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Marocains et Algériens dénoncent la “FIFA du fric”
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Marocains et Algériens dénoncent la “FIFA du fric”
Depuis quelques semaines, c’est le seul sujet de discussion en Algérie comme au Maroc : comment voir les matches de la Coupe du monde sans avoir à céder au “chantage” du groupe saoudien ART, qui a obtenu de la FIFA (Fédération internationale de football) le monopole de la diffusion pour le Maghreb et le monde arabe? La situation de la Tunisie, seule qualifiée pour la Coupe du monde, est un peu à part : des négociations sont en cours afin que les matches de l’équipe nationale soient retransmis sur une chaîne publique.
<B>“L’oligarchie opaque”</B>
Tandis que les deux chaînes publiques marocaines RTM et 2M ont indiqué qu’en raison du coût trop élevé demandé par l’ART, elles ne retransmettront pas les matches – RTM proposera cependant un résumé de 20 minutes après chaque rencontre –, beaucoup d’Algériens espèrent encore une issue de dernière minute. Des journaux algériens affirment en effet que l’affaire est prise en main au “plus haut niveau” et que le gouvernement algérien pourrait même “subventionner” les “cartes sport” du groupe ART, ces cartes d’abonnement permettant, pour une période donnée, de capter les programmes du bouquet satellite.
A Alger, les hommes échangent les dernières rumeurs et astuces qui permettraient de voir les matches sans avoir à “payer la dîme au milliardaire saoudien”. Car pour les mordus du football, la conjonction est fâcheuse : alors que TPS a renforcé son cryptage pour contrer le piratage, la télévision publique confirmait le 3 juin qu’elle ne sera pas en mesure de retransmettre les matches et ne proposera que des résumés.
Jamais la télévision publique algérienne n’avait raté le rendez-vous auparavant. Son directeur, Hamraoui Habib Chawki, a expliqué que L’ASBU (Union arabe des télévisions publiques) avait proposé 95 millions de dollars pour les droits de transmission, mais que la FIFA a préféré l’offre d’ART à 110 millions de dollars.
La presse algérienne dénonce une “FIFA du fric” et une “prise d’otages” décidée par “l’oligarchie opaque” de la FIFA. Le vainqueur dans l’affaire, c’est le groupe ART, dont le bouquet n’avait jusqu’alors pas connu un grand succès en Algérie. Le monopole qu’il a désormais sur les images de la Coupe du monde, jusqu’à 2014 au moins, lui donne l’occasion de s’imposer dans les foyers algériens.
Le groupe ART s’est arrangé pour que seules les cartes d’abonnement d’une année, les plus chères, soient disponibles. Beaucoup de passionnés de football se sont résignés à payer l’équivalent de 100 euros, soit le smic algérien, pour voir les matches. Ils sont pourtant plus nombreux à ne pas céder, convaincus qu’ils pourront, en balayant les chaînes en clair sur les satellites, réussir à voir les matches, quitte à se passer des commentaires, en arabe ou en français.
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