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Pr Upadhyaya : Ce que l?Inde doit aux Grecs et Perses

3 août 2006, 00:00

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Et vice-versa. Car, comme l?explique si bien, en août 1981, le Pr B.S. Upadhyaya, haut-commissaire de l?Inde à Maurice, lors d?une de ses conférences sur les civilisations indiennes, ?la Grande Péninsule donne autant qu?elle reçoit ?. En cela, elle demeure un des meilleurs exemples qui soient de ce que doit être le dialogue inter-Etats, inter-cultures et inter-religions. Nous sommes alors loin, très loin, des relations unilatérales, globalement mondialistes, que veulent imposer de grandes puissances impérialistes au tiers monde, oubliant que les seules conquêtes durables sont celles du c?ur, de la fraternité et de la solidarité la plus grande.

Comme en Mésopotamie où naissent Sumer, Babylone et Assur, l?Inde voit la naissance et le développement de civilisations exemplaires. Les empires ne durent jamais longtemps quand ils ne respectent pas le principe de la seule conquête acceptable car raisonnable, celle du c?ur et des esprits. Ils durent quand même quelques siècles parfois, si cela peut consoler nos fondateurs de dynastie politique. Les Grecs eux-mêmes succèdent aux Perses, avant de devoir céder la place, d?abord aux Romains, puis aux Barbares, aux Vandales, aux Wisigoths, à ?nos ancêtres les Gaulois?, aux Huns d?Attila (pour la liste complète, référez-vous aux albums Tintin de l?intégriste Hergé).

Alexandre le Grand (à ne pas confondre avec le Bienheureux) construit une route entre la Grèce et l?Inde. Plus malheureux qu?Ulysse, il n?est pas ?retourné plein d?usage et de raison, vivre entre ses parents le reste de son âge?. Quatre généraux, même pas secrétaires ? les plus dangereux ? se partagent son empire. Leur Macédoine n?impressionne guère les Indiens, préférant ? on les comprend sans peine ? des mets plus épicés et pimentés. Les Grecs ? Timeo Danaos même quand ils ne lèguent rien ou presque ? s?implantent quand même pendant deux siècles dans le Punjab et le Sind avant d?être vaincus. Ils occupent l?équivalent de l?empire de Chandragupta, (circa 300 avant J.C.), fondateur de la dynastie Maurya, avec sa capitale à Pataliputra, aujourd?hui Patna, Bihâr. On le considère comme le premier souverain de l?Inde. Il abdique et se serait laissé mourir de faim à la manière jaina ou samlekhana, suicide rituel par inanition volontaire pour parvenir plus sûrement au Kevala (celui qui atteint l?Absolu, sinon soi-même, 5e et plus haut degré de Connaissance, l?équivalent de Bodhi pour les bouddhistes). A ne pas confondre, bien sûr, avec les grévistes de la faim diurnes seulement, ni avec Ursula Andress mais souvent dévêtue.

Le Pr Upadhyaya rappelle à son auditoire tout ébaubi que l?Inde doit son nom actuel à un défaut de prononciation des Perses. Ces derniers, ne pouvant prononcer Sind (ancien et véritable nom de l?Inde), forgent le nom ?hind?. Les Grecs, autres ignorants, ne connaissant pas la lettre « h », créent le mot ?Ind?. Pour rétablir la vérité historique, il suffit de mettre le tout au pluriel pour obtenir ?le(s)indiens?. A ne pas confondre, bien sûr, avec les Peaux Rouges d?Amérique du Nord ni avec les Incas et les incultes.

Les Grecs apprennent aux Indiens l?astronomie que leur enseignent les Perses. Comme ils sont ce que l?Occident a fait de mieux, ils se convertissent à l?hindouisme, prennent surtout des noms locaux et obtiennent par conséquent de précieux actes de naissance. Il est généralement accepté qu?ils sont les ancêtres des Chambeys de Mathura, ville de l?Uttar Pradesh sur les bords de la Yamuna, au sud de Delhi et à 60 km au nord d?Agra. Mathura est une des sept cités sacrées de l?Inde. Krishna y serait né. Pendant l?époque des Gupta, elle devient la place forte protégeant le moyen Gange. Des envahisseurs et autres occupants détruisent malheureusement bon nombre de ses monuments historiques hindous et bouddhiques. La ville est aujourd?hui un grand centre commercial et industriel, produisant principalement de la papeterie, des cotonnades, des produits chimiques.

Les Grecs de l?Inde sont aussi à l?origine de l?Ecole de Gandhara, ou ?pays des Gandharvas?. Il s?agit du nord-ouest de l?Inde, région ayant fait partie de l?empire perse et conquise par les Grecs d?Alexandre le Grand. Des satrapes indo-grecs y règnent jusqu?à 30 avant J.C. Des cousins Kushans leur succèdent. L?art du Gandhara serait le premier à avoir représenté le Bouddha sous forme humaine. Il mêle aussi harmonieusement les critères et les thèmes hellénistes à l?art indien prévalant à Mathura. L?art du Gandhara disparaît avec les invasions barbares des 5 et 6e siècles.

Le Pr Upadhyaya rappelle que, vers le 2e siècle avant J.C., une famine incite les Huns (qui donneront leur nom à la Hongrie où nous attend Christophe Vallée) à pousser vers l?Ouest (comme quoi les Yankees n?ont rien inventé). Ils délogent les Shakas (étrangers venus du nord-ouest et de l?Hindu-Kûsh) et les poussent vers le nord. Ils peuvent être à l?origine des Cosaques (ou co-Shakas). Les Shakas apportent à l?Inde leurs calendriers, horoscopes, culte du Soleil (Sooryah). Les cousins Kushans donnent naissance au style gupta (dynastie qui règne sur la vallée du Gange de 240 à 535 et qui compte de nombreux rois, ne parvenant pas à conquérir le Dekkan, la partie du sub-continent indien s?étendant au sud de la rivière Narmada.

Le Pr Upadhyaya dénigre volontiers les Huns et les autres, avec leur longue chevelure, pleine de poux, leur odeur nauséabonde. Il concède toutefois que couteau, cuiller et fourchette nous viennent de Mongolie. Les Indiens apprennent, en revanche, aux Grecs l?art du tissage du fil de coton. Ils leur apprennent aussi à durcir leurs flèches en les munissant de pointes de fer, recette faisant florès en Parthie (aujourd?hui Khurasan, Iran).

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