, visiblement désespérée. «Mes enfants ne manquaient de rien chez moi. Ils avaient leurs amis, leurs études et une famille. Je ne retournerai pas à l?île de la Réunion sans eux. Si je n?obtiens pas leur garde, j?entamerai une grève de la faim», déclarait-elle.

Garde à vue

La veille, elle avait connu une expérience traumatisante. A 6 h 30, elle reçoit la visite d?un procureur, d?un commissaire et de quelques policiers. «Ils m?ont informé qu?ils étaient venus récupérer mes enfants. Je m?attendais à ce que cela arrive un jour. Mais pas de cette façon».

Par la suite, elle est conduite au commissariat pour être placée en garde à vue pendant quelques heures. «C?était une façon de la neutraliser pour qu?elle ne puisse pas organiser un mouvement de soutien jusqu?au départ de ses enfants», déclare Me Larifou.

Ce dernier explique sa présence à Maurice : «Nous sommes venus avec la volonté de rapprocher les deux parents dans l?intérêt des enfants. Nous appelons le père à se ressaisir et à ne pas faire preuve de représailles envers son épouse».

Mariée à Mohammud Mamode depuis 1990, Marie-Pascale Séry a quitté son île natale peu après son mariage pour s?installer à Maurice. De cette union, naissent un garçon et deux filles : Zaafir, Zahrah et Zakiyyah, âgés de 4, 13 et 15 ans respectivement.

Mais, quelques mois après leur mariage, dit-elle, la situation se détériore. «C?était quelqu?un de très possessif et de jaloux. Il m?empêchait de sortir. J?avais seulement le droit d?aller déposer et récupérer les enfants à l?école. Quand il me frappait, j?étais contrainte de ne rien dire à personne», nous relate-t-elle.

Après 14 années passées à Maurice, Marie-Pascale Séry regagne son île natale en octobre 2004. Elle emmène avec elle son fils, alors âgé de trois ans, et sa seconde fille. Sa fille aînée s?y trouvait déjà puisqu?elle y poursuivait des études. Dès son arrivée, Marie-Pascale entame des procédures de divorce. Lors de la conciliation qui se tient en juin 2005, le juge aux affaires familiales lui accorde la garde des enfants.

La situation en était restée là jusqu?à ce que Mohammud Mamode saisisse la justice mauricienne, pour récupérer ses enfants. La Convention de La Haye sur les enlèvements internationaux est évoquée devant le tribunal de grande instance de St-Denis pour que les deux plus jeunes regagnent Maurice et soient rendus à leur père. Ce dernier gagne alors son procès.

Motifs du jugement

Le tribunal de grande instance de la Réunion s?est appuyé sur l?article 3 de la Convention de La Haye pour justifier sa décision : le déplacement ou le non-retour d?un enfant est considéré comme illicite, notamment lorsqu?il y a eu violation d?un droit de garde attribué à une personne, seule ou conjointement, par le droit de l?Etat dans lequel l?enfant avait sa résidence habituelle immédiatement avant son déplacement.Le tribunal a aussi considéré qu?en dépit des coups reçus à cette époque, la défenderesse a poursuivi la vie commune avec son époux et eu volontairement deux autres enfants. En outre, hormis le témoignage de sa s?ur attestant que madame Mamode devait rester enfermée chez elle en raison de la jalousie de son époux, la séquestration qu?elle aurait endurée n?avait été nullement démontrée selon le tribunal alors qu?elle a pu rendre régulièrement visite à sa famille à la Réunion et recevoir cette dernière se déplaçant en vacances à Maurice.Le juge a considéré que la preuve n?était pas rapportée qu?en cas de retour au domicile de leur père, les enfants seraient exposés à un quelconque danger psychique ou physique ou placé dans une situation intolérable. Il a donc fait droit aux prétentions du demandeur. Le retour des enfants Zarah et Zafafir Mamode a donc été ordonné et la mère condamnée au paiement des frais engagés par son époux pour récupérer les mineurs.

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