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La survie de l?humain dépend de la conservation de la nature

21 septembre 2006, 00:00

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La nature n?a pas besoin des hommes pour survivre, mais les hommes ne survivront pas sans la nature. C?est un fait. C?est exactement ce que la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) veut faire comprendre aux Mauriciens. ?Vous avez une biodiversité extraordinaire et il est de votre responsabilité de la préserver?, plaide Lone Raffray, de la MWF.

Pour nous aider à en prendre conscience, la MWF ouvre aujourd?hui, au Blue Penny Museum, une exposition qui présente une empreinte d?une patte du dodo et dix sculptures en bronze de créatures disparues et qui vivaient à Rodrigues et à Maurice.

L?histoire de l?empreinte est très intéressante. Le dodo a été vu pour la dernière fois vers les années 1660 à 1680. Il existe à l?heure actuelle très peu de restes de cet animal : quelques squelettes et quelques ossements conservés dans des boîtes. L?empreinte que présente la MWF a été modelée à partir d?une vraie patte de dodo exposée en son temps au National History Museum de Londres. Cette patte a disparu, perdue à jamais, on ne sait trop comment. Mais quelques empreintes en avaient été prises et la MWF a pu en obtenir une. ?C?est une empreinte à 100 % exacte?, dit Lone Raffray.

La grande majorité des Mauriciens ne se rend pas compte de l?importance à conserver les espèces. Une preuve s?il en faut, nous parlons toujours avec fierté de la ?nationalité mauricienne? du dodo légendaire, sans pousser la réflexion plus avant ; sans vraiment se désoler de sa disparition, sans se demander quelles ont été les conséquences de l?extinction du dodo, et de plusieurs autres espèces, sur la biodiversité.

Mais la MWF concède que la réponse à cette interrogation n?est pas connue. Elle considère qu?il ?est difficile d?être précis? sur un événement qui s?est passé il y a si longtemps. ?Mais chaque espèce a sa place et, si l?on extermine des espèces, ce sera comme enlever des fils d?un tapis. Le tapis ne sera pas entier et ne tiendra pas comme il devrait?, explique Lone Raffray.

Réchauffement de la planète

En d?autres termes, chaque espèce joue un rôle important dans la nature et l?extermination de l?une ou l?autre résultera en un dérèglement de l?environnement naturel. Ce bouleversement a d?ailleurs déjà commencé. Il peut être constaté par les changements climatiques et autres phénomènes naturels qui entraînent dans leur sillage morts et tragédies. Les canicules, le réchauffement de la planète, les tsunamis, les tremblements de terre en sont des exemples concrets.

Quand on parle d?espèces, on inclut également les plantes. A Maurice, il existe 674 espèces de plantes endémiques et neuf espèces d?oiseaux, sans compter les insectes et reptiles qui n?existent qu?à Maurice et Rodrigues. Certaines sont en voie de disparition. ?Il faut absolument les conserver, la survie de l?être humain en dépend?, rappelle la porte-parole de la MWF.

Si l?on pousse plus avant la réflexion sur l?importance vitale de chaque espèce, faudrait-il envisager de déconseiller de manger des animaux, lesquels ont aussi un rôle spécifique ? Lone Raffray ne le pense pas. ?Les vaches, les cochons, les cerfs ne sont pas d?ici, ils ont été importés. Au contraire, ils mettent d?autres espèces en danger? dit-elle?

Sur l?île aux Aigrettes, joyau de la MWF en matière de conservation, on peut voir des sculptures grandeur nature de ces espèces disparues. Les ?mini bronzes? exposés au Blue Penny Museum en ont été inspirés. L?exposition comprendra aussi dix ?big bronzes?. Toutes ces sculptures, fabriquées à Maurice, seront mises en vente et les recettes aideront à financer les projets de conservation de la MWF.

Le message de la MWF et de l?exposition est clair : sauvons-nous nous-mêmes en conservant les espèces autour de nous, puisque notre propre survie en dépend. C?est un véritable appel au réveil de la population que lance la MWF. Sera-t-il entendu ?

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