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Une 25e édition sous le signe de la francophonie
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Une 25e édition sous le signe de la francophonie
Découvrant, à l’occasion d’une étude sur les pratiques culturelles des Français, que 5 millions de personnes, dont 1 jeune sur 2, jouent d’un instrument de musique, Maurice Fleuret, le Directeur de la Musique et de la Danse, se prend à rêver de faire descendre les gens dans la rue. Du rêve à la réalité, et avec le soutien de Jack Lang, ministre de la Culture française, en quelques semaines, la fête de la Musique est lancée, le 21 juin 1982, jour du solstice d’été, nuit païenne se référant à l’ancienne tradition des fêtes de la Saint-Jean.
Ayant ainsi donc vu le jour le 21 juin 1982, date à laquelle elle ne devait durer qu'une demi-heure de 20h30 à 21h, la fête de la Musique a fêté hier sa 25e édition sous le signe de la francophonie et s’est déclineée dans sous tous les genres musicaux dans une centaine de pays du monde entier avec comme nouvelles venues cette année, les villes de Sydney, Calcutta et Monterrey (Mexique). Les principes fondateurs de cette manifestaion, dont “l'importance de la valorisation des musiciens amateurs, de l'expression de la diversité musicale et de la gratuité des concerts”, sont toujurs d’actualité, car la fête doit aussi être accessible au plus grand nombre de personnes.
“Faites de la Musique, fête de la Musique”, la formule devenue mot d’ordre n’avait rien du slogan. Cette mobilisation des musiciens professionnels et amateurs, cette attention nouvelle portée à tous les genres musicaux devenaient ainsi, à travers la réussite immédiate d’une manifestation populaire et largement spontanée, la traduction d’une politique qui entendait accorder leur place aux pratiques amateurs et à toutes les musiques, rock, jazz, chanson et musiques traditionnelles, aux côtés des musiques dites sérieuses ou savantes.
Phénomène de société</B>
En moins de 15 ans, la Fête de la Musique sera donc reprise dans plus de 100 pays, sur les 5 continents. Si sa dimension européenne reste la plus visible, maintenant que Berlin, Budapest, Barcelone, Istanbul, Liverpool, Luxembourg, Rome, Naples, Prague, la Communauté française de Belgique, Santa Maria da Feira... ont signé une “Charte des partenaires de la fête européenne de la Musique”, la fête s’est développée à San Francisco, à New-York, à Manille, et est pratiquement devenue fête nationale dans de nombreux pays du continent africain, sans parler du Brésil ou de la Colombie.
Succès international, phénomène de société (un timbre poste lui est consacré en 1998), la fête est aussi porteuse des nouvelles tendances musicales, que souvent elle annonce : renouveau des musiques traditionnelles, explosion des musiques du monde, développement des chorales, apparition du rap, de la techno, retour au carnaval musical...
La réussite de la Fête est d’abord celle des multiples réseaux qui s’activent en prévision du 21 juin. Les Orchestres nationaux et régionaux, les Conservatoires, les Écoles de musique... Et tous ces amateurs, Fanfares, Harmonies, Chorales... La vitalité de la Fête compte avec les énergies de tous les “volontaires” qui se mobilisent individuellement pour apporter à cette journée exceptionnelle sa part fondamentale de spontanéité, son allure de transgression joyeuse.
Plusieurs événements emblématiques ont donc encore une fois cette année figuré au menu d'une édition qui se voulait être un cru exceptionnel. Ainsi, “la Seine harmonique”, 25 manifestations organisées le long du fleuve, comme le World Philarmonic Orchestra, 80 premiers pupitres du monde entier réunis aux Invalides ou les musiques électroniques au square Villemin, en passant par Cesaria Evora, Sergent Garcia ou DJ Flex à La Bastille en France. De même que de nombreux artistes français sont allés prêcher la francophonie à l'étranger. On a pu par exemple écouter Lio à Bruxelles, Babylon Circus à Budapest (Hongrie), Dominique A à Londres et l'accordéon de Nono à Toronto (Canada).
Certains artistes se sont vus confier une mission spéciale, c'est le cas de Rachid Taha qui se produira pour et avec les détenus de l'établissement pénitentiaire de Fleury-Mérogis. A l'international, les rythmes africains ont résonné à Yaoundé (Cameroun), Bissau (Guinée-Bissau), Zinder (Niger), Douala (Cameroun) ou encore Kingali (Rwanda). D'autres sonorités ont aussi résonné à Bogota (Colombie), à Lima (Pérou), dans dix villes de Roumanie, mais aussi à Rome, Berlin, Luxembourg ou dans six villes de Grèce, dont Athènes. De la musique encore et toujours...
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