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Comment la majorité a basculé du côté du MR
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Comment la majorité a basculé du côté du MR
Après l?interview de Serge Clair accordée à l?express-Rodrigues le 12 avril dernier, au cours de laquelle, il critiquait ouvertement ses commissaires, les observateurs politiques lavaient prévu que sa majorité à l?Assemblée régionale allait être fragilisée. Le boycott des commissaires, lors de la réunion de l?exécutif, quelques jours après cette déclaration, était le premier signal qui lui a été donné. Toutefois, après des négociations au sein de l?OPR tout semblait être rentré dans l?ordre. Mais ce n?était que partie remise?
Serge Clair maintient à plusieurs reprises dans des déclarations, que certains commissaires sont indisciplinés et qu?ils doivent changer de comportement.
L?un d?eux, Robertson Mercure, commissaire à la Sécurité sociale se sent visé. Il dit recevoir des lettres dans lesquelles sa vie privée est étalée en public. Pour répondre à Serge Clair, il démissionne comme commissaire et prend ses distances de l?Organisation du Peuple Rodriguais (OPR) le 20 juillet. La majorité, qui comptait dix membres à l?Assemblée contre huit à son adversaire, le Mouvement Rodriguais (MR) est affaiblie. Valeur du jour, si Robertson Mercure vote avec le MR, chaque parti comptera neuf voix et il faudra compter sur le casting vote du président de l?Assemblée, Joseph Chan Lye Lamvohee, pour trancher. Le MR menace de présenter une motion de blâme contre le Chef commissaire. Pour être sûr de bénéficier d?une majorité, le parti du Minority Leader, Johson Roussety, doit compter sur un autre membre de l?OPR. Quatre jours après la démission de Robertson Mercure, Marie-Lindsay Castel, nommée sur la party list de l?OPR prend ses distances du parti. Elle s?en prend à ses anciens dirigeants dont Serge Clair.
Au même moment, le Chef commissaire, qui a la responsabilité de la commission de la Pêche, fait face à la plus grande difficulté de sa carrière politique. Une foule composée de pêcheurs, mécontents de la réduction de leurs allocations de mauvais temps, manifestent devant son bureau. Il est même agressé lorsqu?il sort de son bureau.
Le lendemain, le mercredi 26 juillet, le MR, assuré d?une majorité à l?Assemblée, décide de présenter une motion de censure. Quelques heures auparavant, le Chef commissaire anime un point de presse et évoque son agression de la veille. Il esquive la question de la motion de censure et déclare qu?il y fera face le moment donné. Sentant que le terrain glisse sous ses pieds, il rentre à Maurice mercredi soir. Il cherche conseil et expose ses problèmes au Premier ministre Navin Ramgoolam et au Président de la République, Sir Anerood Jugnauth. Il souhaitait que l?Assemblée régionale soit dissoute. Dans l?après-midi de jeudi, il rencontre la presse et dit qu?il ne se rendra pas à l?Assemblée régionale dont la séance pour débattre la motion de censure est fixée à vendredi à 14 heures. Il dit compter sur le Premier ministre et le Président pour dissoudre l?Assemblée et rendre caduque la motion tant redoutée. Mais le Premier ministre ne veut nullement s?ingérer dans cette affaire. Il dit vouloir laisser les choses suivre la procédure. On comprend qu?il ne conseillera pas au Président de dissoudre l?Assemblée.
Serge Clair rentre à Rodrigues par le premier vol d?Air Mauritius à 8 heures, vendredi matin. Il rencontre tous ses conseillers et les membres de son parti pour décider de la marche à suivre. Mais sa journée commence mal. L?avion partira avec du retard. Il ne ralliera l?île que vers midi. Entre-temps, les tractations se poursuivaient entre des membres de l?OPR. Il y a un émissaire mauricien pour convaincre Marie-Lindsay Castel de retourner au bercail. La démissionnaire laisse planer le doute. Tantôt, elle donne l?impression de redonner son soutien au parti de Serge Clair et tantôt, dit soutenir le MR. L?heure du vote approche. Non assurés du soutien de Marie-Lindsay Castel, le Chef commissaire et ses sept membres préfèrent démissionner plutôt que de perdre la face à l?Assemblée. Le président l?Assemblée ne reçoit leurs lettres de démission que quelques minutes venant l?heure fixée pour la séance. Les jeux sont alors faits. Marie-Lindsay Castel n?est pas présente à l?Assemblée. Mais elle est dans la foule des partisans du MR peu après la levée de la séance.
C?est la joie dans le camp du MR. Les dirigeants du parti se mettent au travail pour préparer un shadow cabinet, alors que ceux de l?OPR essaient de trouver des boucs émissaires pour expliquer leur déconfiture.
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