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Cardiologie : Maurice prend du retard
Ce qui était incroyable il y a peu est devenu aujourd?hui croyable. Les muscles du c?ur morts à la suite d?une crise cardiaque (infarctus ou thrombose ? voir définition plus loin ) ne sont plus considérés comme perdus à jamais. On arrive à les ressusciter.
Du coup, là-bas, dans les universités européennes, américaines et indiennes, ils ont déjà réécrit les manuels de cardiologie depuis qu?un nouveau procédé a donné des résultats concluants.
Le procédé à un nom : injection de myoblastes. En clair, la culture des cellules prélevées par exemple du muscle du bras, qui sont ensuite injectées dans les parties mortes du c?ur. Et la partie déjà nécrosée de ce c?ur repart. Mieux encore, dans plusieurs cas on a noté une revascularisation, c?est dire qu?un nouveau réseau vasculaire se met en place pour mieux alimenter le c?ur en sang.
La vague d?espoir que ce procédé suscite est énorme. Il y a foule devant les cliniques offrant cette thérapie. Du coup, des cliniques spécialisées dans ce type de traitement ont poussé comme des champignons en Thaïlande et à Singapour, entre autres.
Les cliniques américaines et européennes offrant ce type de thérapie avec des cellules souches ou des cellules musculaires prélevées sur les malades offrent neuf fois sur dix de faire toute l?opération en Thaïlande ou à Singapour dans un package avec billet d?avion et séjour dans un hôtel de plage.
Un créneau porteur
Parce que même avec le coût du billet et le séjour au bord de la mer pour la préparation et la convalescence, cela leur coûte moins cher qu?en Europe ou qu?aux états-Unis.
Mais aussi parce que la Thaïlande et Singapour ont su investir dans des laboratoires et les services d?accompagnements qui permettent ces types d?opération. Et bien d?autres interventions high-tech.
Cette politique est connue sous le nom de tourisme médical que l?Inde et le Sri Lanka pratiquent également. Et les revenus pouvant découler de ce nouveau créneau est estimé à plusieurs milliards. «Quoique plusieurs des nouvelles techniques en cardiologie sont encore au stade expérimental, je crois que ce ne serait pas une mauvaise idée d?attirer ces gens ici. à la longue, la population mauricienne en profitera. Car nous avons de plus en plus de Mauriciens qui font des infarctus à un âge considéré comme jeune pour ce type d?accident, soit 40 ou 45 ans. J?ai même connu un cas d?infarctus à 26 ans. Vous savez que celui qui fait un infarctus massif n?a en fait qu?une année à vivre», explique le cardiologue mauricien Mamode Yearoo.
Il estime que l?injection des myoblastes, injection qui se fait dans le c?ur par l?entremise d?un tube appelé cathéter, est à la portée de Maurice. Il faudrait investir dans un laboratoire de culture de tissus et dans l?appareil qui permet d?injecter les cellules de culture dans des parties bien précises du c?ur, c?est-à-dire les parties nécrosées.
Mais il n?y a pas que cet aspect de la question.
Maurice ne possède aucun bâtiment qui puisse abriter un hôpital de médecine high-tech.
«Vous ne pouvez pas pratiquer la médecine hi-tech dans un hangar», déclare le célèbre cardiologue Renat Acturin en parlant du Centre de cardiologie de Pamplemousses. Il ne doit plus être question de construire un hôpital en se basant sur l?architecture des hôpitaux qui existent déjà. «Aucun de vos hôpitaux n?a été construit sur des normes internationales et dans tous vos hôpitaux et dans toutes vos salles de réanimation post-opératoire, il y a un risque très élevé d?infection et de contamination», affirme Renat Acturin.
Infarctus et thrombose
Le cardiologue Mamode Yearoo signale que les maladie coronarienne est une des causes les plus fréquentes de mortalité à Maurice, comme dans beaucoup de pays.
Cependant, les Mauriciens savent tous ce qu?une crise cardiaque, mais ils sont peu nombreux ceux qui connaissent les précautions à prendre à la suite d?une telle crise. L?infarctus survient quand une ou plusieurs des artères qui irriguent le c?ur se trouvent bouchées par la plaque. Celle-ci est en fait le résultat d?un fort taux de cholestérol, de manque d?exercice et du tabagisme. Le tout est corsé à Maurice par un facteur héréditaire, la tension artérielle et le diabète. La thrombose est provoquée par un caillot de sang qui obstrue une artère, souvent une artère déjà presque bouchée par des plaques. Dans les deux cas, les muscles du c?ur qui sont alimentés par ces artères meurent à la suite de l?infarctus ou de la thrombose. «Il est impérieux d?hospitaliser les victimes et de dilater les artères bouchées pour rétablir la circulation sanguine. Car deux heures après son infarctus, le malade perd 50 % des muscles cardiaques de la partie affectée, après six heures, c?est 70 %, et après 12 heures, c?est 95 % des muscles cardiaques qui sont nécrosés » explique le Dr Yearoo.
Transplantation cardiaque à Pamplemousses
La transplantation cardiaque n?est pas une nouvelle technique. Elle n?a cependant jamais été pratiquée à Maurice car il n?y avait aucune législation concernant le don et le prélèvement des organes. La loi ayant été votée, on s?attend à ce que des transplantations cardiaques soient désormais pratiquées. Elle devient une nécessité chez les cardiaques qui ont fait un infarctus massif provoquant la mort de presque totalité des muscles cardiaques.
Le Centre de cardiologie de Pamplemouses est équipé en personnel et matériel pour ce type d?opération.
Il lui manque cependant une pièce maîtresse : un c?ur artificiel.
De fait, un c?ur artificiel est un must pour un tel centre, même s?il ne pratique pas de transplantation.
Ce type de c?ur est placé sur les malades dont le c?ur ne repart pas après l?opération. Le c?ur artificiel est alors placé et est mis en action en attendant que le c?ur de l?opéré reprenne. Cela peut prendre quelques heures à quelques semaines.
Omettre de pourvoir un tel centre avec au moins un c?ur artificiel est un singulier oubli.
Refaire les vaisseaux sanguins du c?ur par laser
D?autres méthodes révolutionnaires, dévéloppées en Europe et aux Etats Unis sont en ce moment transférées dans les pays tels Thaïlande et Singapour pour une clientèle très aisée. Parmi on compte la revascularisation par le laser transmyocardique (à travers le muscle cardiaque). Cette méthode qui n?a rien à faire avec l?ancienne méthode qui consistait à faire fondre les plaques obstruant les parois des artères du c?ur. Cette méthode, dite «hot laser», a été presque abandonnée en raison de ses effets secondaires.
La nouvelle méthode, appelé «cold laser», consiste à envoyer des tirs de laser dans le c?ur de façon à perforer la paroi des ventricules. Des canaux sont ainsi crées dans les parties du c?ur qui ne sont plus ou très peu alimentées en sang en raison du fait que les artères qui doivent accomplir cette tâche sont bouchées et ne peuvent plus être ni dilatées ou pontées. En fait l?angioplastie ou le pontage ne peuvent être pratiqués sur bon nombre de cardiaques, principalement les diabétiques.
La revascularisation par le laser transmyocardique est devenue depuis peu le seul espoir de cette catégorie de malades. Le procédé permet au sang contenu dans les cavités d?aller dans le muscle cardiaque, permettant ainsi son oxygénation.
La technique est aussi peu invasive. Après avoir effectué une incision d?environ 5 cm sous le mamelon, on aborde le c?ur, qui continue à battre. Au moment où le c?ur se remplit de sang, on lui envoie un tir de laser. Chaque tir va entraîner la création d?un passage où, une fois l?opération terminée, le sang va pouvoir s?engouffrer pendant la systole (contraction du c?ur, permettant de faire sortir le sang du c?ur et de l?envoyer vers les organes).
La cicatrisation de l?orifice interne du conduit ne se fait pas, grâce à l?utilisation du laser. Celui-ci permet d?obtenir une pulvérisation sans chaleur de tissus cardiaques, et donc une absence de cicatrisation interne. L?orifice externe, quant à lui, cicatrise normalement et on obtient le conduit nécesaire pour transporter le sang. Les résultats obtenus sont une augmentation de la performance du myocarde (muscles du c?ur) et une diminution des douleurs (angine de poitrine).
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