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Questions à Henry Loo

1 août 2006, 00:00

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● Le National Council for the Rehabilitation of Disabled persons (NCRD) a organisé hier, avec votre association, un atelier de travail sur les amendements au ?Building Act? destinés à rendre accessibles les bâtiments aux handicapés. Les architectes ne sont-ils pas déjà au courant ?

La tenue de cet atelier de travail est une très bonne initiative du NCRD que nous avons soutenue. Il s?agissait de diffuser les règlements concernant l?accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées. Les architectes devraient déjà être au courant de ces règlements, calqués sur les normes internationales. Mais si ces amendements ont été apportés au Building Act en 1999, ils n?ont été promulgués qu?en août 2005 dans la Government Gazette. Or, tout le monde ne la lit pas. Nous allons donc communiquer ces règlements à tous les architectes.

Cela dit, c?est bien d?avoir des règlements sur papier, encore faut-il les appliquer ! C?est la partie la plus importante des législations votées. Les handicapés ont du mal à se déplacer. Parfois, ce sont les bâtiments qui n?ont pas de rampes d?accès ou de toilettes adaptées. Dans d?autres cas, ils sont aux normes, mais pas l?environnement autour, comme, par exemple, les trottoirs. Il faut donc appliquer les règlements à la lettre, pas seulement pour les nouveaux bâtiments mais aussi pour les bâtiments existants qui reçoivent le public.

● Quelles améliorations apporter encore au ?Building Act? ?

Quand une administration délivre un permis de construction, il faudrait qu?une fois érigé, le bâtiment soit revisité pour veiller à ce qu?il soit conforme aux plans. S?il l?est, l?administration peut délivrer un permis d?occupation. Cela ne se fait pas. Tous les plans sont toujours bons car il y va de leur approbation. Mais c?est l?étape de mise en place sur le chantier qui cloche.

L?administration ne dispose pas de suffisamment d?urbanistes ni d?inspecteurs pour effectuer les visites. Ces professionnels sont peu nombreux et ils sont débordés.

Il faudrait que ces inspections du bâtiment fini aient lieu et si le bâtiment ne respecte pas les normes, qu?il soit démoli et refait et non pas qu?on impose seulement une amende de Rs 20 000.

L?autre problème est que les architectes ne font qu?une partie du bâtiment. Selon la loi, une personne doit recourir à l?architecte pour des constructions supérieures à 250 m2. Il faudrait enlever ce seuil. Tous les plans des bâtiments commerciaux privés qui reçoivent la visite du public devraient être réalisés par des architectes pour éviter tout dérapage.

● Comment, avec autant d?architectes, les constructions n?ont-elles dans de nombreux cas aucune cohérence ?

Les plans des hôtels sont réalisés par des architectes. Ceux des bâtiments publics par les architectes du gouvernement. Pour le reste, 90 % des plans sont faits par des dessinateurs qui n?ont pas une formation technique suffisamment étendue, alors que les architectes ont fait des études supérieures. Les gens mettent en avant les coûts car les honoraires de l?architecte représentent environ 5 % du montant global du projet. Les clients qui ne veulent pas payer se tournent vers les dessinateurs. Le pire est que certains architectes apposent leur signature sur des plans réalisés par des dessinateurs. Outre le fait de nuire à la profession, cela donne des horreurs à voir.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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