Publicité
Une nouvelle formule de subvention mécontente les collèges privés
Par
Partager cet article
Une nouvelle formule de subvention mécontente les collèges privés
«L?on est en train de réduire l?éducation à une question de nombre d?élèves et de taux de réussite. C?est trahir l?idée même de l?éducation.» C?est ainsi que Rajiv Roy secrétaire de la Fédération des managers des collèges privés qualifie la nouvelle formule de subvention des établissements secondaires privés. Le MAB l?a présentée hier matin aux représentants du secteur.
Elle prendra en compte deux critères uniquement pour allouer les fonds publics aux établissements secondaires privés. 70 % du financement dépendront du nombre d?élèves inscrits dans le collège. Les 30 % restants dépendront de la performance de l?établissement.
Jusqu?ici, le grant scheme des collèges privés prenait en compte six critères qui décidaient du montant à allouer à chaque établissement : le nombre d?élèves, la gestion de l?école, la qualité des infrastructures, la performance aux examens, la participation des élèves et leur performance lors des activités sportives et extra-scolaires et enfin une allocation au propriétaire de l?établissement parce qu?il offre un service public.
La nouvelle formule, elle, provoque l?indignation. A tel point que la Fédération a promis «une rentrée très mouvementée» si les autorités s?entêtent, lors d?une conférence de presse, hier.
Ces managers attendaient depuis le 1er juillet que la nouvelle grille de subvention aux collèges privés entre en vigueur. Et voilà que le MAB présente une nouvelle formule.
«Il n?est pas question d?accepter cela et nous le leur avons dit», déclare Rajiv Roy. «Une telle proposition est intolérable. La Fédération n?est pas du tout contente», rajoute Harold Chan Lam, vice-président. Si les autorités décident d?aller de l?avant, les dirigeants de la Fédération, qui regroupe les quatre associations de collèges privés représentant ainsi la quasi-totalité du secteur, sont prêts aux mesures extrêmes.
Certes, ils ne le disent pas, mais c?est sous-entendu. «C?est sûr qu?il y aura une assemblée générale pour décider de la marche à suivre. Mais déjà, il y a un grand sentiment de révolte et de frustration parmi les managers», précise Rajiv Roy.
Une mort lente
Selon la Fédération, la nouvelle formule causera un tort immense au secteur. Rajiv Roy qui prévoit «un transfert de fonds des collèges en difficultés vers ceux qui font mieux».
Pour Serge Ng Tat Chung, président de la Fédération, «l?on ne peut pas réduire la performance d?un enfant à ces critères discriminatoires».
Le secteur est mis en péril. Les collèges moins performants connaîtront une mort lente. «Et en attendant, les élèves qui y seront scolarisés n?auront pas droit à une éducation de qualité. Au lieu de hausser le niveau, les autorités proposent de faire tout le contraire», s?insurge un membre de l?association. «C?est éminemment injuste, discriminatoire et anti-pédagogique.»
La parité entre collèges d?Etat et collèges privés semble plus loin que jamais. Alors que les managers des collèges privés et les syndicats du secteur militent depuis des années pour que le public et le privé aient la même considération, les autorités semblent aller dans le sens contraire.
Les deux critères proposés par le MAB ne sont en effet pas appliqués aux collèges d?Etat où il dépense en moyenne Rs 36 000 par élève contre Rs 18 000 pour un étudiant scolarisé dans un établissement privé.
Cela intervient dans un contexte où les managers des établissements privés entament un rehaussement de leur niveau à travers une série d?ateliers de travail. C?est d?ailleurs dans cet objectif que Clive Hopes, consultant au Commonwealth et à l?Unesco, est à Maurice. Un premier atelier de travail destiné aux managers et heads of department a eu lieu le mois dernier.
Publicité
Publicité
Les plus récents