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Sithanen pour la proportionnelle avec le ?First Past the Post?

4 juillet 2006, 00:00

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Profitant du lancement d?un rapport sur la réforme électorale, le ministre des Finances et vice-Premier ministre, Rama Sithanen, s?est prononcé en faveur d?un régime qui intègre la représentation proportionnelle au système First Past the Post.

Egalement présent à ce lancement, l?ancien président de la République, Cassam Uteem, a profité de la présence de Rama Sithanen pour souligner le fait que le ministre des Finances est ?l?interprète idéal? pour faire avancer la cause de la démocratie auprès de ses collègues ministres et autres politiques. S?adressant directement à Rama Sithanen, il lui a dit que sa présence à ce lancement est ?une source d?espoir pour la cause de la démocratie et une réforme en faveur d?un système électoral qui reflète la réalité du pays?. ?Un travail de base a déjà été fait avec la Commission Sachs et le Select Committee institué à l?Assemblée nationale. Le présent rapport est une contribution importante au débat et confirme la nécessité d?une réforme électorale. Désormais, il importe de faire connaître les propositions de réforme et d?obtenir un consensus?, enchaîne Cassam Uteem.

Réagissant aux propos de l?ancien président de la République, Rama Sithanen précise d?emblée que le débat sur la réforme électorale a cela de paradoxal que tout le monde est d?accord sur son urgence mais que personne n?en prend véritablement l?initiative. Il confie également avoir noté une différence d?approches entre partis et leaders politiques sur la question. Pour sa part, il se prononce directement en faveur du maintien du système de scrutin à un tour (First past the post). ?C?est un système qui a ses mérites?, précise-t-il, avant d?ajouter que l?introduction d?une dose de proportionnelle rendrait mieux compte de la réalité électorale. Lucide, le ministre abonde dans le sens des autres intervenants en soulignant le fait que si les dernières législatives avaient produit un 60-0, tout le monde aurait décrié le scrutin à un tour.

Introduction d?un code de conduite morale

Le grand argentier se pose aussi la question de savoir ce qu?on entend par ?inclusive democracy?. ?Est-ce qu?on parle de représentation ethnique, de partis religieux, de gender ou des idées ?? se demande-t-il. C?est ce qui l?amène à proposer un seul mode de désignation proportionnelle basée uniquement sur la liste des partis et non sur des critères ethniques.

?Le parti politique seul peut incarner le rainbowness de la nation.? Il suggère que le nombre de sièges PR (représentation proportionnelle) soit de 20 alors que la Commission Sachs en avait proposé 30. Le vote serait alors double : un pour les trois premiers élus et un autre pour la liste du parti.

Pas de partielle non plus lorsque le siège d?un désigné est déclaré vacant. Le candidat qui arrive après lui sur la liste prend sa place. Par contre, la place devenue vacante d?un candidat élu directement passe toujours par une partielle avant d?être remplie. Une loi anti-transfuge devrait, à son avis, être votée pour interdire les élus des listes de parti de changer de camp. Toutefois, il ne croit pas que ceux élus directement doivent être soumis à une telle loi.

En outre, Rama Sithanen se prononce en faveur de l?introduction d?un code de conduite morale et de la révision du découpage électoral. ?Une circonscription avec trois fois plus d?électeurs qu?une autre circonscription, c?est injuste?, dit-il à cet effet.

L?electronic voting system recueille aussi ses faveurs tout comme la présentation d?une pièce d?identité pour avoir accès au bureau de vote. Il qualifie de ?grand scandale? le transport des électeurs le jour du scrutin de même que l?existence des ?yard agents?.

Si Rama Sithanen est contre le financement des partis par des étrangers, il n?a pas terminé sa réflexion sur un mode de financement par l?Etat. Quant à la représentation féminine, Rama Sithanen estime qu?il ne faut pas légiférer sur la question. C?est aux partis d?assumer leurs responsabilités. Il rappelle enfin que ?le droit de ne pas voter est aussi un droit démocratique?.

Le ministre des Finances aura aussi fait rire son auditoire en faisant ressortir que les leaders des partis nationaux doivent être présents à l?Assemblée nationale. ?Des dirigeants comme Navin Ramgoolam, Paul Bérenger et Pravind Jugnauth devraient être au Parlement.?

Un rapport pour vulgariser

■ Le rapport ?Electoral Reform ? Moving towards an inclusive democracy? a été réalisé à partir d?ateliers de travail organisés en février sous l?égide de l??Institute of Social Development and Peace?, de ?Promoting Credible Elections and Democratic Governance in Africa? et de l??International Institute for Democracy and Electoral Assistance?. Pour ses initiatrices, Roukaya Kasenally et Sheila Bunwaree, le rapport devrait servir d?outil de vulgarisation auprès de la population. Elles ont également le souhait que la réforme électorale devienne une priorité et que les difficultés économiques ne soient pas un prétexte pour faire avorter le débat. Un débat qu?elles espèrent constructif et qui culmine à des changements concrets. Avaient participé aux ateliers de travail : des membres de la société civile, des politiques et d?autres experts sur la question. ?En tant qu?une plate-forme de la société civile, nous voulons rouvrir le débat, le faire avancer. Il faut que les Mauriciens deviennent conscients de l?implication des choix ou de l?absence de choix de leurs dirigeants?, affirme Sheila Bunwaree. Le rapport traite de nombreuses questions dont, entre autres : ?Building inclusive politics, Constitutional Frameworks and Electoral system, the best-loser system, Consolidation of Democratic Governance??

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