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Péage et ?bus way? : Laborieux débat en vue

6 octobre 2006, 00:00

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Le package de 18 propositions formulé récemment par l?expert Jonathan Richmond pourrait bien donner du fil à retordre aux autorités. Comprenant le développement d?un bus way (voie propre aux autobus sur le couloir Curepipe-Port-Louis) et l?imposition d?un péage de Rs 100 à toutes les voitures privées entrant dans la capitale entre 7 et 10 heures du matin, ce rapport sera vraisemblablement examiné par le Conseil des ministres ce matin. Mais déjà, des voix discordantes s?élèvent : elles évoquent les contraintes liées à de telles mesures.

?Pas pou capav adopte ça zaffaire là? font d?emblée comprendre plusieurs techniciens qui ont travaillé ce dossier. Ainsi, deux des propositions, en l?occurrence les péages de Rs 100 et Rs 200 ainsi que l?élimination du parking dans les rues de la capitale, sont ciblées par les personnes ayant travaillé sur ce dossier. Elles estiment qu?elles seront très impopulaires et ?quasi impossibles à réaliser?.

A la Traffic Management Unit, comme dans les autres départements du gouvernement, on ne va pas par quatre? chemins pour dire que Jonathan Richmond n?est pas très au fait de la situation sociale. L?on signale ainsi que l?expert ne s?est pas penché sur des aspects importants de ce dossier, soit le développement des zones commerciales, industrielles ou résidentielles qui arrivent à grands pas dans le triangle d?Ebène, et à Montebello.

Délaisser les voitures

L?expert britannique, lui, a fait comprendre, comme tous ceux qui se sont penchés sur la question dans le passé, que la construction d?un bus way et d?autres voies d?accès à la capitale ne résoudra jamais la congestion routière. Il faut, selon ces experts, pousser la grosse majorités d?automobilistes à délaisser leur voiture en faveur de l?autobus.

Selon Richmond, qui vient de prendre un emploi de professeur d?université en matière de transport public en France, cette migration sera atteinte que par deux moyens : premièrement, un péage assez élevé (Rs 100 pour les voitures privées et Rs 200 pour les véhicules de marchandises). Il préconise aussi une flotte moderne d?autobus climatisés avec plancher bas, roulant vite, sur une voie propre et tournant dans la capitale pour permettre de déposer les passager assez près des bureaux.

?Si vous construisez le bus way, dit-il, cela décongestionnera quelque peu l?autoroute entre Curepipe et Port-Louis. Mais le public achètera d?autres voitures et tout sera rebouché très vite. Vous aurez le même scénario avec la construction d?une ring road. Aucun pays du monde n?a pu résoudre ce problème de congestion sans imposer un ?congestion pricing? de pair avec la construction d?un bus way?. Et d?affirmer qu?il y a eu consensus sur cette question lors de la réunion qu?il a eue avec les techniciens.

Or, certains contestent aujourd?hui sa déclaration concernant le consensus, et s?élèvent contre la somme de Rs 100 et 200 en guise de péage. ?C?est un suicide politique, d?autant que l?expert n?a pas analysé toutes les données, note un technicien du gouvernement. Comment voulez vous que les gens qui viennent du Nord, de l?Est notamment, soient frappés de ce péage quand ils n?auront pas de bus way et que leur service d?autobus s?arrête vers 19 heures et force tous ceux qui travaillent au-delà de cette heure d?avoir recours à la voiture ??

Richmond y a pensé : ?Ils auront à laisser leur voiture à l?entrée de Port-Louis qu?ils accéderont ensuite par un autobus.? A cela, un technicien du TMU s?interroge. ?Est-ce qu?il sait qu?il n?y a quasiment pas de terrain à Grande-Rivière, Terre-Rouge ou Pailles pour ces types de parking.?

En attendant de trouver des réponses à ces questions, le pays risque de se retrouver ainsi dans une nouvelle période d?attente? à moins que le gouvernement ne décide de couper la poire en deux.

DÉBAT

?Pas de consensus sur le péage?

■ Le vendredi 29 septembre, l?expert britannique, Jonathan Richmond, déclarait lors d?un forum débat sur son package à l?université qu?il y a eu consensus sur celui-ci. ?Sur les 20 participants réunis pour décider de la question, 19 se sont prononcés pour le package, y compris les péages de Rs 100 et Rs 200?, avait dit Jonathan Richmond. Il n?y a rien de plus faux, disent aujourd?hui certains participants à cette réunion tenue à l?hôtel Gold Crest. En effet, les langues se délient aujourd?hui et des participants qui ne veulent pas que leurs noms soient cités disent qu?il y a eu beaucoup de réserves exprimées par les participants qui n?ont pas été prises en considération par le Britannique. ?Il a pris les réserves sur les péages pour une acceptation?, dit un des participants qui estime que des aspects socio-économiques n?ont pas été pris en considération par l?expert.

DÉVELOPPEMENT

Le tracé du ?bus way? remis en question

■ ?Quand le triangle d?Ebène sera entièrement opérationnel, c?est-à-dire avant même que le ?bus way? ne soit prêt, nous retournerons à la case départ en ce qui concerne la congestion sur l?autoroute de Curepipe à Réduit et dans toute la région allant de Vacoas à Rose-Hill via Quatre-Bornes.? C?est l?avis d?un technicien du ministère du Transport qui estime qu?on a négligé l?aspect développement des nouvelles zones commerciales, industrielles et résidentielles dans le tracé du ?bus way?. ?Comment voulez-vous que ceux qui fréquenteront ces zones utilisent le ?bus way? quand cette voie propre aux autobus oublie le triangle d?Ebène?, dit le technicien. Bien d?autres parlent des développements de villes satellites à Montebello et à La Vigie notamment, que les promoteurs du tracé du ?bus way? ont oublié. ?Si on ne peut pas changer de tracé, il faut faire des provisions pour relier ces zones au ?bus way? avec tout le confort nécessaire aux passagers, sinon on court à la catastrophe?, prédit un des techniciens.

RENTABILITÉ

Pas de ?bus way? sans diesel duty free

■ Les compagnies d?autobus, y compris l?Association of Bus Operators, estiment que la flotte de bus du pays ne pourra pas aujourd?hui faire migrer les automobilistes vers ce mode de transport. Trop lent, trop vétuste et trop inconfortable. A ces trois facteurs les compagnies ajoutent le fait que la marge de profits est trop petite pour encourager des investissements importants dans ce secteur.

?Pour arriver à ce résultat, il faut que l?autobus soit moins cher que la voiture, plus confortable et rapide. Or, avec la situation financière actuelle des compagnies, il serait impossible de disposer d?une flotte d?autobus capable de faire ça. Il faudrait que l?Etat accorde à ces compagnies le droit d?acheter autobus, pièces de rechange et diesel hors taxes?, déclare Swaleh Ramjane, ?managing director? de la United Bus Service. Viraj Nundlall, ?managing director? de la Triolet Bus Service et président de l?association des compagnies d?autobus va dans le même sens. Il parle, lui, de la nécessité d?une ?profitabilité acceptable? et un climat approprié qui encourageraient l?investissement dans le secteur.

Les propositions de Richmond

La proposition la plus originale du package faite par Richmond porte sur le développement d?un ?open bus way?, alors que dans le passé les experts proposaient un ?closed bus way?. Ainsi, les autobus roulant sur cette voie propre pourraient la quitter et y entrer de nouveau dans certaines régions. Selon l?expert, cette proposition ne marchera qu?à certaines conditions, qui sont les suivantes :

● Imposition d?un péage de Rs 100 pour voitures et Rs 200 pour véhicule à marchandise entrant dans la capitale entre 7 à 10 heures le matin.

● Elimination des parkings dans les rues de la capitale.

● Imposition d?une ?parking tax? à tous ceux qui opèrent des parkings privés dans la capital.

● Interdiction de plusieurs rues de la capitale aux véhicules pour permettre aux autobus de quitter le ?bus way? et de tourner dans la capitale pour déposer les passagers près des bureaux.

● Une nouvelle voie pour contourner le centre de la capitale.

● Réforme dans le réseau de routes qu?empruntent les autobus et du tarif d?autobus avec une surcharge sur les tickets en période de pointe pour permettre aux compagnies de moderniser leur flotte.

● Un bus lane sur l?autoroute entre St-Jean et Port-Louis.

● Raccordement du Terre-Rouge-Verdun Road à Reduit.

● Une politique pour maintenir un système de financement pour l?amélioration des routes et la mise en place des projets.

● Amélioration de l?espace pour la circulation des piétons dans la capitale.

● Introduction du ?flexi-time?.

● Conversion des ronds-points sur les autoroutes en des intersections contrôlées par des feux de signalisation.

● Réforme du système de taxi.

● Elimination des opérateurs illégaux de taxis et autres mini-bus ou vans.

● Un plan pour l?amélioration et la réhabilitation du réseau routier.

● Un plan pour intégrer le réseau routier au développement foncier afin de faire de Port-Louis une ?attractive city?.

● Création d?une nouvelle Land Transport Authority pour réunir sous le même toit tous les secteurs du gouvernement concernés par le trafic routier.

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