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Élection : le bulletin unique envisagé
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Élection : le bulletin unique envisagé
Le président de la République accepte l’utilisation du système du bulletin unique pour montrer sa bonne foi dans l’organisation d’un scrutin “modèle”, selon ses termes. Il laisse au Parlement le dernier mot.
Le président Ravalomanana se prononce, d’une manière ouverte, pour le système du bulletin unique. Prudent, le chef de l’état se dégage pourtant de toute responsabilité dans la concrétisation de la mesure. Il file la patate chaude au gouver-nement et au Parlement. “Faites en sorte pour que le bulletin unique soit adopté”, a lâché le président Ravalomanana, à Mandroseza. “En tout cas, bulletin unique ou multiple, personne n’a peur d’affronter les urnes”, a-t-il continué lors de la pose de première pierre de l’extension de la Compagnie d’eau et électricité (Jirama).
Le président Ravalomanana, marqué par le “souhait” par Pieter Dorst, chargé d’affaires néerlandais, a réagi. Comme certains responsables des chancelleries, Pieter Dorst a, une fois de plus, vanté en public, les avantages du bulletin unique.
Avec sa déclaration à Mandroseza, la position du chef de l’Etat connaît une évolution. Le 22 septembre, il a certifié, après son périple dans le Sud, “ne pas être contre le système de vote à bulletin unique”. Il a également indiqué “ne pas avoir d’ordre ou de consigne à donner, ni au gouvernement ni au Parlement. Le choix relève de la souveraineté des partis et des groupes parlementaires, membres de ces deux institutions.” Ce qui ne cadre pas tout à fait avec sa déclaration, quand il a voulu montrer sa disposition à organiser une élection libre et transparente.
<B>Retoucher la loi électorale </B>
Cela n’empêche pas le chef de l’état d’entretenir le flou, tout en se ménageant une porte de sortie dans la concrétisation du projet. “Si la mise en place du bulletin unique est faisable, faites-la. C’est à vous de juger”, a-t-il tempéré face à d’autres responsables étatiques. Il essaie ainsi de répondre à la demande incessante de la communauté internationale, tout en brandissant le principe de la souveraineté nationale.
La prudence du président Ravalomanana s’explique par la position radicale d’une partie de ses partisans, réticents au bulletin unique. Ces derniers, à l’image du sénateur Soja Jean André dit Kaleta, devraient mettre beaucoup d’eau dans leur vin pour amorcer le revirement. Le premier ministre, Jacques Sylla, a aussi émis une réserve contre une “précipitation qui pourrait produire un effet pervers, du moins pour le scrutin du 3 décembre”.
Le chef de l’état ne pense pas moins à la brèche de la révision du code électoral. En acceptant de discuter du cas du bulletin unique, le Parlement se trouve obligé de retoucher la loi électorale. Ce qui donne à ceux qui réclament le toilettage du texte en vigueur, l’opportunité de soulever d’autres points dans le texte.
La balle se trouve désormais dans le camp du Parlement. D’ailleurs, les chefs d’institution, dont ceux des présidents du Parlement, ont déjà reçu des copies de l’avant-projet de loi de la Fédération des églises chrétiennes.
Alain ILONIAINA</B>
OPPOSITION
<B>Les 3FN dans la logique de l’élection du 3 décembre</B>
■ L'élection est maintenant incontournable. Les Trois forces nationales (3FN) veulent connaître les candidats sérieux à la présidentielle avant d'annoncer leur position vis-à-vis de l’élection du 3 décembre. Ainsi, les représentants des entités regroupées dans cette plate-forme de l'opposition n'ont pas encore adopté, avant-hier, de résolution commune, lors de la réunion à la villa Soimanga à Manakambahiny.
L'explication donnée à l'issue de la rencontre par le coprésident du Conseil national de suivi et d'orientation (Cnso), le pasteur Richard Andriamanjato, est claire. “Nous attendons, d'abord, les dépôts de candidatures de tous les prétendants à la présidence de la République, pour connaître les candidats officiels. La position qui va être prise face à l'élection présidentielle devra, ensuite, refléter la vision des 3FN. Nous cherchons à éviter, à tout prix, les éventuels troubles qui risquent de faire entrave à l'élection”, soulève le porte-parole des 3FN.
Mais le pasteur Richard Andriamanjato a commencé, avant-hier, son intervention en critiquant le maintien de la date du 3 décembre pour rejoindre les urnes. “L'organisation d'une consultation populaire dans les conditions actuelles qui ne sont pas favorables aux élections, équivaut à une provocation de la part du pouvoir. Mais les 3FN ne s'adonnent pas aux actes de perturbation. Nous ne sommes pas capables d'empêcher la tenue de l'élection”, ajoute t-il.
Pour les autres partis politiques affiliés aux 3FN, la décision que va prendre ce rassemblement de l'opposition concernant l'élection, ne présente aucun intérêt. Le parti Mavana, présidé par l'ancienne parlementaire Louisette Raharimalala, ne remet plus en cause sa position. Selon le secrétaire général du parti, Cyrille Rasambozafy, le Mavana est actuellement préoccupé par un autre souci. “L'existence d'une plate-forme constituée par les trois partis, à savoir le Leader Fanilo, Ny Fihavanantsika et le Mavana, ne nous permet pas de rester sans prendre notre responsabilité. Les deux autres partis ont déjà leurs candidats respectifs.
Le Mavana doit alors tenter de rapprocher les deux autres formations en vue du deuxième tour de l'élection”, affirme-t-il. Le président tournant de l'Avant-garde pour la rénovation de Madagascar (Arema), le sénateur Robert Razaka indique le ralliement de son parti à la cause des 3FN. “L'Arema fait partie des 3FN. Nous revendiquons l'égalité de chance pour tous les candidats. Nous condamnons les menées du pouvoir en vue d'écarter la candidature de notre secrétaire national Pierrot Rajaonarivelo”, souligne-t-il. Mais Robert Razaka conclut que la position actuelle de l'Arema peut changer suivant le contexte.
<B>Les prix du carburant baissent</B>
La logique du marché est respectée. à la suite de la baisse du cours mondial du pétrole, survenue voici quelques semaines, les pétroliers locaux feront de même à la pompe.
Une éclaircie dans la tempête. Pierre-Aimé Clerc, directeur général de la société de distribution pétrolière Total Madagascar, a confirmé, à Ankorondrano, l’éventualité d’une baisse au cours du prochain changement des prix à la pompe. “C’est certain, il n’y aura pas de hausse”, soutient-il. “Une baisse est même probable pour quelques produits”, fait-il encore savoir.
Depuis la série de hausses, plus ou moins importantes au début de l’année, la prochaine modification des prix serait la première baisse enregistrée au niveau des prix du carburant.
“La cargaison, en plein débarquement à l’heure actuelle, a été achetée à un prix plus bas que la précédente”, explique Pierre-Aimé Clerc. “Même si la différence de prix est moindre entre les deux arrivages, c’est une bonne nouvelle pour les consommateurs”, tient-il à remarquer.
La nouvelle structure de prix devra ainsi s’établir en fonction du prix et du volume de la nouvelle cargaison, mais aussi de l’état du stock actuel. “Le prix du super carburant est le plus susceptible de connaître une baisse dans ce cas”, précise encore le directeur général de Total Madagascar. Par contre, pour les autres produits, les prix risquent de rester stationnaires.
“La situation est délicate pour tout le monde”, continue Pierre-Aimé Clerc dans ses explications. “Nous avons intérêt à vendre le maximum de carburants. Les prix appliqués aujourd’hui ne sont pas favorables au commerce”, affirme-t-il en faisant référence à la baisse de vente que la société subit avec la structure de prix actuelle.
“Une baisse de 13 % a été enregistrée au mois d’août 2006 par rapport à la même période l’année dernière”, fait-il ressortir. D’une manière générale, une tarification élevée est un handicap pour le commerce. “Nous avons intérêt dans ce cas à faire baisser les prix puisque nous sommes une société de distribution”.
Dans le calcul des prix à la pompe, le coût du carburant est le plus déterminant. Près de 50 % de la valeur marchande du produit à la consommation représente l’achat brut, tandis que 35 % est engagée dans la logistique et le reste, soit 15 %, représente la marge bénéficiaire et les frais de distribution. La fluctuation du cours mondial du pétrole se répercute ainsi et immédiatement sur les prix à la pompe.
Le directeur général de Total Madagascar souligne également les difficultés de la distribution pétrolière à Madagascar. “Le marché malgache a une particularité assez difficile à gérer”, indique-t-il. “Le marché est petit par la taille, mais s’étend sur une très grande surface. Le pays est nettement plus grand que la France, pourtant, il ne consomme pas plus qu’un département”, schématise-t-il. “Il faut à un produit parcourir des milliers de kilomètres pour arriver dans une station-service de Nosy Be”, conclut-il.
<B>Doda ANDRIANANTENAINA</B> <I>L’express de Madagascar</I>
FORMATION
<B>Sept millions de tonnes d’hydrocarbures menacent les côtes malgaches</B>
■ Sept millions de tonnes d'hydrocarbures menacent nos côtes chaque année. Zone de circulation des hydrocarbures en mer, les côtes maritimes malgaches sont exposées au risque accru de pollution marine.
Depuis hier, des militaires du Régiment de la protection civile du ministère de la défense nationale, ainsi que des agents des compagnies pétrolières se forment dans la prévention et la lutte contre le déversement des hydrocarbures en mer. La formation se déroule au siège de l'Organe de lutte et prévention contre l'avènement de la pollution marine, à Ambatobe (Olep). Quarante personnes y participent. Elle est assurée par des responsables de l'Olep, en collaboration avec des experts français de la direction départementale de la Réunion. “La préservation de notre espace maritime contre la pollution constitue une priorité, dans la mesure où près de 7 millions de tonnes d'hydrocarbures circulent annuellement dans l'océan Indien et dans le canal de Mozambique”, affirme Aurélien Andrianarison, coordonnateur national adjoint, chargé de la formation et des relations extérieures de l'Olep.
Les militaires du régiment de la protection civile sont des gens de terrain. “Leur intégration dans le projet permet d'augmenter le nombre d'agents capables d'intervenir en cas de nécessité”, explique l'expert français Pierre Piovanno. Il souligne que cette formation vise à les initier dans les interventions de grande envergure, aussi bien au niveau national que régional, soit au niveau des pays de la commission de l'océan Indien.
L'implication des agents des compagnies pétrolières permet de mieux assurer la sécurisation de nos espaces, maritimes et aussi continentaux. En mer, les compagnies pétrolières sont les principales utilisatrices des tankers et des navires pétroliers. “Actuellement, les compagnies pétrolières sont tenues à élaborer leur propre plan de lutte contre le déversement des hydrocarbures. Dans cette entreprise, elles doivent se référer aux directives de l'Olep .
C'est pourquoi, nous collaborons étroitement avec elles”, affirme Aurélien Andrianarison. Expliquant l'avancement de ce projet qui est mis en oeuvre avec les pays de la COI, Rolland Rakotondrasata, coordonnateur national de l'Olep, affirme que Madagascar dispose déjà des matériels suffisants pour faire face à ce danger. Ils sont répartis dans les neufs ports, primaires et secondaires confondus, du pays. Clôturée hier, cette formation d'Ambatobe entre dans le cadre du programme de formation annuel établi par l'Olep pour l'utilisation effective de ces équipements.
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