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?Notre responsabilité est de veiller à ce que les projets se concrétisent?

1 août 2006, 00:00

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● Où se situe le BOI dans ce grand mouvement de facilitation de l?investissement ?

Le BOI a été au c?ur de ce processus. L?Investment Facilitation Act est le résultat d?un gros travail de révision et de remise à jour des procédures auxquelles les opérateurs devraient adhérer. Il y a eu d?abord une étude par la Banque mondiale (BM) sur le climat d?investissement à Maurice. Par la suite, il y a eu le Doing Business Report de la BM.

Plus de 300 entreprises ont été impliquées dans cette enquête. Les données recueillies ont permis de faire un diagnostic complet de l?environnement régulateur du business à Maurice et aussi de déterminer où nous voulons aller et comment y parvenir.

Aujourd?hui, le nerf de la guerre demeure la facilitation à l?investissement. Sinon, tous les efforts entrepris au niveau de la promotion vont tomber à l?eau. C?est la raison pour laquelle le budget met beaucoup d?accent sur l?aspect facilitation.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, avait donné le ton en août de l?année dernière lors de la présentation du Setting the stage for a robust growth. Il y a eu par la suite plusieurs comités pour se pencher sur la question.

Avec l?Investment Facilitation Act, le BOI devient l?unique interface entre l?investisseur et les agences publiques. L?organisme a beaucoup plus à faire que d?octroyer des certificats d?investissement. Aujourd?hui, nous avons la responsabilité de veiller à ce que les projets se concrétisent.

● Une des tâches du BOI est de créer un climat favorable aux affaires. Quels sont les principaux éléments de cet environnement facilitateur ?

Nous voulons stimuler un climat qui permet d?approuver un projet dans un délai minimal. Les délais impliquent des coûts additionnels à l?entrepreneur. Nous voulons réduire les coûts indirects au business en éliminant les mesures discrétionnaires des pouvoirs publics ainsi qu?en combattant le manque de prévisibilité dans la prise de décisions. L?opérateur n?était jamais sûr d?arriver jusqu?au bout. Chaque intervenant (les pouvoirs publics) traitait son dossier de manière différente.

Les choses vont changer à partir du 1er octobre. Une personne pourra démarrer un business en trois jours. Elle saura exactement quelles sont les procédures à suivre. Il y aura une plateforme d?investissement ouverte qui permettra à un investisseur de démarrer son business dans les meilleurs délais et de pouvoir recruter des professionnels étrangers sans aucune difficulté.

Le démarrage d?un business sera facilité par une série de réformes administratives. Le nouvel encadrement légal prévoit l?abolition des trade licenses. En même temps, les permis de développement et les building permits seront intégrés dans un permis combiné de building and land use (BLU) permit.

Les activités économiques seront regroupées sous trois grandes classifications, à savoir commerciales, industrielles et les services. L?opérateur n?aura pas à faire une nouvelle demande pour un permis BLU s?il change d?activité au sein du même cluster.

Les directives seront publiées et il incombe aux opérateurs d?y adhérer. Les vérifications d?usage seront effectuées après l?entrée en opération de l?entreprise.

L?opérateur n?a pas besoin de se rendre auprès de plusieurs agences tels le bureau de la taxe à valeur ajoutée, le bureau de l?income tax, les services de douane et le Fonds national de pension pour enregistrer son business. Le Registrar of Companies devient le point focal de toutes ces démarches. Aujourd?hui, c?est l?information qui bouge, et non l?opérateur.

?On ne peut pas identifier à l?avance un ?winner?. Il faudra compter sur
plusieurs activités à même de s?épanouir sans filets de protection?.

● Quels seront vos principaux arguments de vente lors de vos missions de prospection à l?étranger ?

Nous allons promouvoir Maurice en tant que plateforme d?investissement ouverte et à fiscalité légère. Un environnement de taxe légère veut dire que tout le monde est traité sur un pied d?égalité. Auparavant, il y avait différents plans d?encouragement à l?investissement destinés aux différents secteurs. Dorénavant, toutes les activités seront traitées par un régime fiscal commun. Il y aura toutefois certaines dispositions transitoires dans la mesure où les détenteurs des certificats d?investissement existants pourront continuer à bénéficier des avantages auxquels ils ont droit pendant une période de temps.

Nous voulons créer une plate-forme où il est facile de faire du business. En même temps, nous allons mettre en avant la qualité des infrastructures du pays en matière de télécommunications, de routes, de l?aéroport et du port ainsi que celle de l?infrastructure financière. Notre bilinguisme, notre culture et notre stabilité politique et sociale sont autant de facteurs que nous allons promouvoir auprès des investisseurs étrangers potentiels. Nous allons nous lancer dans une campagne d?information et de communication pour sensibiliser le public sur les changements apportés et les nouvelles opportunités d?affaires.

● Quel est le rôle du BOI dans la stratégie de diversification de l?économie ?

Aujourd?hui, on ne peut pas identifier à l?avance un winner. Il faudra donc compter sur plusieurs activités qui sont à même de s?épanouir sans filets de protection.

Nous avons ciblé plusieurs secteurs tels le seafood, les technologies de l?information et de communications, la land based oceanic industry et le knowledge hub.

Nous ne négligeons pas pour autant les secteurs traditionnels. Nous faisons la promotion de l?industrie de la canne avec ses composants d?éthanol, de sucres spéciaux, de production d?énergie et de rhum agricole.

Dans le cas du textile, nous mettons l?accent sur l?habillement haut de gamme. Parmi les nouvelles opportunités dans le secteur manufacturier, nous accordons une attention spéciale à des activités à haute valeur ajoutée tel l?assemblage de précision.

Il appartient à l?entrepreneur de transformer son idée en un business profitable. Notre rôle est d?éliminer les risques liés au cadre régulateur. L?opérateur doit, lui, faire preuve d?imagination pour maîtriser les business risks.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

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