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Plan d?action à différents niveaux contre le chikungunya
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Plan d?action à différents niveaux contre le chikungunya
Impliquer davantage les médecins privés dans la surveillance, introduire un nouveau test en laboratoire, pénaliser les récalcitrants en amendant la loi, nettoyer rigoureusement les sites où les moustiques prolifèrent? telles sont les grandes lignes du plan d?action du gouvernement pour lutter contre le chikungunya.
Ce plan a été présenté hier, lors d?une rencontre du comité interministériel dédié à ce virus avec la presse. Le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun, assure la présidence de ce comité. Il est composé de dix ministres, dont Xavier-Luc Duval, Satish Faugoo, Rama Valayden, Dharam Gohkool, James Burty David, entre autres.
Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, évoque un plan à plusieurs niveaux, incluant la surveillance, le contrôle du vecteur qui est le moustique, la communication, la mobilisation sociale et les amendements au Public Health Act.
Aux 47 surveillance officers à l?aéroport, 33 autres s?ajouteront. Le personnel sanitaire et du département entomologie sera renforcé.
Désormais, 18 ?médecins sentinelles? du privé officieront dans différentes régions. Ils feront la liaison avec le ministère à propos de cette maladie. Un médecin par région sera désigné pour faire le point avec les autorités. Les autres médecins privés ont toujours l?obligation légale de rapporter tout cas. Cependant, comme ils ne s?y sont pas tous pliés l?été dernier, les autorités veulent compter sur un médecin qui prend l?engagement de comptabiliser.
?Nous voulons les impliquer davantage, car à travers eux, nous pourrons obtenir des données importantes qui nous aideront à avoir une surveillance rigoureuse?, soutient le ministre Faugoo.
Pour ce qui est du contrôle du moustique, vecteur du virus, 13 bureaux sanitaires, divisés en dix sous-zones, devraient mener la guerre avant tout aux sites où ils se développent, qu?ils soient permanents ou semi permanents. Le dernier budget a fait provision pour que 160 épandeurs s?ajoutent aux 37 du moment. Dix camions additionnels ont été achetés. La démoustication continue dans les régions à risque.
Une vaste formation est prévue pour 200 officiers, qui joueront un rôle clé au sein de la communauté. Il s?agit de mieux sensibiliser le public aux précautions à prendre pour éradiquer les foyers de moustiques. 1 500 autres personnes, dont des représentants de jeunes, de femmes et autres socio-culturels seront concernés.
État d?alerte constant
Satish Faugoo a confirmé l?introduction probable d?une contravention directe, sans délai, avec une amende fixe (fixed penalty), à ceux qui ne respectent pas les normes sanitaires relatives à la maladie. Les dispositions actuelles prévoient que l?inspecteur sanitaire serve un avertissement et donne un délai de plusieurs jours avant de poursuivre. Le délai, soutient le ministre, est un risque réel pour le chikungunya.
Le ministère de l?Environnement nettoie les berges des rivières, où pullulent les moustiques. Le ministre Anil Bachoo dit que son administration assure aussi le dragage des rivières qui sont boueuses. 20 000 poubelles seront distribuées dans un premier temps et 35 000 ultérieurement.
Une campagne étalée sur 365 jours démarre en collaboration avec la MBC. Elle comprendra des causeries, un message du jour, des dessins animés, des documentaires.
Le ministre David, qui parle d??état d?alerte constant?, s?en va en guerre contre les terrains en friche. Les collectivités locales mettront de plus en plus la pression sur les propriétaires pour qu?ils les nettoient. Au cas où le propriétaire n?a pu être retracé, les municipalités et les conseils de districts nettoieront le terrain. A une condition cependant : si le propriétaire sollicite un jour un permis de développement ou de construction, il devra payer pour le nombre de fois où son terrain a été nettoyé.
IMPACT ÉCONOMIQUE
Manque à gagner de 36 000 touristes
■ Xavier-Luc Duval a chiffré le manque à gagner de touristes pour la période de mars à juillet à cause du chikungunya. Il s?élève à 36 000 touristes, soit une baisse de 35 % des arrivées. Cela est dû à la régression sur le marché réunionnais et français. Heureusement, fait ressortir le ministre, ?qu?au lieu d?une baisse globale de 15 % en terme général, la baisse n?a été que de 2,6 % pour janvier à juillet, à cause de la diversification du marché.? Il a repris confiance quand il a noté qu?en juillet la baisse de 40 % sur le marché français est passée à 20 %. Le fait qu?un tiers de nos visiteurs passent par la Réunion est aussi un élément à prendre en compte. Il s?agit de remotiver ce marché. Un grand ?road show?sera organisé avec le secteur privé à Paris, Toulouse, Bordeaux, Lyon et Marseille. Se voulant rassurant, Xavier Duval affirme que ?le pays a souffert, le tourisme a souffert, mais en comparaison à la Réunion, nous avons mieux fait?.
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