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Le nouveau dirigisme
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, faisait récemment état de la volonté du gouvernement d’intervenir au niveau de la microéconomie des entreprises. Il intervenait lundi dernier à un atelier sur le nouveau cadre régulateur des affaires à Pailles.
Dans la présente phase de restructuration de l’économie, l’Etat se donne un rôle d’accompagnateur des entreprises, plus particulièrement celles engagées dans les nouveaux pôles industriels. De ce fait, son intervention touche plus directement les paramètres microéconomiques des sociétés.
Certes, le principal mandat économique d’un gouvernement est d’œuvrer en faveur d’une stabilité macroéconomique, soit un environnement prévisible qui permet aux entrepreneurs de prendre des décisions informées.
Mais comme l’a rappelé le ministre des Finances, la richesse est créée au niveau microéconomique. Il faudra concevoir une forme de dirigisme plus inventif pour pouvoir faire une différence dans l’environnement immédiat de l’entreprise.
Nous sommes arrivés à la fin d’un cycle économique avec le démantèlement des préférences commerciales. Le gouvernement n’a plus de contrôle sur les grands paramètres macroéconomiques qui sont plus que jamais à la merci des forces de la concurrence mondiale.
Il faut bâtir un nouveau modèle économique “from scratch”. Le point de départ, c’est l’entreprise. Il faut tout mettre en œuvre pour qu’elle réussisse d’autant plus qu’elle ne pourra plus compter sur des filets de protection.
L’Etat a le devoir de transformer les forces compétitives au bénéfice des opérateurs dans la mesure du possible. La déréglementation de l’encadrement régulateur des affaires, les réformes annoncées au marché de l’emploi et la fiscalité légère sont des initiatives qui visent à réduire le coût de faire du business à Maurice.
Il y a encore des efforts à faire au niveau du coût des télécommunications. Mais le plus gros problème demeure le faible niveau de productivité dans l’économie. L’Etat peut intervenir de manière indirecte à travers sa politique de formation afin que les opérateurs puissent avoir accès à un pool de personnel performant.
Encore faut-il que le contenu des programmes de formation corresponde aux exigences des métiers en question. Un récent dossier publié par “l’express” sur la formation dans l’informatique (“Informatique – Les faiblesses de la formation”, article paru dans l’édition du lundi 11 septembre) révèle des lacunes importantes dans l’enseignement de l’informatique à l’université de Maurice et dans d’autres institutions tertiaires locales. Celles-ci mettraient sur le marché des ingénieurs informatiques qui ont des aptitudes de “problem solving” plutôt moyennes.
Les politiques d’accompagnement sont très vitales pour assurer le développement des entreprises. Il importe cependant de bien saisir les réalités et les exigences de chaque activité avant de proposer des interventions. Le cas échéant, les solutions conçues risquent de passer complètement à côté de la plaque.
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