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Le taxi marron est-il un mal nécessaire ?

11 juin 2006, 00:00

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OUI

Mario Jolic?ur travailleur social

Pourquoi le taxi marrons est-il un mal nécessaire ?

C?est un moyen de transport populaire. Il est accessible dans les quartiers où les taxis ne veulent pas s?aventurer. Il ne coûte pas cher et permet au petit peuple de faire la navette entre leur domicile et le réseau du transport en commun ou les points de ramassage des travailleurs, matin et soir. Si le taxi marron n?existait pas, l?impact sur la productivité et sur l?économie en général aurait été conséquent en raison des retards et des absences. Les taxis marrons sont parmi les acteurs du secteur informel de notre économie que nous ne sommes pas parvenus à intégrer dans la filière normale.

Oui, mais à quel risque ?

C?est faire preuve d?irresponsabilité que de circuler sans une police d?assurance appropriée. Si on tient compte de l?état de certains véhicules, on se demande si la National Transport Authority (NTA) ne devrait pas assumer tout le blâme de leur présence sur les routes.

Doit-on pour autant tolérer un service prétendument utile et pourtant préjudiciable aux opérateurs légitimes et aux utilisateurs eux-mêmes ?

Les chauffeurs de taxi marron ont-ils vraiment le choix étant, pour la plupart, dans l?incapacité de se faire embaucher dans la filière normale ? Plutôt que de laisser les opérateurs de taxi marron à eux-mêmes, il serait plus judicieux de concevoir une structure et de leur conférer un statut afin d?exercer un contrôle sur leurs activités et s?assurer que les risques qu?ils représentent ne s?accentuent.

À quoi attribuez-vous le phénomène des taxis marrons ?

Il est dû à la surenchère électorale, à l?exploitation de la crédulité populaire et à la mentalité qui consiste à croire que la proximité avec des hommes au pouvoir donne le droit d?outre-passer des procédures institutionnelles. La régularisation de certains cas fait croire que le statut de taxi marron est la voie indiquée pour obtenir une patente de taxi. On ne peut pas souhaiter l?élimination d?une pratique et favoriser son maintien.

NON

Raffick Bahadoor président de la « Transport Proprietor?s Union »

Pourquoi le taxi marrons n?est-il pas un mal nécessaire ?

Toutes les mesures entreprises pour que ces activités s?effectuent dans le cadre du Road Traffic Act ont échoué. Leur prolifération continue. Il n?y a pas d?autre alternative que l?application rigoureuse des sanctions prévues dans la loi.

L?existence même de taxis marrons n?est-elle pas due à une demande ?

Les taxis marrons n?ont pas une clientèle propre et spécifique. Ils font une concurrence déloyale qui est préjudiciable aux taxis et aux compagnies d?autobus.

Les taxis marrons font-ils une concurrence déloyale ou légitime aux taxis ?

Avec la création récente d?une Police de transport, le problème de sécurité qui pourrait expliquer la réticence de certains taxis à se rendre dans des quartiers difficiles, ne devrait plus se poser. En revanche, les taximen ont intérêt à gagner la bataille de la qualité des services et des relations avec la clientèle.

Un statut spécifique ne pourrait-il pas contribuer à régler le problème ?

Il n?en est pas question. La pratique des taxis marrons est devenue un véritable fléau au même titre que les marchands ambulants. La régularisation ne fait qu?encourager de nouveaux venus.

Quel sera donc le sort des opérateurs de taxis marrons ?

La seule solution, c?est de les intégrer graduellement au créneau officiel selon les critères établis par la NTA.

La prolifération de taxis marrons ne devrait-elle pas être attribuée au laxisme des autorités plutôt qu?à des individus ?

Ce phénomène ne disparaîtra pas aussi longtemps qu?à chaque échéance électorale, les politiques de tous bords promettent des patentes de taxi.

Comment éliminer cette pratique ?

Il faut fixer comme condition préalable à tout demandeur d?un permis et d?une patente de taxi, la participation à un programme de formation spécifique. Dans le but d?éviter les conflits d?intérêt, la NTA ne devrait plus effectuer des enquêtes préalables à l?octroi d?une patente.

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