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Unanimité sur un besoin de réforme face au niveau de l?anglais au collège

14 septembre 2006, 20:00

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Le rapport du British Council sur le niveau d?anglais dans nos écoles secondaires interpelle. Pour certains pédagogues, il vient établir ce qu?ils pensaient déjà : que les aptitudes en anglais sont insuffisantes. Et s?il y a une chose qui fait l?unanimité, c?est qu?une profonde réforme s?impose, d?autant que des incompétences dans cette langue sont identifiées par des pédagogues comme un élément important de l?échec scolaire.

La panoplie des solutions proposées par les différents interlocuteurs est vaste. Formation des enseignants, plus grande utilisation de la langue maternelle ou tout simplement une grande révision du système éducatif dans sa globalité. Des remèdes drastiques s?imposent.

?Il n?y a pas de solutions qui puissent être appliquées tout de suite. Elles sont douloureuses à mettre en oeuvre et demandent une réelle volonté?, pense Daniel Merven, coordinateur des collèges diocésains. ?Une réforme ne peut être entreprise que lorsqu?il y a eu une prise de conscience générale?, continue-t-il. Malheureusement, nous n?en sommes pas encore là.

Ce rapport, dont l?express a publié les conclusions dans son édition du 13 septembre, et qui a été produit par le British Council à la demande du ministère de l?Education, indique que les étudiants mauriciens peinent à comprendre et à utiliser l?anglais. Les rédacteurs qualifient le niveau de ?médiocre?, même dans les star schools. Au moins 50 % de l?échantillonage choisi, composé d?élèves de 11 à 15 ans, avait atteint un niveau insuffisant.

?Je suis nullement surpris. Ça colle à ce que dit le CPE report du Mauritius Examinations Syndicate (MES) année après année. Il y a également peu d?originalité et de travail créatif dans les rédactions?, affirme Kadress Pillay, ancien ministre de l?Education. Le CPE Report 2005 indiquait déjà que le niveau d?anglais était insuffisant, car inculqué de manière mécanique.

?Il faut larguer les amarres?

Pour permettre aux enfants d?améliorer les performances, le MES indique dans le CPE Report 2005 qu?il faudrait ?modifier le type et le style d?enseignement?. Il ajoute que ?des opportunités doivent être offertes aux enfants pour lire et écrirer pour le plaisir?.

C?est l?argument qu?avance Surendra Bissoondoyal, ancien directeur du MES. ?L?enfant doit être davantage exposé à la langue. On enseigne l?anglais comme si c?est la première langue de l?enfant. Or, l?anglais est en général absent de l?environnement mauricien?, relève-t-il. Surendra Bissoondoyal va plus loin. ?La méconnaissance de l?anglais est à l?origine du taux d?échec. Les enfants sont examinés dans une langue dont ils n?ont pas une bonne connaissance et compréhension.? A ses yeux, la pédagogie de l?enseignement et la politique des langues sont à revoir. ?Il faut que nous sachions quel mode d?enseignement l?on va utiliser pour l?enfant à partir de l?âge de cinq ans. ?

Pour le Bureau de l?éducation catholique (BEC), il faut explorer la piste de la langue maternelle. ?Nous y réfléchissons depuis des années et avons commencé un projet avec la langue maternelle mais il nous faut encore avancer. Il faut oser larguer les amarres?, constate Daniel Merven. Bashir Taleb, pédagogue reconnu et recteur du Islamic Form VI College, appuie cet argument. ?Tous les linguistes du monde disent que la langue maternelle doit avoir une grande place dans le processus d?apprentissage à l?école.? ?Certes, l?usage du kreol apportera une meilleure compréhension mais ce n?est pas suffisant. Il faut changer l?approche et le système?, dit Kadress Pillay.

C?est aussi ce que préconise Bashir Taleb. ?C?est l?examen et le type d?examen qui demandent du changement. Une révolution au niveau de la formation des enseignants d?anglais s?impose également.? Pour beaucoup, un bon enseignant de langue est quelqu?un qui fait réussir aux examens mais aussi une personne qui développe chez l?apprenant l?amour d?une langue.

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