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?Entre autoritarisme et laxisme, il y a la communication?

29 août 2006, 00:00

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● Parlez-nous de l?Institut de la médiation éducative (ME) que vous présidez ?

C?est une organisation non gouvernementale, enregistrée en 2002, à la suite d?un cours de formation gratuite en médiation éducative parentale, délivré par Gilbert Richard, enseignant français. Ce cours a été co-financé par le diocèse de Port-Louis et l?Unicef. Un groupe de parents ayant suivi le cours et dont je fais partie, a voulu animer des sessions pour d?autres parents. Pour opérer dans le cadre d?une structure formelle, nous avons créé cette ONG.

● Pourquoi être restés aussi silencieux depuis 2002 ?

Comme ce cours nous a été gracieusement offert par le diocèse de Port-Louis, nous nous sentions moralement redevables. Nous avons donc animé des cours pour les parents dans les collèges confessionnels et les paroisses. Mais nous avons aussi animé des sessions à l?intention d?associations communautaires.

● Qu?est-ce que la médiation éducative parentale ?

Le parent est le premier éducateur de l?enfant. Entre l?autoritarisme et le laxisme, il y a une autre voie basée sur la communication pour favoriser le développement intégral de l?enfant. Le parent doit reprendre conscience de son rôle et ça s?apprend.

● Nos parents n?avaient pas toutes ces facilités et ils s?en tiraient bien. Etaient-ils meilleurs que ceux d?aujourd?hui ?

Les parents d?autrefois étaient plus entourés. Il y avait les grands-parents, les tantes, les voisines et la communauté. Tout ce soutien des parents a disparu. Il n?y a pas de bons ou de mauvais parents. Il y a un parent qui essaie de gérer sa vie et celle des siens. Ce n?est pas tant une question d?individus que de contexte qui a changé et qui rend la communication parent-enfant défectueuse. Il y avait toute une transmission de valeurs qui se raréfie. Il est vrai que d?autres valeurs sont apparues comme le souci de l?environnement, mais des valeurs importantes ? être ensemble, rire et s?amuser ? ont disparu. La seule communication parent-enfant désormais est : ?Fais çi, fais ça?. Le parent n?est plus à l?écoute de l?enfant.

● Le nombre d?abus dans la famille semble en hausse. Est-ce dû à cette lacune ?

Je ne crois pas qu?un parent se lève le matin en se disant qu?il sera bon ou mauvais avec son enfant. Je crois qu?il y a des parents mal informés, qui n?ont pas eu une relation parent-enfant de qualité et qui reproduisent leur vécu. Ces abus existaient également autrefois mais ils n?étaient pas autant dénoncés.

● Comment vous y prenez-vous avec les parents ?

La première session est une prise de contact. Ensuite, il y a cinq autres qui s?articulent autour de l?estime de soi et la gestion de l?impulsivité qu?ils doivent transmettre à l?enfant. Il y a aussi la gestion de leur temps qui doit être de qualité. Le but est de communiquer avec l?enfant pour qu?il réfléchisse seul, fasse ses choix selon les valeurs transmises, gère ses difficultés, bref, qu?il soit autonome. Ces sessions ont lieu le samedi de 14 à 16 heures au collège Lorette de Rose- Hill. Mais elles ne sont pas consécutives car tout dépend de la disponibilité des parents.

● Votre prochaine session est pour quand ?

Pour le samedi 2 septembre à la même heure et au même endroit. Les parents intéressés sont priés de se faire préalablement enregistrer en téléphonant au 454-5217 aux heures de bureau et au 464-7665 après les heures de bureau.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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