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La lumière au bout du coma

7 juillet 2006, 00:00

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Il a vécu plusieurs mois comme un légume, alimenté par le biais des tubes. Puis son état s?est amélioré d?un coup, surprenant tout le monde, surtout les médecins qui l?ont, avec l?aide du personnel soignant de l?hôpital, encadré à chaque étape de son calvaire. Un calvaire qui n?est pas tout à fait terminé?

La vie de Jean-Patrick Seraphin, un soudeur de 23 ans, bascule le 30 août 2005 lorsque sa voiture percute le pont Beau-Bois. Jeune marié de deux mois, il savoure à peine le bonheur conjugal qu?il se retrouve dans le coma à l?Intensive Care Unit (ICU) de l?hôpital du Nord. Il y reste deux mois avant d?être transféré au Ward 2-5 du département de neurochirurgie.

Son thalamus, un organe important du cerveau, qui contrôle le c?ur et la respiration, est sérieusement endommagé. Normalement en cas d?une hémorragie thalamique, il n?est pas question d?intervention. Son médecin précise cependant qu?une opération aurait été nécessaire pour sa survie si l?hémorragie s?était étendue à d?autres parties du cerveau. ?Puisqu?il est encore jeune, une autre partie du cerveau assure la fonction de la partie endommagée. C?est très rare que cela arrive?, explique son neurochirurgien.

Des signes d?amélioration

Jean-Patrick subit trois greffes de peau et plusieurs autres réparations grâce à la chirurgie plastiques. De plus, les médecins ont fort à faire au niveau de ses articulations, de son dos, et de ses membres inférieurs pour que ceux-ci fonctionnent de nouveau.

Pendant 11 longs mois, sa mère et ses proches l?accompagnent dans ce monde de silence. Mais entre les fleurs qu?on lui ramène, sa musique préférée et les longs monologues pour essayer de le faire réagir, Jean-Patrick reste de marbre. Pourtant de cet état qualifié de ?zombie? par le personnel soignant, un petit espoir commence à luire quelques mois après.

En effet, en début de cette année, Jean-Patrick commence à réagir timidement. D?abord son sobriquet Kiko, lancé par un des médecins, lui fait tourner la tête. S?il ne peut parler, il entend car il ouvre la bouche quand on le lui demande. Il montre aussi des signes d?énervement parfois?

Puis il commence à prononcer des mots avant de faire des phrases d?un trait. Si Jean-Patrick a pu s?asseoir, pour la première fois hier, il lui reste à faire plusieurs séances de physiothérapie intense.

?C?est un miracle...?

?C?était dur pour une mère de voir son fils dans cet état?, confie sa mère Ivy, en larmes, lors de sa visite à l?hôpital hier. ?C?est ce qui a de plus horrible mais aujourd?hui c?est plus qu?un miracle?, jubile Ivy, hier, en voyant son fils.

?C?est incroyable qu?il puisse comprendre et parler, s?enthousiasme une des charge nurses qui s?est occupés de lui, quand je pense à ce qu?il était quand il a quitté l?hôpital du Nord pour celui de Victoria.?

Très amaigri et malgré son air frêle sur son lit de l?ICU de l?établissement, Jean-Patrick aspire déjà à une nouvelle vie. ?Mo byen gran merci bondie?, s?exclame-t-il en grignotant un biscuit car il ne peut encore savourer le dîner apporté par sa mère. Il demande des nouvelles de son père et de son frère. Il attend de pouvoir rentrer à la maison et aller en visite chez sa s?ur, Patricia, qui s?est toujours occupée de lui quand leur mère partait travailler. Il se souvient de ses grillades qu?il adore? Il se rappelle de sa vie avant son accident, de son numéro de téléphone : ?Boukou tifi ti telefon mwa lor la.?

Il lui tarde de reprendre une vie normale depuis qu?un de ses médecins lui a fait savoir qu?il pourrait faire ses premiers pas la semaine prochaine. Le combat sera long, jonché de déprimes et de difficultés mais Jean-Patrick semble prêt à prendre le pari de vaincre.

L?HÔPITAL SSRN

Zoom sur les services neurologiques

■ 240 malades ont été opérés l?an dernier au centre neurologique de l?hôpital du Nord, contre 321 en l?an 2000 et seulement 39 en 1989. C?est là que Jean-Patrick a passé la majeure partie de ses 11 mois d?hospitalisation. Ce département, qui accueille souvent des patients de la région, intervient sur la majorité des tumeurs au cerveau. Sauf pour les tumeurs qui exigent un ?skull based surgery?, faute d?équipements.

Une tumeur se trouvant dans la partie centrale du milieu du cerveau (brainstem) ne peut être opérée à Maurice. En revanche, les enfants qui ont de l?eau dans le cerveau, peuvent être soignés. Cependant certaines complications au cerveau, provoquant des ruptures des artères, (dues à une forte hypertension ou autres facteurs), restent une problématique pour les spécialistes du Nord car il n?y a pas de service d?angiographie.

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