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Les employés de l?aéroport sensibilisés au cancer du sein

10 novembre 2006, 00:00

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Le mois d?octobre est consacré, dans le monde, à la sensibilisation au cancer du sein. A la Mauritius Duty Free Paradise (MDFP), boutique hors taxes de l?aéroport, Jennifer Khoodoruth a pris l?initiative d?organiser une causerie sur ce sujet. La Customer Relations Officer cible les employés de l?aéroport, avec la bénédiction de Shakeel Dyall, General Manager de la MDFP et de Joy Beeharry, président (chairperson) de cette compagnie d?Etat.

La conférence s?est tenue mercredi après-midi dans les locaux de la cantine d?Air Mauritius. Les docteurs Hassen Mustun et Swarna Poorun, tous deux cancérologues, ont rappelé que la prévalence du cancer du sein est élevée à Maurice : 250 cas des 1 200 nouveaux cas de cancer enregistrés par an à la section radiothérapie de l?hôpital Victoria. Mais ils ont précisé qu?il est tout à fait possible de guérir de cette maladie, à la condition qu?un dépistage précoce soit entrepris et qu?un traitement soit engagé.

Devant la centaine de membres du personnel de MDFP, d?Air Mauritius et autres employés du secteur aéroportuaire, le Dr Mustun a déclaré : ?70 % de tous les cancers peuvent être guéris et contrôlés. De ce fait, il ne faut pas craindre ce mal.? Il a expliqué que le développement cellulaire dans l?organisme se fait généralement de façon ordonnée. L?on parle de cancer lorsqu?il y a une prolifération anarchique des cellules. Celles-ci forment une tumeur qui, à son tour, détruit les cellules de l?organe où elle s?est logée. Si l?on n?arrête pas la progression de ces cellules anarchiques, elles s?infiltrent dans les systèmes sanguin et lymphatique pour se loger dans un organe vital qu?elles détruiront, tuant l?individu. ?On ne peut permettre à un cancer d?atteindre ce stade?, a dit le Dr Mustun.

Le sein est un organe superficiel et la grosseur que l?on y détecte n?est pas forcément cancéreuse. ?Cela peut être une boule de graisse, un abcès, un kyste ou une tumeur bénigne très commune chez les Mauriciennes. Ce type de tumeurs est généralement indolore. Il faut aller se faire dépister lorsqu?elle ne l?est pas?, a-t-il dit.

De son côté, le Dr Poorun a évoqué les facteurs de risques du cancer du sein. Le premier sur la liste est une mutation génétique. Ensuite vient le facteur hormonal. Par exemple, les femmes qui sont devenues nubiles vers neuf ou dix ans, qui ont fait leur ménopause tardivement, vers 54 ans, sont à risque. Tout comme le sont celles, ménopausées, qui suivent une thérapie de substitution hormonale.

L?alcool, un facteur de risque

Il en est de même pour les célibataires qui n?ont jamais eu d?enfant, les femmes qui ont accouché après 30 ans de même que celles qui n?ont jamais allaité. L?alcool est également un facteur de risque, de même qu?une consommation élevée de graisses animales saturées.

Le dépistage d?une tumeur peut se faire par auto-palpation et par échographie. Le Dr Mustun recommande une mammographie tous les deux ans pour les femmes de 40 ans ou plus. Il serait inutile de subir cet examen avant cet âge du fait que ?le sein jeune est tellement dense que la mammographie ne verra pas s?il y a des micro-calcifications. Et puis, la mammographie fait appel à des rayons X. Et la radiation est cancérigène. Donc, il ne faut pas faire cet examen trop souvent?, a précisé le médecin.

Il y a deux manières de confirmer les premiers soupçons du médecin traitant : la ponction par seringue, avec analyse du prélèvement fait, et la biopsie, qui est un prélèvement de la tumeur elle-même, à des fins d?analyse. En cas de diagnostic confirmé, le médecin traitant peut préconiser la chirurgie, s?il s?agit d?une tumeur cancéreuse localisée. Le chirurgien pratiquera alors, en fonction du stade du cancer, soit une excision de la tumeur, soit une ablation partielle du sein, soit son ablation complète, soit encore l?enlèvement des glandes sous le bras. Il pourra aussi recourir à la radiothérapie, traitement qui consiste à exposer la tumeur aux rayons de cobalt pour la réduire.

Dans certains cas, après la chirurgie, le médecin traitant a recours à la chimiothérapie, ce cocktail de médicaments administrés sous perfusion par périodes précises. Aujourd?hui, dans bien des cas, le médecin privilégie la chimiothérapie à la radiothérapie. Parfois, il y adjoint un traitement hormonal, en tenant compte de la positivité des récepteurs. Un autre traitement est l?immunothérapie, technique par laquelle des médicaments sont utilisés pour stimuler le système immunitaire, le rendant plus réactif contre la maladie.

Mais la réussite dans la guérison dépend pour beaucoup du stade du mal. Si le cancer est dépisté à un stade précoce, le malade a toutes les chances d?être traité et guéri, a spécifié le Dr Poorun. Toutefois, les personnes guéries ne sont pas à l?abri de récidives, a expliqué le Dr Mustun. Car si le cancer a été traité, sa cause ne l?a pas été. Ainsi, la personne traitée peut développer un autre cancer, soit dans le même organe préalablement traité, soit dans un autre organe.

L?importance de vérifications médicales régulières est ainsi soulignée, notamment pour ceux et celles qui ont déjà présenté un cancer.

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