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Quand la présence africaine tient congrès
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Quand la présence africaine tient congrès
Il y a 50 ans. Mais c?est comme si c?était hier. Senghor (dont nous fêtons l?anniversaire de la naissance aujourd?hui), mais aussi Frantz Fanon, Aimé Césaire prenaient la parole. Qui pour dire le fond de sa pensée sur ?Racisme et culture?, qui pour s?interroger sur ?culture et colonisation?. Qui encore pour évoquer ?les lois de la culture négro-africaine?.
C?était il y a 50 ans au congrès international des écrivains et artistes noirs organisé à la Sorbonne à Paris. Un demi-siècle plus tard, les mots ne se sont pas envolés. Les écrits sont restés. à l?occasion du cinquantenaire de ce congrès international, l?université de Paris-Sorbonne et la Maison de l?Unesco ont tenu à se souvenir de l?événement.
Un cinquantenaire placé sous le signe de l?hommage, des bilans, et des perspectives. Un colloque international qui s?est tenu du 19 au 22 septembre sous le haut patronnage de Koichiro Matsuura, directeur général de l?Unesco, Abdou Diouf, secrétaire général de l?organisation international de la Francophonie, Aimé Césaire (participant du congrès fondateur) et Wole Soyinka, prix Nobel de littérature, président de la communauté africaine de culture et ambassadeur de bonne volonté de l?Unesco. étaient également présents Christiane Taubira, députée de Guyane, Christian Valentin directeur du Haut conseil de la Francophonie et Edouard Glissant, écrivain.
Deux Mauriciens ont marqué le coup : Edouard Maunick, poète. Il était au nombre des intervenants le mercredi 20 septembre à la Maison de l?Unesco. Il a pris la parole lors d?une table ronde autour d?une thème : ?Le congrès 1956 et son impact sur la question de l?identité, de la diversité et des solidarités culturelles?. à ses côtés : Henri Lopes, écrivain, ambassadeur de la République du Congo en France, entre autres. Jean Claude Augustave, ancien directeur du centre Nelson Mandela était, quant à lui, invité à titre personnel à ce colloque.
?Aller à la rencontre de soi-même?
Se remémorant son exposé, Edouard Maunick raconte : ?Nous avons vu comment Maurice est considérée sur le plan international. Comment nous n?allons pas à l?encontre mais à la rencontre de tous?. Le poète a pris la parole pour mettre en images son vécu mauricien, son existence d?insulaire. Il n?a évité aucune confrontation avec l?appellation ?noire? avant d?explorer les vastes étendues des questionnements sur le fondement de l?identité. Balisant son raisonnement à coup de lancinantes interrogations : Qui es-tu ? D?où viens-tu ? Comment t?appelles-tu ?
Le poète n?a pas manqué de noter l?oubli du Congrès des petits peuples noirs notamment des îles Mascareignes, du monde afro-arabe et afro-asiatique.
Edouard Maunick s?est souvenu de l?appel lancé par Césaire, Soyinka, Senghor. Vents violents qui l?ont poussé vers les rives de l?exil. Lui le métis, l?insulaire, qui aura connu la colonisation britannique. Lui, qui aura récolté de nombreux prix littéraires. Lui qui est revenu de tous ces honneurs, jusqu?à ne plus en être touché.
Enfin débarrassé des étiquettes. Ne retenant que celle ? déjà complexe ? du métis, celui qui est ?plus que nègre, plus que Noir, plus que Blanc. Un métis on sait où cela commence, on ne sait pas où cela finit.? Seule demeure fondamentale la qualité du métissage. D?où l?expression du profond désir du poète ?d?aller à la rencontre de soi-même?. De savoir, ?Edouard quand est-ce que tu vas te rencontrer ?? Avant de conclure, à la veille de ses 75 ans : ?Quand l?homme meurt, il perd la parole, la parole est symbole du vivant.?
Congrès engagé
■ Wole Soyinka, prix Nobel de littérature et président de la communauté africaine de la culture a donné une tournure éminemment politique à son intervention au premier jour du colloque, le 19 septembre. Un prix Nobel foncièrement engagé qui a fait un vibrant plaidoyer en faveur du Darfour, cette ?tache sur la conscience de la communauté internationale?. Il a vigoureusement défoncé le manque de condamnation après les atrocités, le ?pogrom? au Darfour, situation aggravée selon lui par le soutien des pays arabes au régime de Khartoum.
Wole Soyinka a également fait ressortir ?l?impuissance des Nations unies face à cette crise?. Il est désormais à la tête d?une institution qui a pris la relève de la Société africaine de la culture.
Le Premier congrès des écrivains et artistes noirs s?inscrit dans lignée des congrès panafricanistes organisés au début du XXe siècle à Londres, à New York, à Bruxelles et à Manchester.
Il sera suivi du deuxième Congrès international des écrivains et artistes noirs à Rome (1959) et des Festivals mondiaux des Arts nègres à Dakar (1966) et à Lagos, (1977). Il verra la création de la Société africaine de culture (SAC), qui a pour mission ?d?unir par des liens de solidarité et d?amitié les hommes de culture du monde noir, de contribuer à la création des conditions nécessaires à l?épanouissement de leurs propres cultures? et de ?coopérer au développement et à l?assainissement de la culture universelle?.
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