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?La réforme de l?impôt direct pénalise la classe moyenne?
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?La réforme de l?impôt direct pénalise la classe moyenne?
● Le budget annonce l?élimination de plusieurs exemptions à l?impôt direct individuel. Quelle en est votre appréciation ?
C?est une bonne chose dans la mesure où c?est une décision qui rend la gestion de la taxe moins lourde pour le gouvernement. Il est beaucoup plus facile d?administrer le système lorsqu?il y a moins d?exemptions et de déductions à prendre en compte.
Je crois comprendre que le ministère des Finances a considéré certaines exonérations et abattements qui étaient proposés sous le régime d?impôt actuel avant d?arriver aux nouveaux seuils imposables.
D?autre part, il y aura un taux uniforme de l?income tax de 15 % d?ici quelques années. Cela va aussi aider à la simplification du système.
Les mesures annoncées contribueront aussi à combattre l?évasion de la taxe. Il sera plus facile de traquer les fraudeurs quand il y a un régime où il n?y a pas beaucoup d?exemptions et de dérogations et avec un taux uniforme.
● Est-ce une bonne chose du point de vue des contribuables qui sont habitués à un régime de déductions et d?exemptions ?
Certes, beaucoup de personnes déclarent leurs impôts en fonction des primes d?assurance, des plans de pension et de pension et des dépenses médicales, des dépenses pour l?éducation des enfants. En éliminant les déductions, un certain encouragement à l?épargne disparaît. Cela en attendant que le Mauricien développe une nouvelle culture d?épargne.
La réforme de l?impôt direct pénalisera les classes moyennes. C?est dans cette catégorie de contribuables que l?on retrouve des gens qui comptent beaucoup sur des déductions. Leurs revenus sont les plus touchés par le paiement des intérêts sur les prêts et sur les frais d?université de leurs enfants. Les nouveaux seuils d?imposition tiennent certes compte de certains abattements auxquels ils avaient droit, mais ne c?est pas suffisant. Tout compte fait, ils sont perdants.
● Est-ce vrai de dire que les fiscalistes (tax planners) seront au chômage avec les nouvelles mesures ?
D?une certaine manière, ils ne pourront plus trouver d?astuces autour des exemptions fiscales. Toutefois, il y d?autres sources qui peuvent générer du travail pour eux. Par exemple, les changements dans le système de pay as you earn (PAYE), peuvent ouvrir la voie à de nouvelles astuces. Certaines personnes trouveront le moyen de ne pas déclarer des revenus additionnels telles les rémunérations pour les heures supplémentaires.
La décision de taxer certains revenus à la source peut aussi donner lieu à des abus.
?C?est dans (la classe moyenne) que l?on trouve des gens qui comptent beaucoup sur les déductions. Leurs revenus sont plus touchés par le paiement des intérêts (...) et sur les frais d?université de leurs enfants.?
Par ailleurs, il faut que le ministère des Finances précise les taux qui frapperont les revenus taxables à la source, de même que les seuils d?exemption. Le budget fait état d?intérêts, du paiement de loyers, de royalties, d?honoraires pour les services techniques et pour les sous-traitants, entre autres, qui tomberont dans cette catégorie. Mis à part les intérêts, le ministre des Finances n?apporte pas beaucoup d?éclaircissements sur la manière dont les autres sources de recettes seront traitées et administrées par le fisc.
● N?y a-t-il pas un risque de lourdeur administrative avec l?introduction de ces nouvelles mesures ?
Le danger est là. Mais le fardeau sera surtout sur les épaules des contribuables. Ainsi, il incombe à un locataire d?une maison de prélever le montant imposable avant de payer le loyer au propriétaire. Cela s?applique également aux gens qui construisent. Ils devront prélever à la source les taxes qui frapperont leurs maçons.
Tout cela présuppose qu?il faudra maintenir des livres. A ce rythme, une grande majorité des citoyens deviendront des collecteurs d?impôts. Pour éviter la pagaille, il faut que le gouvernement précise les seuils imposables.
Dans le cas du PAYE, les entreprises devront maintenant calculer chaque mois ? au lieu de chaque année comme c?est le cas actuellement ? les rémunérations des salariés avant d?effectuer les déductions. Il s?agit d?une tâche additionnelle sur les sociétés.
Le gouvernement entend ainsi alléger l?administration du PAYE. Mais la gestion aurait été allégée de toute manière avec l?élimination des exemptions. Les 80 000 cas de remboursement qui alourdissent le système et auxquels fait référence le ministre des Finances dans son discours du budget auraient connu une diminution naturelle. Il n?y avait aucune raison de mettre un poids additionnel sur le dos des entreprises avec le PAYE cumulatif.
D?autre part, le ministre évoque le nombre de personnes qui quitteront le filet de l?impôt direct. Mais il ne dit rien sur le nombre additionnel de contribuables qui viendront s?ajouter à l?assiette de l?impôt avec notamment la décision de frapper la taxe à la source.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
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