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Tourisme religieux : une filière qui a du potentiel
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Tourisme religieux : une filière qui a du potentiel
Églises catholiques, mosquées, temples chinois, tamouls et autres chapelles, se côtoient en toute quiétude dans de nombreuses villes de l?île. Le voisinage de ces édifices culturels témoigne de la foi des Réunionnais mais laisse entrevoir aussi un grand potentiel touristique, vu la variété de cultes et de religions pratiquées par la population locale. Pour autant, la filière est encore loin d?être développée.
Patrice Louaisel l?a bien compris, il n?y a pas que les atouts naturels de l?île qui soient susceptibles d?intéresser les touristes. Aux visiteurs qui sauront prendre le temps de les découvrir, entre une journée de plage et une sortie au volcan, les circuits multi-religieux qu?il propose leur seront d?autant plus utiles. Une manière, selon lui, de rendre son séjour dans l?île ?plus intelligent?, dès lors que l?on sait que La Réunion se compose d?une mosaïque de peuples, de cultures et de spiritualités. Cela fait près de 12 ans que ce travailleur indépendant domicilié à Saint-André se passionne pour le patrimoine culturel et religieux de l?île au point de proposer des sorties aux touristes locaux ou extérieurs. Une activité peu rentable, explique-t-il, les candidats ne se bousculant pas à sa porte. ?Les touristes ne viennent pas à La Réunion pour visiter ses églises et ses temples.? Ce ne serait pas mieux du côté des îliens. ?Une grande partie de la population locale ne s?intéresse pas aux religions et traditions des autres, chacun restant dans son coin?, se désole-t-il. On est très loin de l?eldorado, mais en tant que passionné, notre homme ajoute que malgré une baisse sensible cette année, ses sorties culturelles sur les religions ?tournent assez bien?. Avec une cinquantaine de sites religieux et de lieux de cultes répartis dans toute l?île, le potentiel touristique est bien réel mais la filière est encore loin d?être développée. Le CTR réédite depuis quelques années son guide
?La Réunion des religions et des traditions? dans lequel des circuits religieux sont répertoriés. Il est possible de découvrir églises, mosquées, temples, pagodes ou cimetières.
Protéger le patrimoine
?On a des atouts, mais il manque des initiatives?, souligne Jocelyne Lauret, présidente du CTR. Des initiatives, les offices de tourisme en proposent pourtant, de même que les municipalités. Depuis 2000, Saint-Louis et Saint-Pierre font partie du réseau national des 120 villes françaises à avoir le label ?Pays d?art et d?histoire?. Fidèle à sa mission, le pays d?art et d?histoire des ?Portes du Sud? organise depuis 2003 des visites guidées du patrimoine et notamment des édifices et sites religieux de la micro-région. Autant dire que la filière en est encore à ses balbutiements. ?Le problème est que beaucoup d?édifices ont été perdus, on commence à peine à protéger notre patrimoine culturel?, souligne Pascal Laude, animateur de l?architecture et du patrimoine. Pour le moment, outre les groupes scolaires, les visiteurs passés par le pays d?art et d?histoire sont peu nombreux. Moins de 250 personnes pour 65 visites menées en 2005. Mais paradoxalement, Pascal est optimiste. Il sent qu?il y a là un secteur à développer : pour preuve, chaque année, les deux journées du patrimoine organisées dans l?île au mois de septembre attirent des milliers de visiteurs...
Les conteurs ?péi? en quête de reconnaissance
Ils sont une quinzaine d?adhérents : conteurs ou simples personnes s?intéressant aux contes de la Réunion. Objectif du collectif Kozé Conté, opérationnel depuis un an : promouvoir les zistwar péi à travers l?organisation d?événements autour du conte, aussi bien à la Réunion qu?en métropole.
Le collectif se positionne aussi comme une force de revendication, notamment face au manque d?intérêt du service public pour cette profession.
Christine Langot n?y va pas par quatre chemins pour définir la situation actuelle des conteurs de la Réunion : ?Ce n?est pas très enthousiasmant. Mises à part deux ou trois personnes, les conteurs ne sont pas reconnus dans l?île.? Pourtant, ils sont bien là, présents sur le terrain. En dehors des ?kabarés? organisés au feeling, spontanément, quand ils ne sont pas sollicités à intervenir dans les écoles et les collèges, ils mettent en place des soirées conviviales, décontractées et festives. ?Ça marche partout. Sauf à la Réunion.? Et la présidente du collectif Kozé Conté d?évoquer les nombreux festivals organisés en métropole dont celui qui se tient depuis une douzaine d?années au foyer de Joinville. Chez nous, le dernier festival du conte remonte à 1992 à Saint-André, à l?initiative de Josie Virin et ses élèves dans le cadre d?un Projet d?action éducative.
Un patrimoine immatériel
En plus des conteurs péi, la manifestation a vu la participation de conteurs malgaches, algériens et mauriciens. Malgré le succès de l?événement, aucun organisme, ni privé, ni public, n?a repris le flambeau, après le départ pour la métropole de l?enseignante. Les marmailles sont les premières victimes de ce manque d?intérêt des collectivités. Car ?le conte est une façon de construire l?enfant, d?assurer son équilibre?, estime Jean-Bernard Ifanohiza des Contes Calumets : ?On décrit à travers les contes quelque chose d?agréable à vivre et de réconfortant. En même temps, ça permet d?y voir plus clair et d?éviter pas mal d?obstacles dans la construction de l?existence.?
Clicanoo.com
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