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Quand le tabac part en fumée
Heerendre Kumar Ramroop, planteur de tabac depuis 28 ans, n?a plus le courage de continuer. Avec les augmentations répétitives du prix du mazout, utilisé dans l?opération de séchage du tabac, les coûts de production sont devenus trop élevés. Ce qui a déjà poussé beaucoup de cultivateurs à mettre la clef sous le paillasson.
Le planteur loue un terrain d?une superficie de 20 arpents à la sucrerie de Fuel pour la culture du tabac, soit cinq arpents à Camp-de-Masque-Pavé et 15 arpents à Melrose. Mais il n?arrive plus à couvrir ces frais depuis ces deux dernières années.
?Auparavant, j?achetais 300 gallons de mazout à Rs 8 000. Aujourd?hui, je dois débourser Rs 85 000 pour un stock de 600 gallons?, explique-t-il.
?Maurice compte 150 planteurs de tabac. Mais la majorité de la production vient des établissements de Fuel et de Beau-Champ. Beaucoup de planteurs sont en difficulté. Moi-même, je ne sais pas combien de temps je peux encore continuer encore?, confie-t-il.
<B>Un meilleur prix</B>
Heerendre Ramroop emploie une dizaine de travailleurs. Il produit annuellement quelque 25 tonnes de tabac. ?Nous avons fait une demande auprès du Tobacco Board pour avoir un meilleur prix?, indique-t-il.
Le planteur dit être très attaché à la culture de tabac et ne voudrait pas avoir un jour avoir à tout abandonner. ?Enfant, je suivais mon papa dans les plantations de tabac. J?ai travaillé comme sirdar avant de prendre la relève de mon père à la plantation?, raconte-t-il.
Heerendre Ramroop a cultivé les plantes le 1er septembre et la récolte est prévue le 10 novembre. Mais affiche le pessimisme. ?Autrefois, je payais d?énormes sommes d?argent au fisc. Aujourd?hui, je subis de grosses pertes?, se plaint-il.
Un de ses fils s?est aussi lancé dans la culture du tabac, mais Heerendre Ramroop ne croit pas qu?il restera aussi longtemps que lui. ?L?avenir est sombre. La relève ne sera pas assurée. Le tabac part en fumée?.
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