Publicité
Au service de la transformation
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Les services occupent une place de choix dans la nouvelle architecture économique qui se met en place. L’économie des services se doit au plus vite trouver ses marques pour être à même de tirer une croissance supérieure à 6 % dans les prochaines années.
Maurice a déjà des forces compétitives distinctes dans le tourisme et dans les services financiers et d’affaires offshore. Il s’agit maintenant de consolider et de développer ces atouts et d’explorer de nouveaux créneaux porteurs dont le “business process outsourcing” (BPO), le tourisme médical et le tourisme de shopping.
Pour que les services jouent effectivement un rôle de catalyseur dans la transformation de l’économie, il faudrait qu’ils fassent une large place aux petites et moyennes entreprises (PME). Les métiers autour de l’activité hôtelière sont propices à une éclosion rapide de nouveaux prestataires de service. Les opérations existent déjà. Dans beaucoup de cas, il suffit simplement de remodeler la chaîne logistique (“supply chain”) pour générer du business à plusieurs petits exploitants notamment dans la restauration, les loisirs nautiques, les excursions, les boutiques et le spa, entre autres.
Cela implique que les opérateurs hôteliers acceptent de s’engager dans une logique de “unbundling”, soit une démarche stratégique qui consiste à sous-traiter certaines opérations jugées périphériques à l’entreprise. L’épanouissement des PME dans les services, au sein de l’industrie touristique ou ailleurs, devrait se faire plus aisément aujourd’hui grâce à la facilitation de l’investissement. Une personne peut lancer son entreprise dans un délai de trois jours seulement.
Mais il y a aussi des créneaux à haute valeur ajoutée dans lesquels les PME pourraient se retrouver. Le développement des logiciels, les applications multimédias, les services de comptabilité, les services conseil en affaires et en ingénierie sont autant d’activités à fort contenu de technologie et de connaissance qui sont à même de créer de nouvelles opportunités d’exportation pour les entrepreneurs.
Les BPO devraient intéresser surtout les entreprises de taille supérieure. Les centres d’appels et la sous-traitance des activités de “back-office” sont capables de générer une croissance substantielle au sein de l’activité tertiaire.
Mais une économie de services exige l’ouverture dans les deux sens. Il faut d’abord s’ouvrir aux technologies, aux investissements, aux marchés et aux compétences extérieures pour bâtir les capacités industrielles nécessaires.
En même temps, il faut donner la chance à nos professionnels de s’exercer dans d’autres pays. Les négociations sur le commerce des services à l’Organisation mondiale du commerce s’attardent beaucoup sur la question en raison de son caractère litigieux. Les pays industrialisés essayent d’ériger des barrières à la mobilité de la main-d’œuvre internationale, tandis que les grandes économies émergeantes, dont l’Inde en premier plan, militent pour plus d’ouverture au Nord. Car les travailleurs émigrés représentent une source de devises non négligeable à leurs économies. Pour réussir dans les services, il faut aussi savoir jouer sa carte à Genève.
Publicité
Publicité
Les plus récents