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Le secteur éducatif pour une réforme ambitieuse
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Le secteur éducatif pour une réforme ambitieuse
En matière d?éducation, aujourd?hui, c?est l?unanimité sur le besoin d?une réforme profonde. Reste à se mettre d?accord sur la forme que devrait prendre cette réforme. Et là ? une fois n?est pas coutume ? une tendance générale se dessine. Celle-ci n?est d?ailleurs pas très différente du plan de réforme du curriculum avalisé par le Conseil des ministres, vendredi, qui prône notamment une évaluation continue et la mise en place de stratégies de rattrapage.
Lors du forum-débat organisé par le Groupe de réflexion sur l?éducation et la formation (Gref) au Rajiv Gandhi Science Centre, pédagogues, chercheurs et enseignants sont arrivés à la même conclusion : notre système est trop orienté sur l?inculcation des matières et les examens, et pas assez sur le développement global de l?enfant.
?L?éducation est la solution aux problèmes de ce pays. Pour cela, il faut le courage de corriger le système. De la notion de performance, nous devons passer à l?apprentissage?, dit Menon Munien, recteur du St-Mary?s et un des responsables du Gref.
Et pour le développement global de l?enfant, il faudra un curriculum plus flexible qui prend en compte ses besoins et qui lui permet de développer au maximum ses capacités. ?Il y a urgence à développer une approche inclusive permettant à tout enfant d?atteindre son plein potentiel?, assure Kelvin Ng Wong Hin, un des directeurs d?éducation du ministère de l?Education.
Pour le Gref, outre un programme de formation aux enseignants, il faudra également éduquer les parents. ?Pour certains, l?apprentissage ne peut pas être un plaisir. Ce processus doit se faire dans la douleur?, déplore Vassen Naeck, senior lecturer au Mauritius Institute of Education (MIE) et également membre du Gref. Il faudra donc trouver un moyen de changer cette mentalité.
Une autre réalité est le niveau de chaque enfant. C?est pour cette raison qu?un curriculum flexible est recommandé. Vassen Naeck soutient également qu?il faut accorder plus d?importance à l?étape de la maternelle. ?Deux années de maternelle sont-elles suffisantes ??, se demande-t-il. Autre interrogation : ?Peut-on amener tous les enfants à lire, à écrire et à compter à l?âge de sept ans ? En Scandinavie, l?apprentissage débute à cette âge-là.?
La politique des langues est un autre point abordé. ?Il faut entamer une réflexion sur l?apprentissage de l?anglais comme une langue étrangère?, estime le senior lecturer du MIE. Il plaide également pour une plus grande considération de la langue maternelle dans les écoles, tout comme Jimmy Harmon, coordinateur du projet PrevokBEK. ?4500 enfants ayant connu un double échec au CPE se retrouvent au prevoc. De ce chiffre, 21,5% provient des écoles des ZEP?, indique ce dernier.
L?enseignant devra aussi revoir son rôle. ?N?est-il pas temps de penser à un indicateur de performance pour les enseignants?, suggère Yugesh Panday, coordinateur du projet ZEP, parce que, ajoute-t-il, ?il faudra faire des enseignants des penseurs?.
Pour Cyril Dalais, conseiller au ministère de l?Education, il est primordial ?d?ouvrir le débat aux écoles et aux parents?. Cyril Dalais était le médiateur du débat. Tous ceux voulant participer au débat du Gref sont invités à soumettre leurs commentaires et observations à l?adresse www.gref-maurice.org.
Les syndicats inquiets
Le choc récent créé par l?empoisonnement d?un instituteur a généré une vague d?insécurité chez les instituteurs. Cet incident malheureux était sur toutes les lèvres, hier, au Teachers? Centre, à Quatre-Bornes. Le Front commun des syndicats du primaire, qui célébrait la Journée mondiale des enseignants, a tenu à dénoncer les contraintes et anxiétés qui préoccupent ce corps de métier.
Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union, a mis l?accent sur les droits des enseignants. Pour lui, il est grand temps d?engager une profonde réflexion sur le sujet. Si les droits de l?enfant sont souvent évoqués, qu?en est-il de ceux des professeurs, se demande-t-il.
Des soucis d?ordre plus pratique retiennent aussi l?attention du front commun. Les représentants syndicaux jugent les salaires trop bas et les perspectives d?avenir non existantes. Avec pour résultat, disent-ils : une démotivation des professeurs et une baisse du nombre de postulants.
Autre inquiétude ? l?existence de divisions au sein des syndicats. Les discussions récentes avec le MES ont, disent-ils, démontré les dissensions dans le corps enseignant, les réclamations n?étant pas les mêmes pour tous. Jugduth Seegum, président de la Government Teachers? Union, reproche à ses confrères un manque de solidarité. Sans consensus, il sera donc plus dur au front commun d?atteindre ses objectifs.
Cette journée avait aussi pour objectif de rappeler ?la tâche nécessaire et d?une grande beauté? qu?accomplissent les professeurs. C?est dans cet esprit que Soopayah Pyneeandee a lancé un livret dédié aux enseignants. L?ouvrage, intitulé Oh Teacher est une collection de citations et de réflexions autour du thème de l?enseignement.
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